Les Français et les Grecs sacrés champions de l’euroscepticisme

Union européenne Alors que les enjeux du Brexit focalisent l’attention, une étude montre que la confiance dans l’UE s’érode sur l’ensemble du continent

Image: Isabelle Caudullo

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les Britanniques qui répondront «oui» à la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le 23 juin, ne sont pas les seuls Européens à se rebiffer. Une étude du Pew Research Center, publiée mardi 7 juin, dresse un tableau révélateur de la montée de l’euroscepticisme qui gagne l’ensemble du continent.

En moyenne, dans les dix pays étudiés (France, Allemagne, Italie, Espagne, Grèce, Royaume-Uni, Pays-Bas, Hongrie, Pologne, Suède), les opinions favorables vis-à-vis de l’UE restent certes majoritaires (51%), mais tout de même, 47% de l’opinion publique perçoit désormais l’Union de manière négative. Mais surtout, la progression de l’euroscepticisme, en l’espace de dix ans (2006-2016), a été spectaculaire.

Recul global

Dans sept pays, les opinions favorables à l’UE ont régressé. Avec 10% d’érosion, le Royaume-Uni, sur lequel tous les regards sont focalisés pour cause de référendum sur le Brexit, n’est de loin pas le pays le plus touché. L’Espagne, qui a tant bénéficié de l’UE dans les années de boom économique, mais plombée par des années de crise et de chômage, voit les opinions favorables à l’UE chuter drastiquement, passant de 80% à 47% en dix ans.

La Grèce, qui n’était déjà pas très europhile, maintenant sous tutelle financière et en première ligne de la crise migratoire, a vu ce désamour grandir en quatre ans: trois Grecs sur quatre ont désormais un avis défavorable sur l’UE. Ils sont 92% à désapprouver la manière dont Bruxelles gère les affaires économiques, et 94% sa façon de traiter la crise migratoire.

Plus marquant encore: en France, pays identifié comme l’une des clés de voûte de la construction européenne, les avis favorables à l’UE sont passés de 69% à 38%. Une dégringolade! Quelque 61% des sondés perçoivent l’UE négativement. Pas moins de 66% des Français désapprouvent la politique économique de Bruxelles, se montrant les plus critiques des sondés à cet égard derrière les Grecs et les Italiens.

A noter ce paradoxe: en Pologne et en Hongrie, deux pays dont les gouvernements se font régulièrement tancer par Bruxelles pour des prises de position en non-adéquation avec les règles européennes, les opinions publiques restent largement attachées à l’UE (respectivement 72% et 61%).

Fossé générationnel

L’étude donne aussi des clés sur le profil des eurosceptiques. Sans surprise, les personnes les plus âgées sont globalement plus critiques que les jeunes générations, mais ce fossé varie passablement entre les pays. C’est en France que cet écart est le plus important avec 56% d’europhiles chez les 18-34 ans, contre 33% seulement chez les 35-49 ans et même 31% chez les plus de 50 ans.

L’euroscepticisme peut être de droite ou de gauche selon les pays, mais aussi plus ou moins corrélé avec les marqueurs partisans. On voit ainsi qu’au Royaume-Uni (droite et droite nationaliste sceptiques) et en Espagne (extrême gauche sceptique), le débat est marqué idéologiquement, tandis qu’en Grèce et en France, l’euroscepticisme progresse au-delà des clivages partisans classiques. En Grèce, 68% des électeurs de Syriza (extrême gauche) plaident pour un renforcement des pouvoirs nationaux aux dépens des compétences de Bruxelles, avis partagé à 56% par les électeurs de Nouvelle Démocratie (droite libérale).

En France, l’électorat de gauche reste certes globalement plus attaché à l’UE, mais entre droites libérale et nationaliste, les cartes se brouillent. L’électorat du FN reste à 30% favorable à l’UE, tandis que Les Républicains sont à peine plus nombreux (39%). L’électorat Républicain est même plus favorable (43%) que l’électorat FN (39%) à ce que certains pouvoirs à ce jour sous compétence de Bruxelles reviennent en main des gouvernements nationaux.

Créé: 08.06.2016, 16h50

Articles en relation

Le Brexit dans le brouillard des sondages

Royaume-Uni Les enquêtes donnant l’avantage au maintien ou à la sortie de l'UE jouent au chat et à la souris. Les proeuropéens ont de quoi s’inquiéter Plus...

Dans la fête euphorique des partisans du Brexit

Royaume-Uni Les principales têtes d’affiche du camp pro-Brexit ont rencontré leurs partisans londoniens samedi. Ambiance Plus...

Les tabloïds torpillent les adversaires du Brexit

Royaume-Uni Alors que débutent jeudi les débats télévisés, la presse populaire fait du premier ministre, David Cameron, un «alarmiste». Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.