Golan: Trump reconnaît la souveraineté d'Israël

Proche-OrientLe président américain a satisfait une demande du Premier ministre israélien en reconnaissant la souveraineté de l'état hébreu sur le plateau du Golan, occupé depuis 1967.

Donald Trump a fait une nouvelle fleur à Benjamin Netanyahu.
Vidéo: Keystone

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Donald Trump a signé le décret à la Maison Blanche, en présence du premier ministre israélien. Il a ainsi mis en scène ce coup de pouce majeur à Benjamin Netanyahu, à 15 jours d'élections législatives incertaines dans l'Etat hébreu.

Attaqué par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967, le Golan syrien avait été annexé en 1981. Cette annexion n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

«Cela aurait dû avoir lieu il y a des décennies», a estimé l'Américain en signant le décret. Comme il l'avait fait fin 2017 en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu, déjà en violation du droit international.

La décision de Donald Trump a été vivement critiquée par de nombreux pays, bien au-delà de la Syrie, qui a de nouveau dénoncé lundi une «atteinte flagrante» à sa souveraineté.

«Israël n'a jamais eu un meilleur ami»

Visiblement satisfait, Benjamin Netanyahu a remercié chaleureusement le locataire de la Maison Blanche. «Israël n'a jamais eu un meilleur ami que vous», a redit l'Israélien.

En revanche, pas un mot sur le plan de paix israélo-palestinien préparé depuis deux ans par la Maison Blanche, qui devrait pourtant être dévoilé dans les semaines qui suivront les élections du 9 avril.

Seul le vice-président des Etats-Unis Mike Pence y a fait vaguement référence en estimant, lors de la conférence annuelle de l'American Israel Public Affairs Committee (Aipac), puissant lobby pro-israélien, que les décisions controversées de Washington sur Jérusalem et le Golan étaient «dans l'intérêt de la paix».

Les dirigeants palestiniens refusent eux désormais tout rôle de médiateur à l'administration Trump.

Menacé d'inculpation

Au pouvoir depuis une décennie, Benjamin Netanyahu est sous la menace d'une inculpation pour corruption présumée dans trois affaires. Et l'ancien chef d'état-major Benny Gantz se présente comme un adversaire sérieux pour les élections.

Le tête-à-tête dans le Bureau ovale a d'ailleurs lieu dans la foulée d'une allocution de ce dernier devant l'Aipac. «La force et la puissance doivent s'accompagner d'une moralité très élevée», a plaidé M. Gantz.

Il a aussi affiché sa fermeté, assurant qu'il n'hésiterait pas à «utiliser la force en cas de besoin» face à l'Iran et promettant que l'armée israélienne contrôlerait toujours la sécurité de la Cisjordanie.

Israël attaque la bande de Gaza

Benjamin Netanyahu devait lui regagner son pays dans la foulée. Il a décidé d'écourter sa visite, initialement prévue sur deux jours, à la suite d'un tir de roquette en provenance de la bande de Gaza dans la nuit de dimanche à lundi et qui a fait sept blessés près de Tel-Aviv.

Israël accuse le Hamas, à la tête de l'enclave, d'être à l'origine du tir de roquettes, ce que le mouvement islamiste dément.

«Israël ne tolérera pas cela», a lancé Benjamin Netanyahu. «Israël est en train de répondre avec force à cette agression aveugle», a-t-il ajouté. Dénonçant une «attaque méprisable» et «horrible», Donald Trump lui a fait écho en assurant reconnaître «le droit absolu d'Israël à se défendre».

Bureau du chef du Hamas endommagé

L'armée israélienne a bombardé lundi le territoire palestinien sous blocus à de multiples reprises. Le bureau du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à Gaza a notamment été gravement endommagé, selon des témoins et une source de sécurité gazaouie.

Tel Aviv a confirmé l'attaque. Rien n'indique toutefois que M. Haniyeh se trouvait dans son bureau à cet instant.

Les secours gazaouis n'ont fait état d'aucun mort ni blessé dans un premier temps. Le Hamas a plus tard dans la soirée annoncé un cessez-le-feu entre les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza et Israël, sur intercession égyptienne.

L'armée israélienne a par ailleurs annoncé la fermeture des points de passage entre Israël et l'enclave palestinienne éprouvée par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien. Elle a également bouclé les routes autour de Gaza, interdit les activités agricoles et annoncé l'envoi de deux brigades en renfort, ainsi que le rappel de réservistes. (ats/nxp)

Créé: 25.03.2019, 18h18

Statut inchangé pour l'ONU

Le statut juridique du Golan reste inchangé après la décision de Donald Trump de reconnaître la «souveraineté» d'Israël sur ce territoire du Proche-Orient. Cette mise au point a été faite lundi par le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

«Pour le secrétaire général (Antonio Guterres), il est clair que le statut du Golan n'a pas changé. La politique de l'ONU à l'égard du Golan vient des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité et cette politique, à nouveau, n'a pas changé», a-t-il souligné lors de son point-presse quotidien.

Prévues de longue date, des consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la force de l'ONU (Fnuod) déployée sur le plateau du Golan doivent se tenir mercredi à New York.

Damas dénonce


  • Damas furieux - Le gouvernement syrien a qualifié lundi de «violente attaque contre l'intégrité territoriale de la Syrie» la reconnaissance américaine de la souveraineté d'Israël sur la partie occupée et annexée du plateau du Golan.




  • Moscou met en garde - La Russie, alliée du régime syrien, a dit craindre lundi «une nouvelle vague de tensions» au Proche-Orient à la suite de la reconnaissance par Washington de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan.

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