Un paranoïaque qui tue de sang-froid

Tuerie de ToulouseLa presse tente de dresser ce matin le profil de l’homme suspecté d’être l'auteur de trois tueries entre Toulouse et Montauban.

L'école toulousaine est sous haute surveillance policière depuis la tuerie de lundi matin.

L'école toulousaine est sous haute surveillance policière depuis la tuerie de lundi matin. Image: Keystone

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Le même scooter. La même arme. Le même mode opératoire. Pour les enquêteurs, le même individu se trouverait à l’origine des trois tueries de Toulouse et de Montauban survenues les 11, 15 et 19 mars.

Au lendemain du drame de Toulouse, qui a fait quatre morts, dont trois enfants, les presses française et helvétique relaient le choc et la douleur de tout un pays. Mais elles tentent également de décrire l’homme à l’origine de cette folie meurtrière. Un tueur qui, à l’heure où nous écrivons, est encore en fuite.

Méticuleux et calculateur

Les points communs entre les tueries offre des premières indications sur son auteur. Leur préparation méticuleuse montre qu'il agit avec préméditation et calcul.

Le portail en fer de l’école juive toulousaine touchée hier n’ouvre par exemple qu’entre 8 heures et 8h15. Le meurtrier aura donc dû observer cette habitude avant de choisir cet instant pour ouvrir le feu.

Cette préparation méticuleuse va de pair avec l’usage d’une arme similaire dans les trois affaires. «Le tueur a laissé derrière lui (hier, ndlr) des douilles de calibre 11,43. Le même, donc, que celui qui avait été repéré lors des fusillades du 11 et du 15 mars», rappelle Le Monde.

Mû par un désir de vengeance

La présence de témoins n’a jamais semblé le déranger dans ses actes. «Il a tiré sur tout ce qu'il y avait en face de lui, enfants et adultes», indiquait hier le procureur de la République.

«L’homme abat ses victimes de sang-froid, sans trembler et sans états d’âme, ce qui le rend particulièrement imprévisible et dangereux», raconte le reportage à Toulouse publié ce matin dans la Tribune de Genève.

Un Breivik français

De nombreux psychiatres ont été interrogés par Le Figaro sur le profil du tueur. Ils le décrivent comme paranoïaque, ce qui pourrait expliquer sa logique abstraite l’ayant fait s’attaquer à des militaires, puis à des enfants. Il pourrait également être en délire ou mû par le désir de vengeance.

Le parallèle avec le tueur norvégien Anders Behring Breivik, dont la folie et les revendications racistes ont été reconnues, ne leur paraît pas incongru. La recherche d’échos médiatiques maximaux, avec l’approche en France de l’élection présidentielle, serait également intentionnelle.

Tatouage sur la joue gauche

Les mêmes descriptions physiques du suspect se recoupent en outre dans les trois affaires. L’homme est de petite taille. Il se déplace sur un scooter volé le 6 mars, décrit comme blanc dans les premières tueries, puis noir hier à Toulouse. Même variation entre le blanc et le noir pour la couleur de son casque.

Hier, un témoin a indiqué à la chaîne iTélé que l’auteur de la fusillade avait un tatouage chinois ou japonais sur sa joue gauche.

Un même tatouage avait été signalé par un témoin dans le meurtre de Montauban, précise Le Monde. Dans tous les cas, l’homme semblait agir seul.

Récidives envisagées

L’auteur des tueries pourrait ne pas vouloir s’arrêter là, reconnaît dans Le Parisien le ministre de l’Intérieur français Claude Guéant: «Nous sommes inquiets sur l'éventualité qu'il ait envie de commettre un quatrième attentat.»

Dans Le Figaro, la psychanalyste Claude Halmos va dans ce sens: «Sa conduite peut continuer avec un sentiment de puissance absolue, chercher à être arrêtée ou se supprimer.» Un autre psychiatre souligne que le tueur de masse, à la différence d’un tueur en série, se sent investi d’une «mission sacrée».

Pistes terroriste et racistes

Les pistes islamistes et de l’ultradroite sont pour l’heure privilégiées pour tenter de stopper l’homme le plus recherche de France. Le Point évoquait hier une hypothèse reliant l’homme à un régiment de parachutistes condamné en 2008 pour abriter des néonazis. Deux des trois militaires assassinés à Montauban appartenaient à ce régiment qui a connu par ailleurs de fortes pertes dans la guerre d’Afghanistan.

Trois des soldats avaient été renvoyés du régiment pour s’être pris en photo devant un drapeau nazi en faisant le salut hitlérien. L’un d’entre eux a déjà été entendu par la police puis relâché, affirme Le Monde.

Créé: 20.03.2012, 10h22

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