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Départ de Philippot: Marine Le Pen pas surprise

Le bras droit de la présidente du Front national annonce qu'il va «quitter» le parti, dont il conteste la réorganisation.

Florian Philippot, haut responsable du parti d'extrême-droite français Front national (FN) et considéré comme le bras droit de Marine Le Pen, a annoncé jeudi qu'il «quittait» la formation. C'est un ultime signe des tensions au sein de ce parti depuis l'échec à la présidentielle de mai.

Fervent partisan de la sortie de l'euro et artisan depuis 2011 d'une stratégie de «dédiabolisation» d'un FN à l'image longtemps sulfureuse, Florian Philippot était engagé dans un bras de fer avec la patrone du parti depuis plusieurs jours. Cette dernière lui reprochait un «conflit d'intérêt» depuis la création par Florian Philippot d'une association politique «Les Patriotes».

Le sommant en vain de choisir entre son poste vice-président du FN chargé de la stratégie et de la communication et celui de président des «Patriotes», elle l'avait rétrogradé mercredi soir au rang de vice-président sans attribution du Front national. «On m'a dit que j'étais vice-président à rien... Ecoutez, je n'ai pas le goût du ridicule, je n'ai jamais eu le goût de rien faire, donc bien-sûr je quitte le Front national», a réagi jeudi Florian Philippot sur la chaîne France 2. «Mon engagement politique reste intact (...), je continuerai à me battre», a ajouté celui qui refusait ces derniers jours d'avoir «un pistolet sur la tempe».

Dans la foulée, l'eurodéputée Sophie Montel, l'une des rares fidèles de Florian Philippot parmi les hauts cadres frontistes, a annoncé sur Twitter qu'elle démissionnait également du FN.

Marine Le Pen réagit

Le départ du vice-président du FN a suscité une série de réactions au sein de sa désormais ex-formation politique. A commencer par sa présidente. Marine Le Pen a déclaré que son parti se relèverait «sans difficulté» du départ de Florian Philippot, «car il y a beaucoup de talents, beaucoup de profils».

«Il faut arrêter d'enterrer le Front national. Parce que j'ai assisté à des dizaines d'enterrements du Front national et, à chaque fois qu'on a cherché à enterrer le Front national, il est ressorti plus structuré, plus puissant, plus fort qu'il ne l'était», a-t-elle ajouté sur une radio française.

De son côté, Robert Ménard, maire de Béziers et allié au FN, a parlé de «bonne nouvelle», tandis que Nicolas Bay, le secrétaire général du parti, a pour sa part dit «regretter» cette décision, tout en estimant que Florian Philippot avait «refusé le débat».

L'homme des médias

Haut fonctionnaire de 35 ans, Florian Philippot était devenu fin 2011 directeur stratégique de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, et était depuis la principale figure du FN à intervenir au quotidien dans les médias. Chantre d'une ligne souverainiste, farouchement anti-euro et soucieux de s'exprimer sur les questions sociales et sociétales, il était contesté par d'autres cadres du parti, plus libéraux économiquement et focalisés sur la lutte contre l'immigration et «l'islamisme».

Les tensions au sein du Front national se sont exacerbées depuis la défaite de sa candidate au second tour de l'élection présidentielle début mai. Se renvoyant la responsabilité de l'échec électoral, certains responsables du parti doutent désormais que Marine Le Pen soit leur meilleur porte-drapeau.

Le Front national est coutumier des soubresauts et des claquements de portes. Marine Le Pen s'est notamment violemment brouillée avec son père Jean-Marie, co-fondateur du parti, exclu en août 2015 avant d'être rétabli par la justice au poste honorifique de président d'honneur du FN.

«Retour en arrière terrible»

La présidente du Front national a récemment promis une refondation de la formation, avec un nouveau nom et des orientations ajustées, à l'issue d'un congrès en mars. Pour Florian Philippot, «cette refondation (cache) un retour en arrière terrible, le FN rattrapé par ses vieux démons».

Le chantier lancé par Marine Le Pen pour redresser son parti et retrouver son image d'opposante en chef au président Emmanuel Macron s'annonce laborieux. Pour l'heure, dans l'opinion publique française, c'est la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon qui incarne le premier opposant à l'exécutif (32% des personnes interrogées), largement devant le Front national (14%) et le parti de droite Les Républicains (9%), selon un récent sondage.

(ats)

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