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Huit princesses émiraties jugées pour esclavagisme

En 2008, 23 domestiques vivaient quasi séquestrées dans un hôtel de Bruxelles, au service d’une famille des Emirats arabes unis.

Le Palais de Justice de Bruxelles.
Le Palais de Justice de Bruxelles.
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L’histoire n’est pas sans rappeler celle de Hannibal Kadhafi, maltraitant ses domestiques dans un palace genevois. A Bruxelles, huit princesses des Emirats arabes unis et leur majordome seront jugés dès jeudi devant le tribunal correctionnel pour séquestration, trafic d’êtres humains et traitements inhumains et dégradants.

L’affaire remonte à près de dix ans. Le 1er juillet 2008, une descente de police belge dans un luxueux hôtel de Bruxelles, le Conrad (qui a aujourd’hui changé de nom), mettait au jour le traitement quotidien que réservaient la princesse Sheikha Hamda Alnehayan, veuve du cheikh d’Abu Dhabi, et sept de ses filles, à 23 domestiques. La famille princière louait à l’époque, et depuis plusieurs mois, un étage entier de l’établissement. Dans ces lieux très feutrés, les domestiques, de huit nationalités différentes, étaient réduites à l’état d’esclaves, au service jour et nuit de la famille princière. Elles n’avaient pas le droit quitter l’hôtel, étaient privées de sommeil, sous-payées et soumises à des traitements dégradants. L’une d’elles était parvenue à s’enfuir.

A l’époque, celle que la presse belge avait surnommée Jamila avait raconté à La Dernière Heure sa condition: «Je n’avais pas de chambre, je dormais dans le couloir de l’étage. C’était de la violence verbale constante. Les princesses n’aimaient pas leurs servantes marocaines et tunisiennes. Elles nous traitaient de chiennes». Et d’expliquer qu’elle a pris la fuite, sans vêtements, sans bagages, sans passeport, ce dernier lui ayant été retiré, selon la pratique courante dans les Etats du Golfe. C’est cette «évasion» qui avait permis à la police de découvrir ce qui se passait à l’intérieur du palace.

Jeudi, les princesses, très vite rentrées au pays après les faits, ne seront pas à la barre pour affronter les chefs d’inculpation, qu’elles récusent en bloc. Outre les abus pratiqués à l’encontre des domestiques, la justice belge poursuit les princesses pour occupation de main-d’œuvre étrangère non déclarée et absence de rémunération pour un montant estimé à 124 000 euros.

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