«L’important, c’est de fixer un cadre et accompagner»

Enfants et écransPeut-on parler d’une addiction aux écrans comme c’est le cas pour l’alcool ou le tabac? Cinq questions posées à Addiction Suisse.

Lucile Ducarroz, cheffe de projet prévention chez Addiction Suisse

Lucile Ducarroz, cheffe de projet prévention chez Addiction Suisse Image: DR

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Pas d’écran pour les moins de 2 ans, pas plus d’une heure par jour jusqu’à cinq ans. L’OMS a pour la première fois publié ses recommandations pour les plus petits. L’addiction aux écrans est un phénomène de plus en plus étudié. Lucile Ducarroz est cheffe de projet prévention, chez Addiction Suisse. Interview.


Lire aussi: Pas d’écran jusqu’à 2 ans


L’addiction aux écrans, c’est comme l’alcool ou le tabac?
L’addiction aux écrans n’est pas un trouble reconnu, on parle plutôt d’«utilisation problématique d’Internet». Mais certains signes sont les mêmes: perte de contrôle de l’utilisation, fort désir de se connecter, irritabilité lorsqu’on ne peut pas, augmentation progressive de l’utilisation. Il y a également des similitudes dans les conséquences: impact sur la vie sociale et familiale, sur la formation, sur le travail, et parfois des problèmes d’argent. Une utilisation problématique peut aussi avoir des conséquences sur la santé psychique (stress, état dépressif) ou physique (mauvaise alimentation, maux de dos, altération de la vision). Le sommeil peut également être affecté.

Et pour les jeunes enfants précisément, quels sont les risques?
Les jeunes enfants ont besoin pour se construire d’interactions riches et variées dans le monde réel et de mouvement. Ainsi, trop de temps passé devant les écrans en étant passif peut avoir un impact négatif sur le développement social et cérébral.

L’OMS parle d’interdiction totale avant 2 ans, mais tolère soixante minutes d’écran dès 3-4 ans. Cela vous surprend-il?
Ces recommandations servent de repères pour les parents et les professionnels. Au-delà du temps passé devant l'écran et quel que soit l’âge de l’enfant, il est important de l’accompagner dans son utilisation. Cela veut dire notamment sélectionner les contenus avec attention, parler avec lui de ce qu’il voit et éviter de le laisser seul. Il est aussi important de fixer des règles et de les expliquer à l’enfant, par exemple des moments sans écran, ou un temps ritualisé consacré à cela. L’écran devrait par ailleurs rester quelque chose de récréatif et ne pas être utilisé pour calmer l’enfant.

La télévision est-elle aussi dangereuse qu’une tablette ou un smartphone?
Au-delà du support, c’est l’activité que l’outil permet qui est importante. Le smartphone permet des usages beaucoup plus variés que la télé. D’un côté il offre beaucoup de possibilités et d’usages pédagogiques, mais il peut aussi engendrer des utilisations problématiques. Le smartphone est aussi accessible partout et en tout temps. Dans ce sens, il peut être plus difficile de garder le contrôle. Chez les ados notamment, l’utilisation du smartphone avant de dormir ou durant la nuit peut avoir un impact négatif sur leur sommeil.


Lire aussi: «Chez m­oi, les écrans sont interdits aux plus petits»


En tant que parent qui laisse son enfant regarder des écrans, faut-il se sentir coupable?
Pas besoin de se sentir coupable si c’est de temps en temps. L’important est de fixer un cadre et d’accompagner l’enfant. Les parents ont aussi un rôle important de modèles à jouer. Ils sont – avec leur utilisation de leur smartphone – un exemple, et ce dès le plus jeune âge.

Créé: 24.04.2019, 19h26

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