Une femme prendra-t-elle enfin la tête de l’ONU?

Après Ban Ki-moon Ce jeudi à New York se tient un premier vote secret au Conseil de sécurité. L’opinion mondiale influencera-t-elle les cinq puissances?

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Une première femme à la tête des Nations Unies? Ce ne serait pas trop tôt! Ban Ki-moon, qui termine en décembre son deuxième mandat de cinq ans, est le huitième homme élu au poste de secrétaire général depuis la création de l’Organisation en 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Or, plusieurs candidatures féminines de très haut vol figurent parmi les treize noms soumis au Conseil de sécurité de l’ONU, lequel doit tenir ce jeudi un tout premier vote à huis clos. C’est là le début d’un processus des plus opaques, au terme duquel un unique prétendant sera sélectionné d’ici à octobre. Celui-ci devra alors être officiellement approuvé par l’Assemblée générale.

Qui sont ces femmes? Il y a par exemple Helen Clark, l’ancienne première ministre néozélandaise qui dirige le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Ou encore Irina Bokova, diplomate bulgare à la tête de l’Unesco. Mais aussi Christiana Figueres, la Costaricaine qui a fini en beauté, ce samedi, son mandat de secrétaire exécutive à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

La quête de transparence

Nouveauté absolue: les candidats ont pu s’illustrer au cours de deux débats télévisés inspirés des campagnes présidentielles aux Etats-Unis. Le second, mardi 12 juillet, diffusé aux quatre coins de la planète par la chaîne Al Jazeera, a été immédiatement suivi d’un sondage qui plaçait en tête Helen Clark (avec 30,6% d’opinion favorables), suivie par Christiana Figueres (26%). A elles deux, elles semblaient donc avoir davantage de supporters que tous les autres prétendants réunis!

Cela dit, même si ces débats ont été mis en place par l’Assemblée générale de l’ONU pour introduire un degré de transparence dans le processus de sélection, il reste que le Conseil de sécurité n’est en rien obligé d’en tenir compte. Et a priori, la popularité n’est vraiment pas un critère déterminant, contrairement à l’origine géographique. Ce n’est pas pour rien que huit des treize prétendants viennent de l’est de l’Europe, une région qui n’a encore jamais eu de secrétaire général. C’est ce qui pourrait favoriser Irina Bokova, la Bulgare…

Le hic, pour la directrice générale de l’Unesco, c’est qu’elle pourrait être bloquée par un veto des Etats-Unis. Les relations ne sont pas au beau fixe avec Washington, qui a suspendu sa contribution financière à cette agence onusienne après que celle-ci a accepté en octobre 2011 l’adhésion de l’Etat de Palestine.

Le candidat le moins gênant

En réalité, explique un diplomate, le prétendant qui remporte la mise est souvent «le candidat qui gêne le moins». Ce jeudi à New York, les ambassadeurs des quinze pays membres du Conseil de sécurité vont choisir, pour chacun des treize noms, un bulletin disant soit que la candidature est «encouragée», «découragée» ou que le votant est «sans opinion». Ces bulletins sont additionnés et les résultats communiqués aux pays des prétendants… en espérant que certains se retirent.

Surtout, dans un deuxième temps, les cinq membres permanents pourront utiliser un bulletin de couleur (plutôt que blanc), pour signifier que l’un des cinq entend mettre son veto.

Cerise sur le gâteau, de nouveaux prétendants peuvent surgir à tout moment, contournant ainsi la «campagne électorale» organisée par l’Assemblée générale. L’ancien premier ministre australien Kevin Rudd vient d’ailleurs de faire connaître sa candidature lundi, bien après le second débat télévisé.

Reste à savoir si le Conseil de sécurité est prêt à ignorer totalement les appels à la transparence lancés par la majorité de l’Assemblée générale de l’ONU, où sont tout de même représentés 193 Etats membres! Dans le cas contraire, ce serait une première absolue.

Créé: 20.07.2016, 22h24

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