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ManifestationGrande marche pour le climat en France

En parallèle aux manifestations violentes des «gilets jaunes», des dizaines de milliers de personnes ont défilé pour le climat.

Les jeunes avaient déjà manifesté contre «l'inaction» contre le changement climatique vendredi.
Les jeunes avaient déjà manifesté contre «l'inaction» contre le changement climatique vendredi.
AFP

Des dizaines de milliers de manifestants défilaient samedi en France pour dénoncer «l'inaction» contre le changement climatique. Ils appuyaient aussi les revendications sociales de mouvements comme les «gilets jaunes» qui manifestaient de leur côté.

A Paris, cette «Marche du siècle» a rassemblé 45'000 personnes, selon un comptage indépendant pour un collectif de médias, réalisé par le cabinet Occurrence. La préfecture de police a de son côté chiffré cette affluence à 36'000 manifestants à Paris, et les organisateurs à 107'000.

«Plus de 350'000 personnes dans 220 villes de France se sont rassemblées pour dénoncer l'inaction du gouvernement français face à la crise climatique et son cynisme vis-à-vis de la crise sociale», ont affirmé les organisateurs dans un communiqué. Le ministère de l'Intérieur a avancé le chiffre national de 145'000 manifestants.

Sous le ciel ensoleillé de la capitale, une foule très dense a marché de la place de l'Opéra à la place de la République. Beaucoup de jeunes étaient là, dans une ambiance bon enfant. «On est plus chaud que le climat», pouvait-on lire sur des pancartes. Parallèlement avait lieu la 18e journée de la mobilisation des «gilets jaunes», marquée par des heurts avec les forces de l'ordre, des pillages et des incendies.

Convergence souhaitée

Militant écologique et réalisateur du documentaire à succès «Demain», Cyril Dion a appelé à une «convergence avec les "gilets jaunes"» lors d'une conférence de presse au départ d'un des cortèges de la marche pour le climat: «La cause de la destruction des écosystèmes se trouve dans ce modèle économique», a-t-il dit.

«Climat: stop aux bla-bla, place aux actes», «Sans pétrole la fête est plus folle», «Fin du monde, fin de mois, mêmes coupables, même combat», «Macron t'es foutu, les pandas sont dans la rue», pouvait-on lire sur les banderoles et pancartes de ce cortège.

«On est là pour manifester contre l'inaction sur le changement climatique (...) et contre les multi-milliardaires dans leur tour d'ivoire», a expliqué à l'AFP Pierre-Loup Meriaux, 18 ans, étudiant en école de théâtre. Près de 200 événements étaient répertoriés dans le pays par le collectif Citoyens pour le climat.

Appel d'organisations

Environ 140 organisations, de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot, avaient appelé à descendre dans la rue, estimant qu'il est «temps de changer de système industriel, politique et économique, pour protéger l'environnement, la société et les individus».

«Ça fait 30 ans que j'attends un tel mouvement», s'est enthousiasmée Valérie, 50 ans, qui a manifesté à Lille (nord). Les jeunes avaient ouvert le bal vendredi, répondant en masse à l'appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg. Ils étaient 168'000 à travers la France, selon l'organisation Youth for climate.

«Il faut vraiment qu'il y ait un moment de basculement, un avant et un après», a espéré Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Depuis plusieurs mois en France se multiplient des pétitions, des actions et des campagnes en ligne.

Etat poursuivi

Et l'Etat est poursuivi par quatre ONG (Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France) pour «manquements» à son obligation d'action contre le réchauffement. Elles sont à l'origine d'une pétition qui avait récolté plus de deux millions de signatures en moins d'un mois.

Les manifestants s'appuient sur les avertissements lancés par les scientifiques pour demander aux responsables politiques et économiques des actions plus radicales en faveur du climat et de la faune et flore sauvages.

L'Accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C, mais les engagements actuels des Etats laissent craindre un monde à +3°C.

ats

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