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OuraganHarvey s'agrippe au Texas menacé d'inondations

Un premier décès a été signalé au Texas après le passage de l'ouragan. L'état de catastrophe naturelle a été déclaré.

L'ouragan Harvey continuait de s'essouffler samedi matin dans sa très lente progression au-dessus du Texas où plusieurs personnes ont été blessées et qui reste menacé par des «inondations catastrophiques» au cours des prochains jours.

«Des pluies torrentielles vont s'abattre aujourd'hui et jusqu'à lundi avec des zones pluvieuses qui vont rester ancrées sur certaines régions», ont prévenu les services météorologiques américains, anticipant de 38 à 88 cm d'accumulation par endroits d'ici mercredi.

Plusieurs comtés avaient déjà reçu samedi matin plus de 25 cm de pluie en 24 heures, selon un pointage à 14H17 GMT.

Plus puissant ouragan à frapper les Etats-Unis depuis 2005 et pire tempête à s'abattre sur le Texas depuis 1961, Harvey a atteint la terre ferme vendredi vers 22H00 (03H00 GMT samedi) entre Rockport et Port Aransas, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Corpus Christi.

Harvey a accédé à la catégorie 4 --sur une échelle de 5-- en touchant terre, accompagné de vents soufflant jusqu'à 215 km/h.

Selon un pointage à 15H00 GMT, l'ouragan a encore ralenti sa course à seulement 4km/h, ce qui le rend d'autant plus dangereux, et ses vents se sont davantage affaiblis. Rétrogradé en catégorie 1 au petit matin samedi, il soufflait à 120 km/h, selon le dernier bulletin du Centre national des ouragans (NHC).

Zones «inhabitables pendant des mois»

Mais le danger est «encore bien réel. Historiquement, l'eau est davantage une menace pour la vie que le vent», a prévenu le National Weather Center (NWS). Entre 1963 et 2012, le vent n'a causé que 11% des décès survenus lors d'ouragans aux Etats-Unis côté Atlantique tandis que 82% l'ont été par l'eau (49% avec la montée de la mer, 27% par la pluie et 6% par les vagues).

Harvey pourrait rendre de nombreuses zones «inhabitables pendant des mois», a averti l'agence fédérale, s'attendant à ce qu'il «serpente au-dessus du sud-est du Texas jusqu'au milieu de la semaine prochaine».

Dix personnes ont été blessées vendredi à Rockport par la chute de toitures, de nombreux arbres ont été arrachés et des véhicules endommagés étaient visibles «partout», a raconté aux médias locaux Kevin Carruth, un responsable municipal. Son aéroport a également beaucoup souffert.

La police de Corpus Christi a signalé samedi sur Twitter «de nombreux débris sur les routes et des lignes électriques à terre. La plupart des feux tricolores ne fonctionnent pas», demandant la «patience» des habitants pour la laisser «sécuriser les choses avant votre retour».

Le gestionnaire d'électricité du Texas ERCOT a indiqué qu'à 12H20 GMT, plus de 293.000 clients étaient privés de courant sur la côte texane. Dont près de 62.000 à Houston et sa banlieue.

Le maire de la plus grande ville texane Sylvester Turner a indiqué sur CNN samedi matin qu'elle était «préparée» en termes d'équipements et d'abris. Plus d'une trentaine d'églises ont mis leurs locaux à disposition.

Le président Donald Trump a signé dès vendredi une déclaration de catastrophe naturelle. Ayant en tête le dramatique précédent de l'ouragan Katrina en 2005, qui a fait plus de plus de 1.800 morts et détruit des quartiers entiers de La Nouvelle-Orléans en Louisiane voisine, il se tient informé de la situation et compte se rendre sur place la semaine prochaine.

«Surveillance étroite de l'ouragan Harvey depuis Camp David. Nous ne laissons rien au hasard», a-t-il tweeté samedi matin.

«J'ai dû tout laisser»

Dès vendredi, la côte a été battue par des vents violents et des paquets de pluie qui ont fait de Corpus Christi --d'ordinaire une citée industrieuse de 300.000 habitants-- une ville fantôme.

Des milliers d'habitants ont fui à l'intérieur des terres, souvent à San Antonio, à quelque 200 kilomètres de là, sous l'insistance des autorités et devant la peur de se retrouver sous l'eau.

Michael Allen est de ceux-là. «Je me suis dit que je ne voulais pas être comme ces gars de La Nouvelle-Orléans. Je ne voulais pas que ça m'arrive à moi», a-t-il raconté à l'AFP devant un centre d'accueil aménagé à la hâte.

«Les mêmes endroits vont recevoir la pluie pendant les prochains jours», a relevé samedi auprès de l'AFP Brian McNoldy, chercheur sur les ouragans à l'université de Miami. «C'est assez inhabituel» qu'un ouragan fasse du sur-place «peut-être pendant six jours».

Outre la pluie, Harvey a provoqué une montée des eaux pouvant atteindre jusqu'à quatre mètres dans certains secteurs.

Or la côte texane accueille près d'un tiers des capacités de raffinerie de pétrole des Etats-Unis et le Golfe du Mexique 20% de la production américaine.

Avant même l'arrivée de l'ouragan, 86 plateformes avaient déjà été évacuées vendredi à la mi-journée (21,5% de la production quotidienne de brut et 23% de gaz) et de nombreuses installations à terre fermées.

4500 prisonniers évacués

L'évacuation d'environ 4500 prisonniers du centre de détention de la ville de Rosharon (Texas), au sud de Houston, a commencé samedi. Elle a été décidée face à la montée du niveau d'une rivière proche à cause de l'ouragan Harvey, a annoncé le service pénitentiaire texan (TDCJ).

Trois unités «vont être évacuées tandis que la rivière Brazos continue de gonfler à cause des importantes pluies de l'ouragan Harvey», a déclaré le TDCJ dans un communiqué. Les prisonniers étaient transportés à bord de bus pénitentiaires vers d'autres établissements dans l'est du Texas, a-t-il précisé.

Traumatisme Katrina

«Nous pouvons dire à ce stade qu'il va s'agir d'un désastre majeur», a averti dès vendredi le gouverneur du Texas, Greg Abbott.

Harvey a ravivé aux Etats-Unis le traumatisme de Katrina, qui a provoqué une catastrophe humanitaire.

A l'époque, le manque de préparation et les défaillances criantes de l'état fédéral avaient eu des conséquences dramatiques. A cela s'étaient ajoutées les critiques envers le président George W. Bush, accusé par beaucoup d'indifférence envers les habitants d'une région très défavorisée et majoritairement noire.

En attendant de pouvoir évaluer plus précisément les dégâts, Patrick Rios, le maire de Rockport, avait un message pour ses administrés décidés à rester sur place: «marquer au feutre indélébile leur numéro de Sécurité sociale sur leur bras», pour être identifiés en cas de décès.

AFP

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