«La piste d'un auteur unique est privilégiée»

Drame à LibéUne chasse à l'homme s'est engagée lundi à Paris après qu'un tireur a grièvement blessé un photographe au quotidien Libération. En cavale, l'homme est activement recherché.

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Une chasse à l'homme a été engagée lundi à Paris pour interpeller l'homme qui a grièvement blessé par balles un assistant photographe dans le hall du quotidien Libération, avant de tirer des coups de feu devant une banque à La Défense.

Le suspect «toujours en fuite» et «qui n'a pas été identifié», est également soupçonné d'être l'auteur d'une agression vendredi au siège de «BFMTV» et d'avoir obligé un automobiliste à le déposer non loin des Champs-Elysées lundi, après les tirs à La Défense, a indiqué le patron de la police judiciaire, Christian Flaesch lors d'une conférence de presse.

«Compte tenu des similitudes entre ces quatre affaires dans le modus operandi, dans le signalement et la tenue vestimentaire de l'auteur des faits, dans les munitions recueillies aussi, la piste d'un auteur unique est privilégiée», a déclaré le procureur de Paris François Molins.

«Véritable danger»

Des photos du suspect, tirées de la vidéosurveillance, ont été diffusées à la presse et un numéro vert (0800 00 27 08) et un e-mail (pppj-appelatemoins@interieur.gouv.fr) ont été mis en place pour aider les enquêteurs à arrêter ce «véritable danger», selon les termes de Manuel Valls.

La brigade criminelle recherche «un homme de type européen âgé de 35 à 45 ans, d'une taille d'1m70 à 1m80 aux cheveux poivre et sel avec, s'il en est toujours porteur, une barbe de deux ou trois jours», susceptible d'avoir porté une «veste trois-quarts kaki», «un pull vert et une doudoune portée sans manches», ainsi que des basket vertes à semelles blanches.

Les fusillades à Libération et à La Défense ont semé la confusion dans la capitale et mobilisé d'importants moyens policiers, ainsi qu'un hélicoptère de la Sécurité civile. Des voitures de police sillonnaient discrètement le quartier des Champs-Elysées. Des policiers étaient postés devant les stations de métro et sur les quais de la Seine, sans perturber le ballet des badauds.

«Du sang partout»

En milieu de matinée, vers 10h15, le suspect, coiffé d'une casquette et armé d'un fusil à pompe, fait irruption au siège de Libération.

De deux tirs, il a atteint au thorax et à l'abdomen un assistant photographe du supplément Next, avant de prendre la fuite. D'après la direction de Libération, le blessé se trouvait toujours en réanimation dans l'après-midi.

Le pronostic vital du jeune homme, qui a été opéré, est toujours engagé, a affirmé le procureur de Paris. Selon plusieurs journalistes de Libération, c'était la première fois que le jeune homme d'une vingtaine d'années mettait les pieds au journal, pour des prises de vue.

«J'ai vu un homme au sol avec du sang partout qui se tenait le ventre», a raconté la journaliste Anastasia Vécrin, «j'ai croisé mes deux collègues de l'accueil, blêmes, qui m'ont dit : On vient de se faire tirer dessus, on s'est cachés derrière l'accueil.»

«La prochaine fois, je ne vous raterai pas»

Cette agression est vite reliée par les enquêteurs à l'irruption, trois jours plus tôt, au siège de BFMTV, d'un homme armé, qui avait menacé l'un des rédacteurs en chef de la chaîne.

Éjectant deux cartouches de son fusil à pompe, il avait lancé: «La prochaine fois, je ne vous raterai pas». Personne n'avait été blessé. Alors que les policiers procèdent aux premières constatations à «Libé», des tirs sont signalés en fin de matinée à La Défense.

Dans la foulée, un automobiliste dit avoir été pris en otage non loin de là, quelques instants après. «Menacé et forcé à prendre dans sa voiture un homme armé», il l'aurait ensuite déposé près des Champs-Elysées, selon une source policière. Là, le signalement du preneur d'otage «matche» avec celui de l'agresseur des médias, dont le visage a été capturé par la vidéosurveillance.

L'agression à Libération, d'une «très grande violence», ressemble à «une scène de guerre», a déclaré le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui s'est rapidement rendu au siège du quotidien avec sa collègue de la Communication Aurélie Filippetti. «La presse doit pouvoir exercer son métier, ses fonctions essentielles sans se bunkériser», a déploré Aurélie Filippetti.

«Le journal est traumatisé», a ajouté le directeur de publication du journal, Nicolas Demorand, visage fermé et solennel.Un périmètre de sécurité a été dressé autour du journal et des voitures de police dépêchées devant les sièges des grands médias, dont l'AFP. Le Parisien, Le Monde, Les Echos, Le Figaro et Europe 1 ont indiqué avoir aussi renforcé les mesures de sécurité dans l'accès à leurs locaux.

Les images filmées par la caméra de vidéosurveillance vendredi, dans les locaux de BFMTV montrent l'irruption du tireur qui a menacé un journaliste.

(ats/afp/reu/nxp)

Créé: 18.11.2013, 18h59

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