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«Gilets jaunes»: vers une fin de crise?

Acte V, clap de fin? L'exécutif espère que la forte baisse de la mobilisation des «gilets jaunes» samedi annonce la sortie d'une crise qui a fait trembler la Macronie.

Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)
Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)
AFP
Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)
Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)
Keystone
(Samedi 17 novembre 2018)
(Samedi 17 novembre 2018)
AFP
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La cinquième journée de manifestations a réuni samedi moitié moins de personnes dans les rues françaises que les semaines précédentes, marquant, selon Jérôme Sainte-Marie, sondeur à l'institut français Pollingvox, «la fin d'un cycle de mobilisation».

«Une étape est derrière nous, certainement, et je pense que c'est l'intérêt de tout le monde qu'il en soit ainsi, y compris des 'gilets jaunes'», a déclaré dimanche le ministre français de l'Education Jean-Michel Blanquer. Depuis le 17 novembre, les «gilets jaunes» - ces Français modestes réclamant plus de justice sociale - bloquent rond-points et axes routiers à travers la France.

«Le temps du dialogue»

Si tous les blocages ne se lèveront pas en un jour, le gouvernement français ne cache pas son soulagement. «Le temps du dialogue est venu», a souligné samedi le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, un très proche du président Macron.

«Les ronds-points doivent être libérés et la sécurité de tous redevenir la règle», a ajouté le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner. Depuis le début du mouvement, huit personnes sont mortes en marge des blocages et manifestations.

Mais pas question de crier victoire et encore moins de conclure à une quelconque défaite des «gilets jaunes». Ceux-ci ont obtenu bien plus que les syndicats ou partis d'opposition avant eux.

Longue liste de concession

Annulation d'une taxe sur le carburant, gel des tarifs de l'électricité et du gaz, hausse de 100 euros par mois pour les salariés payés au salaire minimum, annulation d'une hausse d'impôt sur les petites retraites... la liste des concessions arrachées au président Macron est longue.

Après quatre samedis de manifestations à Paris et en régions, dont trois émaillés de spectaculaires violences et dégradations, «ça s'apaise, mais ce qui reste de tout ça c'est une détestation très forte d'Emmanuel Macron», estime Hervé le Bras, de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). «Ils ont réussi à faire reculer un pouvoir qui pourtant paraissait très fort», estime de son côté Jérôme Sainte-Marie.

«Le mouvement faiblit, la cote de l'exécutif aussi», écrivait dimanche le «Journal du Dimanche». L'hebdomadaire français publiait dimanche un sondage sur la popularité du président Macron, dont la cote est tombée à 23% de «satisfaits» (-2 points) et 4% de «très satisfaits» (stable), contre 76% de «mécontents» ( 3 points).

Emmanuel Macron, dépeint en Jupiter en début de mandat, «sera désormais obligé d'avoir une attitude plus attentive avec les corps intermédiaires, les syndicats ou les maires, et même directement au contact avec les Français», souligne le sondeur français Jean-Daniel Levy, de Harris Interactiv.

Référendum d'initiative citoyenne

Après la taxe carbone, les revendications des «gilets jaunes» se sont rapidement élargies à la question globale du pouvoir d'achat avant de déborder sur d'autres thèmes. Samedi, les manifestants étaient nombreux à réclamer l'organisation d'un «RIC», un référendum d'initiative citoyenne, comme il se fait en Italie ou en Suisse.

Les revendications diverses et parfois contradictoires d'un mouvement aussi peu structuré que celui des «gilets jaunes» rendent très difficile toute prédiction quant à son avenir et ses éventuels débouchés politiques. Mais, pour Jérôme Sainte-Marie, un retour à la situation d'avant le 17 novembre est exclu et l'exécutif a vraiment intérêt à tenir ses promesses.

«Si jamais les mesures concernant le pouvoir d'achat ne sont pas appliquées, il y a un risque de reprise de mobilisation très important. Car les gens ont pris conscience de leur pouvoir», dit-il.

«L'engagement du président sera tenu», assure Richard Ferrand. Qui en appelle à «la responsabilité des parlementaires» pour valider jeudi à l'Assemblée et vendredi au Sénat les mesures afin qu'elles soient applicables dès le 1er janvier .

(AFP)

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