Une femme meurt, 67 chiens sont suspects

FranceLe procureur qui mène l’enquête sur la mystérieuse mort en forêt d’Elisa, a fait des révélations ce lundi: plusieurs chiens sont impliqués dans l’attaque.

Elisa Pilarski serait morte à la suite des morsures conjuguées de plusieurs chiens.

Elisa Pilarski serait morte à la suite des morsures conjuguées de plusieurs chiens. Image: FACEBOOK

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Les rebondissements se multiplient dans l’affaire Elisa Pilarski, du nom de cette jeune femme, enceinte de six mois, qui a été tuée par un ou des chiens dans une forêt française, à Retz (Aisne).

Le corps de la victime avait été retrouvé, couvert de morsures, à la mi-novembre 2019. Non loin d’Elisa, patrouillait Curtis, un molosse interlope qui l’accompagnait et qui est vite devenu suspect aux yeux des enquêteurs. Mais, au moment où les indices semblaient accabler le seul Curtis, voilà que le procureur de Soissons, en charge de l’enquête, est venu créditer un autre scénario. Dans un communiqué publié ce lundi, il laisse entendre que la jeune femme serait morte à la suite des morsures conjuguées de plusieurs chiens.


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Voilà qui apporte un soutien inattendu à Christophe Ellul, le compagnon d’Elisa et propriétaire de Curtis, qui a toujours cherché à orienter les enquêteurs vers une meute de chiens de chasse à courre, qu’il a croisée en forêt, quand il a tenté de rejoindre sa compagne qui l’avait appelé au secours.

Des morsures différentes

Dans son communiqué de lundi, le procureur Frédéric Trinh a évoqué les derniers éléments de l’enquête sur ce huis clos canin et forestier qui déchaine les passions sur les réseaux sociaux, où s’invectivent les ennemis des molosses et les adversaires de la chasse à courre.

«Le rapport d’autopsie, écrit le procureur Frédéric Trinh, a confirmé que le décès de Madame Pilarski était survenu suite à un choc hémorragique consécutif à de multiples plaies, dont les caractéristiques suggèrent l’action d’un, ou plus probablement de plusieurs chiens au regard de la répartition des plaies, de leurs différences de morphologies et de leurs profondeurs, sans qu’il soit possible de dénombrer les animaux, en raison des nombreuses morsures intriquées dans une même zone». En clair, il faut imaginer qu’Elisa a été mordue par au minimum deux chiens de corpulences très différentes. Ainsi, le communiqué du procureur Frédéric Trinh relance les soupçons sur la meute de chien de chasse, sans disculper Curtis pour autant.

Il y a des écorchures sur le molosse

L’animal a d’ailleurs été examiné par un expert, et, explique le procureur Trinh, «les constations du vétérinaire ont permis de relever plusieurs excoriations cutanées (écorchures, ndlr.) sur son museau et le chanfrein (entre la truffe et les yeux, ndlr). Par ailleurs, deux incidents de comportement ont été relevés postérieurement au décès de sa maîtresse: deux personnes ont ainsi été saisies par les vêtements pendant l’analyse comportementale tandis qu’une autre personne a été mordue dans la fourrière où le chien est gardé.» Le procureur précise que Curtis sera encore examiné par deux autres vétérinaires «aux fins d’une expertise comportementale». Les experts devront aussi «déterminer la race du ou des chiens en cause» dans la mort d’Elisa en analysant les morsures.

5 pitbulls et 62 chiens de chasse soupçonnés

Comme les enquêteurs recherchent désormais plusieurs chiens tueurs, le procureur Trinh annonce par ailleurs qu’un «expert en chasse a été saisi aux fins d’apporter un éclairage sur le déroulement de la chasse à courre qui était organisée ce jour-là.» In fine, le magistrat révèle que l’analyse génétique des échantillons prélevés sur les 67 chiens suspects, les cinq molosses du couple Pilarski-Ellul, et les 62 chiens qui composaient la meute de chasse à courre, sera enfin effectuée par un laboratoire spécialisé dans l’ADN canin. Des résultats sont promis pour le mois de juin. Le procureur ne dit rien, en revanche, de l’avancée de l’enquête sur les origines troubles de Curtis. En effet, alors que son propriétaire Christophe Ellul présente le chien comme un croisé lévrier whippet et patterdale terrier, Curtis est par ailleurs soupçonné d’être un pitbull importé illégalement de Hollande. L’animal a participé à un concours de chiens mordants. Ellul lui-même est accusé sur Facebook de faire du trafic de pitbulls par une lobbyste des chiens toulousaine, autant dire que rien n’est simple dans cette enquête…

La clé du mystère ?

Quant à la clé du mystère, qui expliquerait les morsures variées qui ont été relevées sur le cadavre d’Elisa, un vétérinaire comportementaliste pense avoir trouvé l’explication. Thierry Bedossa a développé son scénario sur BFM TV : «On peut imaginer qu’il y a eu une altercation entre Curtis et la meute de chien de chasse, que la jeune femme a voulu intervenir et que, par accident, l’un ou l’autre des chiens se soit retourné sur elle, qu’elle soit tombée, et que tous les chiens se soient rués sur elle à terre.» Voilà un scénario de plus, dans une affaire qui n’en manquait pas.

Créé: 25.02.2020, 22h22

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