«Si François m'appelle, je serais bien contente»

FranceUne religieuse a raconté mardi devant la presse sa guérison «miraculeuse après une visite à Lourdes.

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«Je suis chargée de témoigner, pas de vous faire croire»: une religieuse française, atteinte pendant 40 ans d'une grave invalidité, a livré pour la première fois mardi le récit de sa guérison «miraculeuse» après une visite à Lourdes en 2008, la 70e reconnue officiellement par l'Église catholique.

Entrée au couvent de Nantes (ouest) à 19 ans, Soeur Bernadette Moriau, aujourd'hui âgée de 78 ans, souffre quelques années plus tard de douleurs lombo-sciatiques. Atteinte du syndrome dit de la queue de cheval, cette ancienne infirmière se rend en pèlerinage à Lourdes, dans le sud-ouest de la France, avec son diocèse à l'été 2008.

«C'étaient les 150 ans des apparitions de Marie à Bernadette (Soubirous, ndlr), je m'appelle Bernadette c'est peut-être une grâce», dit cette franciscaine, cheveux gris et corps fluet, qui semble impressionnée par la soixantaine de journalistes présents pour entendre son récit.

«Une terre de fraternité»

«Lourdes est une terre de fraternité, on n'est pas regardé de travers si on est tordu ou en fauteuil roulant», observe-t-elle. «J'ai participé au pèlerinage d'une manière très sereine (...) à travers les sacrements de la réconciliation et des malades».

Revenue dans sa communauté à Bresles (nord), elle se trouve en adoration à la chapelle le 11 juillet à 17H45. «On se rappelle de tout comme si c'était aujourd'hui», glisse-t-elle pour expliquer son soin de la précision.

«J'étais devant le saint-sacrement et j'ai senti un bien-être, une détente de tout mon corps. Avec le corset, l'attelle, le neuro-stimulateur, je n'étais pas toujours très à l'aise. Une chaleur m'a traversée mais je ne savais pas ce qui s'est passé», dit-elle. De retour dans sa chambre, elle entend une voix lui dire: «Enlève tes appareils».

«Prends ton grabat»

«Dans un acte de foi» et en pensant à l'évangile selon Saint-Jean «prends ton grabat et marche», elle ôte ses appareils. «A ma grande surprise, quand j'ai enlevé le corset et mon attelle, mon pied était redressé. Je pouvais bouger et je n'avais pas mal», explique-t-elle, émue. Le jour même, elle dit arrêter la morphine et les auto-sondages.

Le lendemain, «je suis allée marcher cinq kilomètres dans la forêt avec ma belle-soeur qui était venue me voir et qui à son grand étonnement me voyait sans appareil». Des examens médicaux, des expertises et trois réunions collégiales à Lourdes (2009, 2013 et 2016) ont permis au Bureau des constatations médicales d'affirmer collégialement «le caractère imprévu, instantané, complet, durable et inexpliqué de la guérison».

Longtemps, soeur Bernadette s'est demandée pourquoi elle avait été choisie par Dieu «alors que tant d'autres en auraient plus besoin que moi». Mais «je n'ai pas de compte à demander à Dieu», reprend-elle. Pendant les dix années de la longue instruction de son dossier pour qu'il soit validé comme «miracle» par l'Eglise, soeur Bernadette s'est rendue une fois par an à Lourdes «pousser des fauteuils».

«Je ne suis pas une star»

Lourdes est devenue l'un des premiers lieux de pèlerinage catholique au monde, avec quelque 4 millions de visiteurs chaque année. Interrogée pour savoir si elle avait reçu un appel du pape, soeur Bernadette répond en riant: «si François m'appelle, je serais bien contente!».

Le Dr Alessandro de Franciscis, 15e président du Bureau des constatations médicales de Lourdes depuis la création de cette instance à vocation scientifique en 1883, a lui rappelé qu'il existait dans les archives «7400 dossiers de guérisons étudiés et discutés».

Pour seulement 70 cas de guérison reconnue depuis l'apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous en 1858. Questionnée sur sa brusque notoriété, soeur Bernadette répond: «je ne suis pas une star, je reste une petite soeur». (afp/nxp)

Créé: 13.02.2018, 17h37

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