Le favori Joe Biden prêt à riposter face à ses rivaux

Débat démocrateLe favori des sondages s'apprête à répondre aux critiques de ses rivaux démocrates lors d'un débat à Detroit mercredi soir.

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Image d'archive de Joe Biden. Image: AFP

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Le favori de la primaire démocrate Joe Biden devrait défendre sa ligne modérée mercredi lors d'un débat télévisé avec des rivaux tentés de le dépeindre comme un homme dépassé par les évolutions de la société. L'ancien vice-président de Barack Obama, 76 ans, devance nettement dans les sondages les autres prétendants à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020, ce qui en fait une cible naturelle.

Les figures de l'aile gauche, Elizabeth Warren et Bernie Sanders, qui le suivent dans les sondages, ne seront pas sur l'estrade mercredi à Detroit pour tenter de l'ébranler.

Compte-tenu du nombre record de candidats, le débat se déroule en deux temps, avec dix prétendants chaque soir, et les deux sénateurs progressistes ont bataillé mardi avec des rivaux plus centristes sur la meilleure stratégie pour battre Donald Trump.

Attaques sur le passé

S'il a des chances d'échapper au débat entre radicaux et pragmatiques, Joe Biden pourrait bien être attaqué sur ses positions passées par les sénateurs noirs Kamala Harris et Cory Booker.

Lors d'un précédent débat, la Californienne lui avait reproché son opposition, dans les années 1970, à une politique gouvernementale visant à apporter plus de mixité dans les écoles. Comme abasourdi par la charge, il s'était mal défendu et avait temporairement chuté dans les sondages, avant de retrouver sa confortable avance: 32% de soutiens démocrates, contre 15% chacun environ pour les sénateurs Warren et Sanders, et 10,5% pour Kamala Harris.

Cory Booker a de son côté accusé Joe Biden d'avoir été «l'architecte» d'une loi répressive de 1994 ayant conduit de nombreux Afro-Américains en prison.

«Moins poli»

D'autres, notamment la sénatrice Kirsten Gillibrand, pourraient l'égratigner sur les droits des femmes, en revenant sur le soutien qu'il a apporté pendant des décennies à une loi interdisant de financer les avortements sur des fonds fédéraux.

«S'ils veulent parler du passé, je peux le faire», a mis en garde Joe Biden. «J'ai un passé dont je suis fier. Le leur n'est pas aussi bon». Il a également prévenu qu'il serait «moins poli» cette fois. Donald Trump l'accuse régulièrement d'être «endormi», «moins en forme» qu'avant, mais prédit sa victoire à la primaire.

Selon le site RealClearPolitics, qui compile les différents sondages, le milliardaire républicain perdrait face à Joe Biden, très populaire dans les milieux ouvriers grâce à ses origines modestes et sa personnalité chaleureuse.

Empathie

A quelques heures du débat, l'ancien vice-président a encore joué la carte de l'empathie dans une tribune consacrée à ses projets de réforme de l'assurance maladie. Rappelant avoir perdu sa première femme et leur fille dans un accident de voiture, qui avait aussi blessé ses deux fils, il a écrit avoir eu «la chance d'avoir une assurance privée». Mais, a-t-il ajouté, «je crois sincèrement que la santé est un droit pour tous».

Ce qui ne l'a pas empêché de décrier le projet de couverture santé universelle financée sur des fonds publics prôné par Bernie Sanders et Elizabeth Warren, selon lui couteux et long à mettre en place.

Cette proposition, tout comme d'autres promesses de réformes radicales sur l'immigration ou l'environnement, ont été au coeur de la première soirée de débat mardi, qui a jeté une lumière crue sur les lignes de fractures au sein du parti démocrate.

«Conte de fées»

Des petits candidats centristes ont décrié des promesses «de contes de fée» risquant de «faire fuir les électeurs indépendants». Elizabeth Warren, 70 ans, a refusé de se contenter de «petites idées mal articulées». «Les républicains n'ont pas peur des grandes idées eux», a renchéri Bernie Sanders, 77 ans.

Les débats ont été «animés», mais «je pense que c'est sain», a commenté le chef du comité national démocrate Tom Perez. Il y a «indéniablement de grosses différences d'opinions», mais ce sont «les électeurs qui vont choisir la ligne du parti».

La jeune star démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, la plus jeune élue du Congrès, à 29 ans, a apporté son soutien aux sénateurs de gauche. «Une vision progressive nous fera gagner parce qu'il ne s'agit pas juste de grappiller des votes républicains, mais d'inspirer et d'augmenter la participation», a-t-elle estimé.

Le premier vote de la primaire démocrate aura lieu dans le petit Etat de l'Iowa, le 3 février 2020. (afp/nxp)

Créé: 01.08.2019, 00h34

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