Ils étaient près de 70'000 à descendre dans la rue

FranceEnviron 69'000 personnes ont manifesté jeudi contre la loi travail dans toute la France. Des incidents ont éclaté à Paris et en province.

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Malgré des concessions du gouvernement socialiste, qui a remanié son projet face à la levée de boucliers des syndicats et des organisations de jeunesse, les opposants au projet entendent maintenir la pression après une première mobilisation réussie la semaine dernière.

Quelque 23 personnes ont été interpellées lors d'incidents qui ont émaillé la mobilisation.

L'Unef, principal syndicat étudiant, a estimé à plus de 150'000 le nombre de jeunes qui ont défilé en France. Dans le détail, les autorités ont dénombré 60'000 manifestants et 19 interpellations en province dans 97 rassemblements ou défilés, selon le porte-parole du ministère Pierre-Henry Brandet, auxquels il faut ajouter les 8800 à 9200 participants au cortège parisien.

Lors de la première mobilisation le 9 mars, l'Unef, première organisation étudiante, avait estimé à 100'000 le nombre de jeunes qui avaient défilé en France, aux côtés de 400'000 salariés. Les autorités avaient, elles, comptabilisé 224'000 personnes au total dans le pays.

Dans la capitale, le cortège rassemblant plusieurs milliers de personnes s'est ébranlé vers 14h, depuis la place de la République. La sono diffuse du reggae, les participants dansent sous le soleil et les pancartes proclament «Pierre Gattaz au RSA, El Khomri au RMI», «Nous ne serons pas de la chair à patron», «La rue maintenant pour ne pas y être dans 30 ans».

Echauffourées à Marseille

Des établissements bancaires et une agence immobilière ont subi des dégradations vers le boulevard Voltaire, entre République et Nation. La police a dénoncé la présence de «quelques casseurs» dans le cortège.

A Rennes, des centaines de manifestants ont envahi la gare et sont descendus sur les voies, provoquant l'interruption du trafic pendant une trentaine de minutes. Plusieurs, dont certains avec des cagoules, se sont rendus directement devant la mairie et des gaz lacrymogènes ont été tirés par les policiers.

A Marseille, des échauffourées ont brièvement éclaté entre une centaine de jeunes, dont certains cagoulés, et des policiers devant un commissariat sur la Canebière.

Etudiants et sympathisants

Le ministère de l'Education nationale a décompté 115 lycées bloqués en France, totalement ou partiellement, sur 2500 lycées publics. Les organisations lycéennes évoquent une mobilisation «largement» supérieure à celle du 9 mars, parlant de 120 à 200 établissements bloqués.

Côté universités, plusieurs sites étaient fermés: certains campus parisiens (Sorbonne, Tolbiac, Saint-Denis), Lumière-Lyon II et le campus Victoire à Bordeaux. A côté des étudiants et lycéens marchaient aussi des sympathisants syndicalistes (CGT, FO etc.) et du parti communiste ou du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).

Colère pas apaisée

Devant Sciences Po à Rennes, une petite centaine d'étudiants sont partis vers la faculté de droit.

Près du lycée Voltaire, dans l'est parisien, des élèves se sont massés en bordure de l'avenue République avec des sifflets, lancent des pétards et bloquent quelques voitures avec des barrières métalliques avant de les laisser passer.

La nouvelle version du projet présentée lundi par Manuel Valls n'a pas eu raison de la colère de toutes les organisations de jeunesse. La Fage a, elle, accepté de poursuivre le «dialogue» et n'appelle pas à manifester.

Garantie jeune

Un point en particulier a convaincu le deuxième syndicat étudiant: la garantie jeunes, dispositif d'accompagnement renforcé vers l'emploi, qui deviendra un droit pour tous les jeunes sans emploi ni formation.

Mais, pour les contestataires, «l'universalité» de cette mesure «reste un mot creux», car sa mise en oeuvre pour les 900'000 jeunes concernés coûterait quatre à cinq milliards d'euros, selon l'Unef.

Pendant sa campagne, le candidat François Hollande avait fait de la jeunesse une priorité de son quinquennat. Une promesse que lui rappellent à l'envi les organisations de jeunes.

Le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres le 24 mars, et le gouvernement espère le faire adopter d'ici l'été. (afp/nxp)

Créé: 17.03.2016, 13h40

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