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Guaido dénonce la mort d'un militaire, torturé

Juan Guaido assure qu'un militaire, arrêté après la tentative de «coup d'Etat», est mort en prison après avoir été torturé.

Juan Guaido tente de faire passer les militaires dans son camp depuis le début.
Juan Guaido tente de faire passer les militaires dans son camp depuis le début.
AFP

L'opposant vénézuélien Juan Guaido a dénoncé samedi la mort d'un militaire «torturé» en détention pour son implication dans une tentative de «coup d'Etat» contre Nicolas Maduro, un décès sur lequel la Justice a promis une enquête «impartiale».

Le capitaine de corvette Rafael Acosta Arevalo «a été assassiné après avoir été torturé par des compagnons d'arme qui obéissent aux ordres du dictateur», a déclaré sur Instagram Juan Guaido, pour lequel le président Nicolas Maduro est un «dictateur» et un «usurpateur» qui s'est maintenu au pouvoir à la faveur de l'élection présidentielle «frauduleuse» de 2018.

Le militaire décédé faisait partie d'un groupe de 13 personnes arrêtées pour leur implication dans un projet déjoué de «coup d'Etat» contre Nicolas Maduro, projet lié selon le gouvernement chaviste à Juan Guaido.

Le gouvernement vénézuélien, qui se réclame de l'héritage du défunt président Hugo Chavez (1999-2013), «va sans aucun doute essayer de faire croire qu'il est tombé, qu'il a trébuché (...), mais non, il a été assassiné», s'est insurgé le président du Parlement unicaméral, reconnu comme chef d'Etat par intérim par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis.

Et d'annoncer qu'il en référerait aux gouvernements étrangers et à la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet, qui a effectué une visite à Caracas la semaine dernière. A cette occasion, elle avait appelé à la «libération» des opposants politiques incarcérés, qui sont près de 800 selon l'ONG Foro Penal.

Sans évoquer les accusations de «torture», le procureur général Tarek William Saab, un proche de Nicolas Maduro, a annoncé dans la soirée qu'une «enquête objective, indépendante et impartiale» serait menée pour déterminer les circonstances de ce «décès lamentable».

«Preuves et aveux»

Juan Guaido avait d'abord repris à son compte dans l'après-midi le récit de Tamara Suju, une avocate et militante des droits de l'Homme vénézuélienne qui vit en exil en République tchèque. Selon elle, le capitaine de corvette Acosta a été présenté vendredi devant un tribunal «en fauteuil roulant, présentant de graves signes de torture».

«Il ne parlait pas, il demandait seulement de l'aide à son avocat», a écrit sur Twitter Tamara Suju, sans préciser la source de ses informations. Le militaire «n'entendait pas bien», «ne pouvait pas se déplacer». «Il disait seulement: au secours, au secours», a-t-elle ajouté. L'avocate accuse des agents de la Direction du contre-espionnage militaire d'être responsables de sa mort.

«L'intégrité des personnes ne vaut rien» au Venezuela, s'est émue sur la chaîne NTN24 Waleswka Perez, l'épouse du capitaine Acosta, qui vit en exil. Parmi les contempteurs de Nicolas Maduro, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA) Luis Almagro a condamné un «assassinat». Il a assuré que l'OEA ferait tout «pour que justice soit rendue».

«Tentative de coup d'Etat»

Le capitaine de corvette Acosta faisait partie d'une liste de 13 noms divulguée jeudi par le ministre de la Communication Jorge Rodriguez. «Des preuves et des aveux» à l'appui, le ministre de Nicolas Maduro indiquait que ces 13 personnes avaient été interpellées et placées en détention pour leur implication dans une «tentative de coup d'Etat» déjouée par le gouvernement.

Ce «putsch» aurait dû avoir lieu les 23 et 24 juin et prévoyait l'assassinat du président et de plusieurs hauts responsables, selon Jorge Rodriguez qui affirmait que Juan Guaido y était impliqué.

Dans son message publié samedi soir, Juan Guaido, qui avait en vain appelé à un soulèvement le 30 avril, a de nouveau exhorté les soldats vénézuéliens à tourner le dos à Nicolas Maduro et à ne pas «rester indifférents». Il a aussi appelé les Vénézuéliens à manifester vendredi prochain contre le président à l'occasion de la Fête nationale.

L'armée joue un rôle fondamental dans l'équilibre du pouvoir au Venezuela. Elle contrôle notamment le secteur pétrolier, dont le pays en crise tire 96% de ses revenus à l'exportation. A de rares exceptions, l'état-major et le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, se disent «loyaux» à Nicolas Maduro.

(AFP)

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