Le FN change de nom pour sortir du «trou d'air»

FranceLe parti d'extrême-droite français veut se renouveler après une présidentielle ratée. Il va annoncer ce week-end sa nouvelle appellation.

Marine Le Pen n'avait pas convaincu lors de la dernière présidentielle française.

Marine Le Pen n'avait pas convaincu lors de la dernière présidentielle française. Image: Keystone

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Le congrès du Front national s'ouvre samedi avec l'objectif de rebaptiser le parti français d'extrême droite pour sortir du «trou d'air» de la présidentielle, et en présence de l'ancien influent conseiller du président américain Donald Trump, Steve Bannon.

«Bienvenue à Steve Bannon qui vient s'adresser au FN demain (samedi) à notre congrès. Les peuples se réveillent et reprennent leur destin en main», a écrit vendredi soir dans un tweet Louis Aliot, vice-président du Front.

L'ancien conseiller de Trump, qui s'exprimera en personne devant le congrès, «incarne le rejet de l'establishment, dont l'un des pires symboles est l'UE de Bruxelles. Il a compris comme Trump, Matteo Salvini (chef de la Ligue italienne, alliée du FN, Ndlr), la volonté des peuples de reprendre leur destin», a ajouté M. Aliot.

Un «tournant de l'histoire»

La présidente du FN, Marine Le Pen, est assurée d'être réélue lors du congrès, faute de concurrent, même si des doutes persistent sur son avenir. La fille du fondateur de la formation, Jean-Marie Le Pen, veut avec un changement de nom parachever la refondation de son parti engagée depuis son arrivée à sa tête en 2011, en vue des élections européennes l'an prochain où elle croit à une victoire des populistes comme en Italie.

«Nous sommes à un tournant de l'histoire de notre mouvement (...). C'est un rendez-vous avec le pays que nous ne devons pas rater», affirme la finaliste de la présidentielle, battue par Emmanuel Macron mais qui a engrangé un record de près de 11 millions de voix (33,9%) au second tour.

Selon elle, le principe d'un changement de nom du FN a été validé par une «courte majorité» de militants, invités à se prononcer dans un questionnaire dont les résultats seront présentés samedi.

Mais son père Jean-Marie Le Pen conteste le scrutin. Un cadre frontiste dit aussi avoir eu écho d'une «courte majorité contre le principe d'un changement de nom». Marine Le Pen proposera dimanche une nouvelle appellation, qui n'a pas encore été dévoilée, et qui sera soumise à un vote ultérieur des militants, par courrier.

Zidane

Marine Le Pen entend ainsi faire rebondir son parti. La dirigeante frontiste, dont l'image s'est dégradée depuis la présidentielle selon de récents sondages, estime qu'il n'y a «rien d'étonnant» à subir «un trou d'air» après sept années «d'expansion» pour son parti.

Après son débat «raté» entre les deux tours face à Emmanuel Macron, elle déplore surtout le fait que, «comme la tête» de Zinédine Zidane lors de la finale de la coupe du monde en 2006, «on s'en souvient encore».

La joute suscite des interrogations parmi les militants, qui se demandent si elle a encore la capacité à diriger le parti. Elle-même instille le doute, jurant qu'elle «n'a pas terminé (son) travail» mais qu'elle ne va pas «s'éterniser» à son poste et qu'elle est prête à le céder à un successeur «mieux placé».

«Liquidation»

Depuis la présidentielle, elle a subi les départs sur sa gauche, de son âme damnée souverainiste Florian Philippot, qui a fustigé vendredi un congrès «de liquidation», et sur sa droite, de sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, très appréciée dans le parti, qui a quitté la vie politique avant de faire un retour remarqué devant les ultra-conservateurs américains. Elle a même «épaté» sa tante, mais elle ne viendra pas au congrès.

Marine Le Pen a aussi reçu les coups de boutoir de son père, qui conteste le changement de nom. Mais le cofondateur du FN, qu'il a présidé 39 ans, a renoncé à un dernier coup d'éclat en se rendant au congrès.

Désireuse de «dédiaboliser» un parti au passé sulfureux, Marine Le Pen l'avait exclu en 2015 pour ses propos polémiques sur la Shoah. Outre le passage à vide post-présidentiel, le FN est au coeur de plusieurs affaires judiciaires.

Fin juin, Marine Le Pen a été inculpée pour «abus de confiance» dans l'enquête sur des emplois fictifs présumés d'assistants d'eurodéputés, dont le préjudice approcherait les 7 millions d'euros. (afp/nxp)

Créé: 10.03.2018, 10h24

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