Un faux Sphinx chinois exaspère l’Égypte

ChineLa manie des Chinois à construire des répliques de monuments célèbres tourne à l’incident diplomatique avec Le Caire.

 L’Égypte vient de se plaindre auprès de l’Unesco au sujet d’une copie du célèbre Sphinx de Gizeh.

L’Égypte vient de se plaindre auprès de l’Unesco au sujet d’une copie du célèbre Sphinx de Gizeh. Image: Petar Kudjundzic

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Tour Eiffel, Arc de Triomphe, Tower Bridge, Maison-Blanche, Tour de Pise, opéra de Sydney, Taj Mahal…, on ne compte plus les copies de monuments célèbres qui ont été érigées en Chine ces dernières années. Par endroits, ce sont des répliques de villes ou bourgades entières, comme le village autrichien Hallstatt, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, qui ont vu le jour, pour le plus grand plaisir des touristes indigènes.

Mais tout le monde ne voit pas d’un bon œil ces contrefaçons architecturales. L’Égypte vient de se plaindre auprès de l’Unesco au sujet d’une copie du célèbre Sphinx de Gizeh. Le sphinx chinois, qui mesure 20 mètres de haut et 60 mètres de long – d’ailleurs pas très réussi selon les Égyptiens –, avait été érigé en 2014 dans la province de Hebei, pour les besoins d’un tournage cinématographique. À l’époque, Le Caire avait déjà réagi, se plaignant à l’Unesco, et en exigeant sa destruction.

En 2016, les Chinois avaient partiellement obtempéré, se contentant d’ôter la tête du sphinx. Mais voilà qu’il y a un mois, celle-ci a été remise en place, au grand dam des autorités égyptiennes, rapporte le site chinois Guancha.cn. Se plaignant à nouveau auprès de l’Unesco, l’Égypte dénonce une insulte à son héritage culturel et réclame la destruction du monument.

La tradition des répliques de monuments célèbres est bien implantée en Chine. On l’explique par la spirale immobilière qui s’est emparée du pays avec l’accroissement du niveau de vie des Chinois. Sur un marché hyperconcurrentiel, avec des buildings restés vides, les villes ont dû rivaliser d’idées pour attirer les résidents. La copie de monuments célèbres, agréments de la cité, fait partie de cette stratégie. Y vivre serait un marqueur de la réussite sociale, selon Phil Thomson, un artiste qui a fait un travail de documentation de ces conceptions architecturales. Dans un entretien au «Pacific Standard», il rappelle également que la Chine a une longue histoire de la copie, en particulier dans le domaine architectural. «Pendant des siècles, les empereurs ont reproduit les terres qu’ils avaient conquises dans les jardins de leur palais. Ces répliques vont jusqu’à inclure la faune et les plantes des régions conquises. Cette capacité à reproduire la terre lointaine était ainsi le signe de la capacité de contrôle de l’empereur sur la région d’origine.» (24 heures)

Créé: 14.06.2018, 19h31

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