Hollande rencontre Fidel Castro

Visite historiqueLe président socialiste français a révélé avoir rencontré le père de la Révolution cubaine Fidel Castro, privilège rare pour un chef d'Etat occidental. L'entrevue à huis clos a duré environ 50 minutes.

Le président socialiste français a rencontré le père de la Révolution cubaine Fidel Castro, privilège rare pour un chef d'Etat occidental.


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

François Hollande a fait valoir ce lundi 11 mai les intérêts de la France et de l'UE à Cuba lors d'une visite sans précédent pour un président français.

La journée a notamment été marquée par de longs entretiens avec les frères Castro.

Le dirigeant français a souligné que son déplacement s'inscrivait «dans un contexte particulièrement important mais encore incertain» pour Cuba, dans la foulée du dégel avec les Etats-Unis annoncé en décembre. Premier chef d'Etat occidental à se rendre à Cuba depuis cette annonce, François Hollande a voulu donner des gages de solidarité aux Cubains et insister sur les liens unissant Paris et La Havane.

Il a notamment plaidé pour la levée de l'embargo économique américain, qui selon lui «a tant nui» au développement de l'île communiste depuis 1962. Lors d'un discours à l'Université de La Havane, il a aussi appelé Cuba à assouplir les «règles» pour faciliter les échanges et l'implantation d'entreprises françaises dans l'île.

Avec les frères Castro

En fin de journée, le président socialiste a révélé avoir rencontré un peu plus tôt le père de la Révolution cubaine Fidel Castro, privilège rare pour un chef d'Etat occidental. L'entrevue à huis clos a duré environ 50 minutes, selon l'Elysée.

«J'avais devant moi un homme qui a fait l'histoire. Il y a forcément débat sur ce qui a pu être sa place, ses responsabilités, mais venant à Cuba je voulais rencontrer Fidel Castro», a ensuite expliqué François Hollande. Il a ajouté que le Leader Maximo avait «beaucoup parlé», malgré ses 88 ans.

Dans la soirée, le président français s'est aussi entretenu avec son homologue Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel en 2006. Les deux hommes ont d'abord brièvement conversé devant la presse, dans une atmosphère visiblement très cordiale, avant de s'entretenir portes closes.

«Ils ont évoqué l'idée de renforcer le partenariat France-Cuba dans le respect du rythme et de l'identité de chacun», a rapporté l'entourage de M. Hollande après cette rencontre qui a été suivie d'un dîner officiel.

Toujours selon l'Elysée, Fidel Castro a aussi «souligné l'idée que la France peut avoir un rôle de premier plan dans la relation entre Cuba et l'UE, notamment dans la perspective du sommet UE-Celac» (Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes) de juin prochain à Bruxelles.

Un coup diplomatique

La France s'est en effet positionnée ces derniers mois en première ligne dans le rapprochement amorcé depuis un peu plus d'un an entre l'UE et La Havane, qui pourrait se concrétiser d'ici fin 2015. A Cuba, M. Hollande a réalisé un «coup» diplomatique en devançant les autres chefs d'Etat occidentaux séduits par les perspectives d'ouverture dans l'île.

Aussi l'Elysée a pris soin d'éviter toute fausse note lors de ce déplacement, au cours duquel le président français n'a pas rencontré de dissidents. Son premier geste lundi matin a toutefois été de remettre la légion d'honneur au cardinal Jaime Ortega, qui a notamment joué un rôle de médiation pour favoriser la libération de prisonniers politiques en 2010.

Au milieu de sa visite, François Hollande a improvisé une promenade sur le Prado (ou Paseo de Marti), une des avenues les plus anciennes de La Havane. Malgré la forte chaleur de la mi-journée, de nombreux Cubains ont accouru pour le saluer et prendre des photos sous l'oeil vigilant d'un double cordon de sécurité cubain et français.

Contrats économiques

Dixième partenaire économique de l'île, la France entendait aussi profiter de cette visite pour ne pas laisser passer le train de l'ouverture économique. Plusieurs contrats avec des entreprises françaises ont été signés à cette occasion, mais François Hollande a affirmé vouloir surtout aider Cuba dans son développement et profiter de son influence sur le continent latino-américain.

«Nous ne sommes pas venus faire des affaires», a-t-il insisté. «Nous sommes venus pour, avec les Cubains, faire un développement économique qui puisse être utile à Cuba, à la France et à la zone Caraïbes.»

Après Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Martinique, la Guadeloupe et Cuba, la tournée de cinq jours de M. Hollande dans les Caraïbes doit s'achever mardi en Haïti. Le président français doit y signer plusieurs accords de coopération et apporter son soutien aux efforts de reconstruction. (ats/nxp)

Créé: 12.05.2015, 06h38

Articles en relation

A Cuba, Hollande plaide pour la levée de l'embargo

Diplomatie En visite historique à La Havane, le président français a appelé lundi à l'annulation de l'embargo économique américain contre Cuba. Plus...

Visite historique de Hollande à La Havane

Cuba A Cuba, le président français va défendre les intérêts français et européens dans un pays qui aspire à l'ouverture économique. Plus...

Hollande et la France avancent leurs pions pour investir à Cuba

Ouverture économique Le président français François Hollande réalise une visite historique dans l’île communiste. De nombreux pays se font la course pour y gagner des marchés. Plus...

Hollande rappelle qu'il y a «des règles en Europe»

Elections britanniques «Il y a des règles en Europe et parmi ces règles, il y la concertation» a souligné le président français lors d'un entretien avec David Cameron. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.