François Hollande en campagne… pour le climat et l’emploi

Genève/ONULe chef de l’Etat français a prononcé un discours très politique à la Conférence internationale du travail.

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On l’attendait sur la question du climat. Mais avant d’appeler les Etats à se mobiliser pour assurer le succès de la conférence de Paris (COP 21) qui doit se tenir en fin d’année, François Hollande a fait de la politique et défendu l’action de ses gouvernements successifs en matière d’emploi. Le président français a rappelé que malgré la crise et la cure d’austérité en Europe, la France avait «tenu bon sur la question des droits fondamentaux des travailleurs» et qu’il avait été en première ligne pour s’opposer à ce qu’on touche au contrat de travail. «Il y avait un socle à préserver», a-t-il insisté.

Le costume de socialiste

La grande conférence annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT) a été l’occasion saisie par François Hollande pour renfiler son costume de socialiste, d’homme de gauche et peut-être déjà aussi celui de candidat à sa propre succession. Le locataire de l’Elysée n’est donc pas seulement venu à Genève pour perpétuer une tradition qui veut que les chefs d’Etats français se rendent au moins une fois à l’OIT durant leur mandat. Ce jeudi, il est aussi venu donner un cap. Sans doute celui qui lui a fait défaut durant sa première partie de mandat et que les socialistes français, pris de doutes depuis leurs revers électoraux, attendent avec une certaine fébrilité.

Hier à Genève, François Hollande a dit refuser la nostalgie du passé. Le mouvement qui accompagne la mondialisation est «inexorable», a-t-il expliqué. Et de prévenir: «Il peut être positif si nous sommes capables de développer certaines valeurs et certaines règles pour limiter les injustices.» Selon lui, ce qui attend la France mais aussi le reste de la planète, c’est un nouveau modèle universel qui devra notamment mettre en tête de ses priorités la question du changement climatique. Ce qui n’entre pas en contradiction avec l’ambition affichée par les pays riches de vouloir renouer avec la prospérité économique. «Agir pour le climat, c’est agir pour la croissance», a assuré le chef de l’Etat français, qui croit au formidable potentiel de développement que porte dans ses gènes la transition énergétique. Soixante millions d’emplois sur vingt ans selon une étude de l’Organisation internationale du travail. Mais avant cela, il reste à transformer en succès la conférence internationale que la France organise à Paris en décembre prochain. Et là, ce n’est pas encore gagné.

Haro sur les multinationales

A cette heure, seulement une quarantaine de pays ont remis leurs contributions. «C’est insuffisant, nous allons faire pression sur les gouvernements pour qu’ils s’engagent», a prévenu François Hollande avant d’appeler à la mise en place d’ici décembre «d’un agenda des solutions», pour atteindre l’objectif qui est de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2 °C.

Avant d’arriver à un accord «contraignant» et un engagement sans faille de tous les pays, le chemin va être long. Il faut encore constituer d’ici 2020 le fonds de 100 milliards de dollars qui doit aider au financement de la transition énergétique des pays émergents. Des partenaires que le président français s’est employé à rassurer en expliquant qu’il n’était pas question de demander à leurs économies de consentir les mêmes efforts que les pays industrialisés. Mieux, qu’il convenait, au contraire, de protéger les travailleurs des pays en développement en régulant la mondialisation. Une régulation qui passe par des pratiques plus transparentes et plus respectueuses des droits sociaux au sein des entreprises utilisées en sous-traitance.

François Hollande a fait mouche en évoquant le drame du Rana Plaza au Bangladesh et en dénonçant «l’irresponsabilité sociale des firmes multinationales». Une charge qui a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements. Pour le chef de l’Etat français, la protection de la planète et la protection des travailleurs sont deux sujets indissociables. «Chaque fois qu’il y a exploitation irraisonnée des ressources naturelles, il y a exploitation inacceptable des travailleurs», a-t-il rappelé. En allant sur ce terrain-là, il savait que le soutient de l’OIT lui était acquis.

Créé: 11.06.2015, 22h09

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