Hillary Clinton intronisée, cap sur les «Swing States»

Course à la Maison-Blanche L’accès à la Maison-Blanche se jouera dans quelques Etats clés qui balancent entre le vote républicain et le vote démocrate.

A cent jours de l'élection présidentielle, Hillary Clinton mobilise ses supporters.

A cent jours de l'élection présidentielle, Hillary Clinton mobilise ses supporters. Image: AP

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Hillary Clinton n’a pas perdu de temps. Quelques heures après avoir accepté à Philadelphie l’investiture historique du Parti démocrate «avec humilité», «détermination» et une «confiance sans limites dans la promesse de l’Amérique», la candidate à la Maison-Blanche s’est lancée vendredi dans la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle. Elle a mobilisé ses supporters à Philadelphie avec son colistier Tim Kaine avant de partir avec lui pour une tournée en bus de trois jours. Direction l’est de la Pennsylvanie et l’Ohio pour conquérir deux «Swing States».

Ces Etats qui balancent entre le vote républicain et le vote démocrate seront déterminants sur la route de la Maison-Blanche en novembre. La raison? Pour être élu, un candidat doit gagner au moins 270 grands électeurs, octroyés proportionnellement selon la population de chaque Etat. Parmi ces Etats clés, on retrouve la Floride, qui avait plébiscité le républicain George W. Bush en 2000 et 2004 avant de voter pour Barack Obama en 2008 et 2012, l’Ohio, où le Parti républicain a organisé sa convention, la Virginie, le Colorado, l’Iowa, le Wisconsin, la Pennsylvanie, le Nevada, le New Hampshire et la Caroline du Nord.

La semaine dernière, Donald Trump avait assuré aux républicains qu’il remporterait New York. Ses chances d’y parvenir sont maigres, cet Etat étant profondément démocrate. Et son itinéraire pendant la convention démocrate traduit cette réalité politique. Le milliardaire s’est rendu en Floride, en Pennsylvanie, dans l’Iowa, en Caroline du Nord, en Virginie et dans le Colorado. Hillary Clinton a couvert un terrain similaire. Samedi dernier, elle a révélé en Floride l’identité de son colistier Tim Kaine, un sénateur représentant la Virginie. Elle a fait campagne en Caroline du Nord et a tendu jeudi la main aux nombreux électeurs indépendants et républicains modérés des «Swing States» qui rejettent le populisme de Donald Trump.

Le pari de l’inclusion

Le milliardaire new-yorkais a prouvé la semaine dernière que la peur était un argument de campagne efficace. Après s’être présenté comme le sauveur d’une Amérique ébranlée par la «violence» et le «chaos», le candidat a vu sa cote grimper de 3 à 7 points dans les sondages. Hillary Clinton a répondu jeudi en brandissant la menace que représenterait, selon elle, un Donald Trump président: «Un homme que l’on peut provoquer avec un simple tweet n’est pas un homme auquel on peut confier les armes nucléaires.»

Pour séduire les Etats clés, Hillary Clinton parie clairement sur l’optimisme, la diversité et l’inclusion. «L’heure de vérité sonne une fois de plus pour l’Amérique», a-t-elle affirmé à Philadelphie. «Nous devons décider si nous allons travailler ensemble afin de pouvoir nous élever tous ensemble.» Pour des élus démocrates comme le sénateur du Massachusetts Edward Markey, Hillary Clinton a trouvé la formule gagnante: «Chaque famille américaine ayant entendu le discours pense que c’est un message fantastique pour notre pays», a-t-il déclaré.

Jeudi soir, Hillary Clinton a aussi décidé d’affronter Donald Trump sur le terrain de la politique sécuritaire. Elle a reçu le soutien musclé du général John Allen et celui, très émouvant, de Khizar Khan. Humayun Khan, le fils de ce dernier, était un capitaine musulman de l’armée américaine. Il a été tué en 2004 en Irak. S’adressant directement à Donald Trump, Khizar Khan a demandé au milliardaire s’il s’était déjà rendu au cimetière d’Arlington, dans la banlieue de Washington, où sont enterrés les soldats américains morts au combat. «Vous y verrez toutes les religions, les sexes et les races. Vous n’avez sacrifié personne et rien du tout.»

«Made in America»

A cent jours de l’élection présidentielle, la campagne de Hillary Clinton n’a laissé planer aucun doute sur un point: le «made in America» sera au cœur de la bataille des «Swing States». Dans ce contexte, le sénateur Sherrod Brown a joué un rôle important jeudi à Philadelphie. L’élu représente l’Ohio, un Etat qui a souffert des délocalisations et du déclin de l’industrie minière. «Donald Trump pense que les gens dans des Etats comme le mien préféreront sa candidature factice aux solutions vraies pour lesquelles nous nous battons ce soir», a-t-il lancé, en précisant que son costume était fabriqué par des travailleurs syndiqués à dix minutes de chez lui. «Les costumes Trump? Ils sont fabriqués au Mexique.»

Créé: 29.07.2016, 21h54

Trois débats clé

Après l’investiture de Hillary Clinton mardi par les démocrates et celle de Donald Trump le 19 juillet chez les républicains, la course électorale est lancée. Trois débats présidentiels marqueront la campagne. Le 26 septembre à l’Université Hofstra, à Hempstead, dans l’Etat de New York (nord-est), le 9 octobre à l’Université Washington, à Saint-Louis (Missouri, centre), et le 19 octobre à l’Université du Nevada, à Las Vegas (Nevada, ouest). L’élection présidentielle aura lieu le 8 novembre. Barack Obama quittera la Maison-Blanche le 20 janvier 2017.

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