Face aux plans sociaux, Ayrault promet un Etat fort

FranceJean-Marc Ayrault a affiché son volontarisme jeudi soir sur France 2, assurant que son gouvernement, qui veut inverser la courbe du chômage d'ici à un an, ne renoncerait «jamais» face aux plans sociaux et que l'Etat prendrait ses «responsabilités» pour sauver le site ArcelorMittal de Florange.

Jean-Marc Ayrault: «Le temps du redressement du pays est un temps relativement long, avec des étapes.»

Jean-Marc Ayrault: «Le temps du redressement du pays est un temps relativement long, avec des étapes.» Image: AFP

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La menace de l'arrêt des deux hauts fourneaux a été abordée dans «Des paroles et des actes», la première grande émission politique du Premier ministre, sur fond de hausse du chômage et d'efforts budgétaires historiques.

Sans s'avancer, par «honnêteté», sur la poursuite de l'activité des hauts fourneaux au-delà de lundi, Jean-Marc Ayrault a appelé le groupe sidérurgique, dont «on ne connaît pas toujours la stratégie», à chercher un repreneur et a promis que, dans le cas contraire, l'Etat prendrait ses «responsabilités».

«Nous travaillons pour trouver des réponses site par site, nous ne renonçons jamais!», a dit Jean-Marc Ayrault. Devant de nombreux membres du gouvernement, il a appelé, comme dans chacune de ses interventions depuis quatre mois, à la mobilisation et a répété son «précepte: ne jamais renoncer». «La France est affaiblie», a-t-il admis.

Objectifs ambitieux

«Le temps du redressement du pays est un temps relativement long, avec des étapes», a-t-il déclaré. Après avoir émis des réserves sur l'objectif présidentiel d'inverser la courbe du chômage d'ici à un an, Jean-Marc Ayrault, là aussi, a affiché son volontarisme. «On fera tout pour réussir (...) Il est important de se fixer des objectifs ambitieux», a-t-il affirmé.

Avant de proposer une réforme début 2013 pour dynamiser la compétitivité française, il a semblé prêt à explorer toutes les pistes, y compris celle du coût du travail, qui «n'est pas un sujet tabou».

En attendant, il a redit que la CSG et la TVA ne seraient pas augmentées en 2013. Il a réaffirmé l'objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 et défendu les choix fiscaux: «neuf Français sur dix» ne seront pas touchés par les hausses d'impôts, a-t-il promis.

Interpellé au sujet de ces mesures fiscales qui touchent de nombreux Français, il a esquivé, évoquant seulement les prélèvements qui figureront dans le budget 2013.

Hommage à Duflot et Canfin

Il a exclu d'augmenter le taux de CSG pour les retraités en 2013, mais il a laissé entendre que les retraités les plus aisés pourraient contribuer au financement de la dépendance, au nom de la «solidarité intergénérationnelle».

«Je ne suis pas là pour gérer les affaire courantes, je suis là pour redonner de la force au projet français», a expliqué celui que sondages et politologues décrivent déjà comme affaibli, quatre mois après son entrée à Matignon.

Voulant apaiser les tensions liées à l'opposition des écologistes au traité budgétaire européen, il a rendu hommage à l'action de ses ministres EELV Cécile Duflot et Pascal Canfin. «Tout gouvernement a une règle. C'est +On discute et après on est solidaires+. C'est le cas», a déclaré Jean-Marc Ayrault, se défendant de toute «mansuétude» à l'égard de ses ministres.

Mardi, il fera une déclaration sur l'Europe à l'Assemblée, en ouverture des débats parlementaires sur le «paquet» européen. Il ne la soumettra pas au vote mais dira plutôt «d'où nous venons».

Quelques confidences

Selon lui, «les lignes ont bougé en Europe» depuis l'élection de François Hollande, même si «d'un point de vue juridique», le traité européen «n'a pas été renégocié», comme s'y était engagé le candidat PS durant la campagne.

Méconnu des Français, Jean-Marc Ayrault a fait quelques confidences sur son côté «réservé» et rappelé qu'il était issu d'une «famille modeste». «Je sais ce que c'est l'ascenceur social, l'école m'a beaucoup aidé».

Le Premier ministre «ne se pose pas la question» de la durée de son bail à Matignon.

Quant à la popularité du ministre de l'Intérieur Manuel Valls - qui l'a «convaincu» d'enterrer le projet de récépissé pour éviter les contrôles policiers abusifs -, elle ne l'inquiète pas.

Un débat d'une vingtaine de minutes l'a opposé à l'ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet qui lui a reproché de faire «des procès en sorcellerie» au sujet de l'héritage de la précédente majorité. Jean-Marc Ayrault a dénoncé en retour les «critiques caricaturales» de la députée. Il a commis un lapsus en attribuant à François Hollande la phrase «l'écologie, ça suffit», prononcée par Nicolas Sarkozy en 2010. (afp/nxp)

Créé: 27.09.2012, 23h38

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