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FranceLe glyphosate, interdit en France, reste autorisé ici

Le désherbant glyphosate sera interdit en France. Cette mesure vaudra jusqu'à la fin du quinquennat pour tous les usages, y compris en agriculture.

Le 22 septembre, Nicolas Hulot face à 250 agriculteurs sur les Champs-Elysées durant une manifestation contre l'importation de produits traités au glyphosate.
Le 22 septembre, Nicolas Hulot face à 250 agriculteurs sur les Champs-Elysées durant une manifestation contre l'importation de produits traités au glyphosate.
AFP

«Le premier ministre a (...) arbitré pour faire en sorte que ce produit soit interdit en France, ainsi que tous ceux qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français, d'ici la fin du quinquennat», a déclaré Christophe Castaner sur BFMTV et RMC.

Cette annonce, précise, a immédiatement déclenché une très vive réaction du principal syndicat agricole, la FNSEA. Pour lui, il est «hors de question» que la France prenne une position «unilatérale», différente du résultat du vote européen prévu en octobre sur la reconduction, ou non, du désherbant dans l'Union européenne.

La Commission européenne a proposé de renouveler pour dix ans la licence d'exploitation du glyphosate dans l'Union Européenne, qui expire à la fin de l'année. Le ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé son intention de s'opposer à ce renouvellement, sans plus de détail sur le calendrier de transition.

Progrès d'ici 2022

En milieu de journée, M. Castaner a minimisé ses déclarations initiales en indiquant à l'AFP que le gouvernement «s'engageait à des progrès significatifs» d'ici à 2022, pour tous les pesticides, dont le glyphosate. Mais il a précisé qu'il «n'y a pas d'autre date arrêtée par le premier ministre».

«L'objectif est qu'on puisse trouver des produits de substitution d'ici la fin du quinquennat», a-t-il déclaré, sans donner de date butoir pour un retrait. En France, l'utilisation du glyphosate par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite depuis le 1er janvier 2017 et son emploi par les particuliers doit être proscrit à partir de 2019.

Classé «cancérogène probable» en 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'OMS, le glyphosate reste très utilisé en agriculture pour lutter contre les mauvaises herbes et maximiser les rendements des cultures

Période de transition

Des agriculteurs de la FNSEA ont manifesté vendredi à Paris sur les Champs-Elysées pour s'opposer à un abandon unilatéral par la France du produit au nom de «l'excellence agricole française». Ils s'opposent à une «distorsion de concurrence» avec l'agriculture des pays voisins qui, elle, peut utiliser le produit, et donc bénéficier de coûts de production plus bas et plus avantageux.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, avait évoqué vendredi une période de transition possible «de cinq à sept ans», précisément pour laisser le temps de mettre en place des mesures alternatives.

Nicolas Hulot a pour sa part placé les agriculteurs français face au temps long: «la justice et l'histoire nous rattraperont» si rien n'est fait pour remédier au problème phytosanitaire. «Au prétexte que c'est compliqué, doit-on continuer à mettre le sujet sous la table?», a-t-il demandé une interview au quotidien «Ouest France».

Pas d'interdiction en Suisse

En Suisse, une interdiction du glyphosate n'est pas à l'ordre du jour. Le directeur de l'Office fédéral de l'agriculture, Bernard Lehmann, l'a répété le 6 septembre en présentant un plan d'action pour réduire les pesticides dans l'agriculture.

Et la semaine dernière, le Conseil national a rejeté une motion demandant aux autorités de faire la lumière sur la toxicité du glyphosate et d'observer le principe de précaution en suspendant la vente de ce pesticide. Des mesures seront prises si de nouvelles études scientifiques démontrent la nécessité d'agir, a fait savoir le ministre de l'Economie, Johann Schneider-Ammann.

ats

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