Hollande et Valls entrent dans la bataille finale

FranceLe président et son Premier ministre se livrent une guerre froide en coulisses à quelques mois de la présidentielle française.

Le président français François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls à la sortie du Conseil des ministres. (Mercredi 23 novembre 2016)

Le président français François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls à la sortie du Conseil des ministres. (Mercredi 23 novembre 2016) Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Avec la fin de la primaire de la droite, la guerre froide qui oppose en coulisses François Hollande et Manuel Valls autour de la candidature socialiste en 2017 arrive dans sa phase décisive, à moins de trois semaines de la décision du président sortant.

«Il faut que ça aille mieux» : en six mots dans Libération, passés sous les fourches caudines des relectures ministérielles, Stéphane Le Foll a confirmé pour la première fois publiquement mardi que les relations entre le président et le Premier ministre étaient pour le moins tendues.

Entre rumeurs d'appel contre François Hollande ou pour Manuel Valls, guerre d'influence au Parlement, petites phrases assassines des entourages, la tension a atteint ces dernières semaines son paroxysme. «Les hollandais portent désormais une kalachnikov en bandoulière», lâche un vallsiste du premier cercle.

Valls «très déterminé» à «ne pas abandonner la gauche»

Manuel Valls, qui développe depuis plusieurs semaines ce qui ressemble de plus en plus à un programme présidentiel, y a ajouté mercredi soir un chapitre en précisant dans une tribune aux Echos sa vision d'une «mondialisation au service des peuples».

Dans une interview à Paris-Normandie publiée vendredi, le Premier ministre, interrogé sur ses ambitions présidentielles pour 2017, se dit même «très déterminé» à «ne pas abandonner la gauche».

Quant à une possible candidature de François Hollande début décembre, le Premier ministre n'exprime aucun souhait en ce sens et formule même trois «exigences» pour que cette candidature soit possible: «tenir compte du seul intérêt de la France, de la gauche et de sa famille politique».

Pression maximale

Le Premier ministre, qui s'inquiète de la capacité du président à créer un «choc positif» en se présentant, essaie de mettre une pression maximale pour le convaincre de renoncer. «Pour ma part, je n'ai renoncé à rien», a-t-il confié à des proches cette semaine.

«Si le président pense que de toute façon il est candidat, que je serai derrière lui, que j'irai coller des affiches, parler dans le train, faire des déambulations, là c'est non. Je me poserai la question de ce que je devrai faire», a-t-il prévenu, selon les mêmes sources.

Dans une majorité déboussolée par l'effet désastreux des confidences de François Hollande dans «Un président ne devrait pas dire ça...», des proches de Manuel Valls ne cachent plus leur mission «stop Hollande», entamée plus discrètement il y a quelques semaines.

«Nous sommes nombreux à poursuivre le même objectif, avec détermination, avec sérieux : faire en sorte que François Hollande renonce à être candidat à sa propre succession», a ainsi asséné dans Le Figaro jeudi Malek Boutih, député de l'Essonne, il est vrai coutumier de sorties acerbes contre Hollande.

Fillon, une opportunité?

«Valls a totalement envie d'y aller. Il est totalement lié à la décision du président. Ca doit être terrible pour lui, c'est tout ce qu'il déteste», résume un ministre non aligné. «Coincé entre Macron et Hollande, comme un lion dans la cage, il est fou de ne pouvoir rien faire», glisse un autre.

De leur côté, les proches du président voient la victoire probable de François Fillon à droite comme une opportunité, face à une «droite dure» qui se revendique de Margaret Thatcher.

La petite baisse du chômage en octobre est aussi une bonne nouvelle pour le chef de l'Etat, qui a lié sa candidature à la fameuse «inversion de la courbe». «La bataille porte ses fruits», s'est-il réjoui jeudi soir.

Aubry et Taubira attendues

Deux autres étapes devraient peser sur le bras de fer Hollande-Valls samedi : la stratégie des radicaux de gauche pour la présidentielle ainsi qu'une réunion autour de Martine Aubry samedi à Bondy (Seine-Saint-Denis).

Christiane Taubira - dont certains à gauche rêvent qu'elle soit candidate si François Hollande renonce - Claude Bartolone, le «frondeur» Christian Paul mais aussi le communiste Olivier Dartigolles ou l'écologiste Pascal Durand seront de la partie.

Alors que Manuel Valls avance ses pions sur le volet programmatique, celui préparé par le commando de campagne de François Hollande - Guillaume Bachelay, Vincent Feltesse, Julien Dray - reste bien gardé dans les murs de l'Elysée. «On nous dit qu'ils bossent, mais il n'y a rien qui sort !», s'alarme le même ministre : «s'ils travaillaient, ça se verrait».

(afp/nxp)

Créé: 25.11.2016, 01h00

Galerie photo

France: Benoît Hamon sera le candidat de la gauche

France: Benoît Hamon sera le candidat de la gauche Les militants ont voté pour le candidat qui les représentera lors de la prochaine élection présidentielle, en mai 2017.

Articles en relation

Procédure de destitution de Hollande refusée

France La demande en avait été faite par des députés Les Républicains pour sanctionner les révélations du président à des journalistes. Plus...

Hollande serait candidat à la présidentielle

France Le porte-parole du gouvernement a annoncé mercredi que le chef de l'Etat annoncera lui-même s'il compte se présenter en 2017. Plus...

Valls juge «possible» la victoire de Marine Le Pen

France Suite au succès de Donald Trump, le Premier ministre français a été interrogé lors d'un forum économique jeudi à Berlin. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.