Le FN «masque son projet» de sortie de l'UE

PrésidentielleAlors qu'il met en garde contre «le risque majeur de présence de l'extrême droite» à l'Elysée, le président français appelle ceux qui ne veulent pas de Mme Le Pen à voter pour Macron.

Le président François Hollande s'exprime lors du Sommet Européen dédié au Brexit, ce samedi 29 avril.

Le président François Hollande s'exprime lors du Sommet Européen dédié au Brexit, ce samedi 29 avril. Image: Keystone

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François Hollande a fait du second tour de la présidentielle française «un choix» pour ou contre l'Europe, lors de son dernier sommet européen samedi à Bruxelles, mettant en garde contre «la régression» qu'entraînerait selon lui une victoire de Marine Le Pen le 7 mai.

«Les Français ont tout à gagner à rester dans l'Union européenne. Et de ce point de vue, c'est vrai que l'élection du 7 mai c'est un choix européen», a lancé M. Hollande à son arrivée à Bruxelles où il retrouvait pour la dernière fois ses partenaires européens pour un sommet consacré au Brexit.

Hors de l'Europe point de salut, a averti M. Hollande: «Il n'y a plus de protections, il n'y a plus de garanties, il n'y a plus de marché intérieur», et pour un pays de la zone euro comme la France «il n'y a plus de monnaie unique, et donc c'est une régression et c'est un risque», a-t-il plaidé.

Le président français n'a pas non plus manqué par ailleurs de souligner «le coût» qu'aurait le Brexit pour le Royaume-Uni.

Malgré ses avertissements répétés, François Hollande n'a pas réussi à empêcher la candidate du Front national (FN) d'accéder au second tour de la présidentielle où elle affrontera l'ex-ministre de l'Economie et conseiller du chef de l'Etat, Emmanuel Macron, à la tête du mouvement centriste En Marche!.

Cette fois, c'est le risque d'une accession au pouvoir de l'extrême droite qu'il s'agit de conjurer, pour le président sortant qui doit rendre les clés de l'Elysée à la mi-mai.

Visite du palais de l'Elysée

Aux citoyens français de décider

Mme Le Pen apparaît en mesure d'engranger 41% des suffrages le 7 mai contre 59 % à son adversaire centriste, selon un sondage publié vendredi qui marque un net resserrement entre les deux candidats.

La candidate du FN a marqué un nouveau point samedi avec le ralliement à ses côtés du chef d'un petit parti souverainiste (Debout La France), Nicolas Dupont-Aignan, dont elle compte faire son Premier ministre si elle est élue. M. Dupont-Aignan qui a obtenu près de 5% des suffrages au premier tour pourrait lui apporter des voix substantielles le 7 mai.

M. Hollande qui retrouvait à Bruxelles ses partenaires européens pour la dernière fois a aussi exhorté l'Europe à évoluer face à la montée des extrêmes et des populismes.

«L'Europe doit donner confiance, elle doit être une solution et non pas une suite de problèmes», a plaidé le président français, si impopulaire qu'il a dû renoncer à briguer un nouveau mandat, une première sous la Ve République.

«L'Europe doit montrer qu'elle est une chance pour les pays qui la composent et qu'elle est aussi une garantie pour la paix et un avantage pour l'économie et également qu'elle peut permettre (...) de converger sur le plan social», a-t-il argué alors que les électeurs du Front national expriment un rejet massif des règles de l'UE.

Selon lui, c'est «à ces conditions là» que «les peuples peuvent trouver dans l'Europe les garanties et les protections qui manquent aujourd'hui».

Partenaires prudents

Les partenaires européens de M. Hollande se sont pour leur part bien gardés, ce samedi, de tout commentaire sur l'élection française, en dépit des risques d'une grave fracture de l'UE en cas d'arrivée au pouvoir de Marine Le Pen.

«Ce n'est pas aux institutions européennes de faire le choix d'un candidat», «c'est aux citoyens français de décider quel sera le prochain président», a ainsi affirmé le président du Parlement européen, Antonio Tajani, en refusant de s'engager sur la question de savoir si le vote du 7 mai était «un référendum pour ou contre l'Europe».

Toutefois, dès la fin du premier tour de la présidentielle française le 23 avril, plusieurs responsables européens, dont le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker - rompant avec la tradition de neutralité en cas de scrutins nationaux - avaient félicité le pro-Européen Emmanuel Macron, qui reste favori du deuxième tour le 7 mai. (ats/nxp)

Créé: 29.04.2017, 14h18

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