«Les gouvernements grignotent nos libertés»

FranceUne commission étatique estime que les libertés fondamentales sont «en très mauvais état» dans l'Hexagone.

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Les libertés fondamentales en France sont «grignotées» depuis plusieurs décennies par les gouvernements successifs et en «très mauvais état», dénonce la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH), organisme public.

«En apparence, nous sommes un Etat de droit et, l'on s'en flatte assez, nous avons un corpus juridique étoffé, des juges chargés de protéger nos libertés... En apparence, rien de tout ça n'est menacé. Dans la réalité, c'est autre chose. Au nom de la sécurité, toutes nos libertés le sont», dénonce le président de la commission, Jean-Marie Delarue, dans un entretien au quotidien Le Monde paru lundi.

«On n'arrête pas de nous dire que la sécurité est la première de nos libertés , selon une formule désormais consacrée. C'est faux! La sécurité est éventuellement l'une des conditions de notre liberté. Cet aphorisme est une dangereuse illusion qui pousse depuis plusieurs décennies les gouvernements à grignoter nos libertés toujours davantage», s'insurge M. Delarue.

Pour cet ex-directeur des libertés publiques au ministère de l'Intérieur (1997-2001), le «point de départ» de ce recul est la loi «sécurité et liberté» de l'ancien ministre de la Justice Alain Peyrefitte en 1981.

La France n'avait alors «pas besoin de nouvelles lois pour mettre en prison des terroristes. Et ça n'est pas plus le cas aujourd'hui», poursuit M. Delarue.

«Désormais, il suffit de se trouver dans les environs d'une manifestation pour devenir un Français suspect faisant l'objet de mesures extraordinaires, comme des fouilles», déplore-t-il, citant la récente loi «anticasseurs» adoptée dans le contexte du mouvement social inédit des «gilets jaunes».

«Il est par ailleurs très inquiétant de voir des gouvernements donner toujours raison à leur police. Les policiers sont des gens très estimables, mais comme tout le monde, ils peuvent faire des erreurs et avoir tort», estime-t-il encore.

En outre, le président de la Commission «s'inquiète beaucoup» de l'absence de réaction face au recul des libertés fondamentales, «comme si toutes ces lois successives avaient fini par tétaniser la protestation, comme si tout cela n'intéressait pas l'opinion».

Or, «les droits de l'Homme, ce n'est pas un machin qu'on met en avant de temps en temps comme une cerise sur le gâteau, ce n'est pas une décoration ni un sapin de Noël qu'on installe une fois par an, c'est la base de tout», souligne Jean-Marie Delarue. (afp/nxp)

Créé: 29.04.2019, 16h14

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