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Une «heure d’enfer» pour la présidence de Trump

Michael Cohen et Paul Manafort, deux anciens proches du président, ont été rattrapés par la justice.

Paul Manafort et Michael Cohen.
Paul Manafort et Michael Cohen.
Keystone

«L’heure d’enfer de Trump». Ce titre, en lettres capitales rouges mardi sur la page d’accueil du «Drudge Report», un média en ligne pro-Trump, reflète la force des deux coups encaissés simultanément par le président des États-Unis. Peu après 16 heures, Michael Cohen, l’ex-avocat de Donald Trump, a plaidé coupable dans un tribunal new-yorkais de huit chefs d’accusation pour fraude fiscale, fraude bancaire et violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Michael Cohen a accusé Donald Trump d’avoir ordonné des paiements à deux femmes - Stormy Daniels, une ancienne actrice de films X, et Karen McDougal, une ancienne playmate - qui affirmaient avoir eu une liaison avec le milliardaire new-yorkais.

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Quasiment au même moment, dans la banlieue de Washington, Paul Manafort, l’ancien chef de campagne de Donald Trump en 2016, était reconnu coupable de huit chefs d’accusation de fraude bancaire. Il risque jusqu’à 30 ans de prison. Ce verdict est la première victoire légale pour l’équipe de Robert Mueller, le procureur spécial chargé d’enquêter sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016 et la potentielle tentative du président des États-Unis d’entraver la justice.

Donald Trump a immédiatement réagi à la condamnation de Paul Manafort mardi en assurant que son chef de campagne était un

«homme bien» et en assurant que le verdict n’avait «rien à voir» avec lui et avec l’enquête sur la collusion avec la Russie. Mercredi matin, le président des États-Unis a aussi critiqué son ancien avocat sur Twitter: «Si quelqu’un cherche un bon avocat, je suggère avec insistance de ne pas engager Michael Cohen!»

Président coincé

Le nom de Donald Trump n’a pas été prononcé mardi dans les deux tribunaux situés à 400 km l’un de l’autre. Le président américain semble néanmoins coincé entre deux enquêtes qui, après s’être déroulées en parallèle en pendant des mois, sont désormais sur le point de se rejoindre. «Ce qui s’est passé avec Michael Cohen et Paul Manafort est très significatif», analyse Claire Finkelstein, directrice du Centre pour l’éthique et l’État de droit à l’Université de Pennsylvanie. «La condamnation de Paul Manafort pourrait inciter ce dernier à coopérer avec Robert Mueller pour tenter d’obtenir une réduction de sa peine de prison.»

Pour Claire Finkelstein, le plaider coupable de Michael Cohen «est encore plus important». «Lanny Davis, l’avocat de Michael Cohen, a indiqué ces deux derniers jours la volonté de son client de coopérer avec Robert Mueller», précise-t-elle. Michael Cohen risque 65 ans de prison et Lanny Davis a notamment indiqué sur la chaîne MSNBC que son client avait des informations sur le vol des e-mails des proches de Hillary Clinton par des pirates informatiques russes lors de la campagne électorale de 2016.

Les experts s’accordent pour dire que l’affaire Cohen pourrait avoir un impact considérable pour l’enquête de Robert Mueller et pour le président des États-Unis: «Il n’y a pas de consensus sur la possibilité d’inculper ou pas un président en exercice», note Eric Freedman, professeur de droit à l’Université d’Hofstra, à Long Island. «En revanche rien n’empêche de forcer un président à témoigner. Il y a des précédents légaux, notamment avec Richard Nixon.»

Ce qui s’est passé mardi pourrait être le moment où les républicains se rendent compte qu’ils ne peuvent plus défendre Donald Trump

Claire Finkelstein acquiesce. L’experte souligne que Robert Mueller aurait indiqué aux avocats de Donald Trump qu’il n’aurait pas l’intention de déroger à la tradition selon laquelle un président en exercice n’est pas inculpé. «Michael Avenatti, l’avocat de Stormy Daniels, peut en revanche forcer Donald Trump à témoigner dans l’affaire qui oppose celui-ci à sa cliente et je ne vois pas un juge s’opposer à sa requête après le plaider coupable de Cohen. Donald Trump pourrait alors soit être forcé de mentir sous serment ou soit devoir admettre qu’il avait menti lorsqu’il avait affirmé n’être pas au courant du paiement à Stormy Daniels.»

À la conclusion de son enquête, Robert Mueller doit remettre un rapport au Congrès. Claire Finkelstein et Eric Freedman estiment la menace d’une procédure de destitution s’est singulièrement accrue mardi pour Donald Trump. «Dans l’affaire du Watergate, les élus républicains avaient aussi soutenu le président Richard Nixon jusqu’au refus de Nixon de transmettre au Congrès les enregistrements de ses conversations à la Maison-Blanche», conclut Claire Finkelstein. «Ce qui s’est passé mardi pourrait être le moment où les républicains se rendent compte qu’ils ne peuvent plus défendre Donald Trump.»

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