«Au lieu de foutre le bordel...», Macron dérape

FranceDes propos du président de l'Hexagone passent mal au sein d'une partie de la classe politique et des citoyens.

Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron choque avec des propos jugés «méprisants».

Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron choque avec des propos jugés «méprisants». Image: Keystone

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En appelant «certains» à aller chercher du travail «au lieu de foutre le bordel», le président français Emmanuel Macron a une nouvelle fois suscité les réactions outrées de la classe politique, pointant le «mépris» envers les moins nantis.

Lors d'un déplacement en Corrèze (centre) mercredi, M. Macron s'entretenait en aparté avec un responsable local qui évoquait les difficultés à recruter d'une entreprise. «Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas», a répondu M. Macron sans préciser à qui ces propos s'adressaient.

Peu auparavant, sa visite avait été perturbée par un rassemblement de quelque 150 salariés et ex-employés licenciés d'un équipementier automobile, qui se sont heurtés aux forces de l'ordre en tentant de rencontrer M. Macron.

«Des mots du quotidien»

«J'assume qu'un président de la République puisse nommer les choses et utiliser les mots que nous utilisons tous au quotidien», a répondu jeudi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, après les vives réactions de l'opposition, qui a une nouvelle fois vu en Macron un «président des riches» coupé des classes populaires.

Valérie Boyer, porte-parole des Républicains (opposition de droite), a ainsi dénoncé le «mépris» du chef de l'État «pour les Français».

L'entourage de M. Macron a indiqué jeudi soir que le président «assume sur le fond», tout en reconnaissant qu'il n'aurait pas utilisé le mot «bordel», un «mot familier», dans le cadre d'un discours officiel.

Ce n'est pas la première fois que le président provoque ce genre de remous avec des phrases peu consensuelles et directes, plutôt inattendues dans la bouche d'un président de la République.

«Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien», avait-il dit en juillet. Ou encore à Athènes en septembre: «je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes».

Avant d'être président, en septembre 2014, tout juste arrivé au gouvernement avec une image de technocrate brillant et d'ex-financier aisé, il avait parlé des salariées «illettrées» d'un abattoir breton fermé après le licenciement de près de 800 personnes.

A chaque fois, ses propos ont déclenché des vagues de protestations dans la classe politique ou la société civile.

«C'est quoi le problème de Macron avec les gens qui ne paient pas l'ISF?» (Impôt de solidarité sur la fortune), s'est interrogé Rachid Temal, porte-parole du Parti socialiste, en référence à la réforme controversée qui allège cet impôt frappant les plus nantis.

«Le bordel , c'est lui!»

« Chercher du boulot , Macron ne sait pas ce que c'est. Le bordel , c'est lui!», a tancé Adrien Quatennens, député de La France insoumise (gauche radicale).

Oliver Faure, chef de file des députés socialistes, a pointé «le mépris social pour les illettrées , les fainéants et les riens», en référence à de précédentes expressions controversées utilisées par M. Macron.

(afp/nxp)

Créé: 05.10.2017, 10h10

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