Passer au contenu principal

Confusion autour des résultats dans l'Iowa

La publication des résultats dans l'Iowa, premier État à voter pour les primaires démocrates, se fait attendre.

Le marathon des primaires pour désigner le démocrate qui affrontera Donald Trump à la présidentielle américaine a commencé lundi soir dans l'Iowa, où Bernie Sanders était favori, mais la soirée tournait à la confusion en raison d'un gros retard dans la publication des résultats.

«Quand les résultats seront annoncés, j'ai le sentiment que nous allons avoir un très très beau succès ici en Iowa», a lancé le sénateur de 78 ans. «Ce jour marque le début de la fin pour Donald Trump», a-t-il martelé.

Mais près de quatre heures après le coup d'envoi des «caucus», ces quelque 1700 assemblées où les électeurs se sont regroupés pour désigner leur candidat, le Parti démocrate expliquait vouloir s'assurer de la fiabilité des résultats avant de les publier, évoquant des «incohérences» dans leur compilation.

Il a toutefois démenti toute cyberattaque ou irrégularité, alors que dans le camp républicain, certains, à l'instar de Donald Trump Junior, le fils du président, ont aussitôt accusé les dirigeants démocrates de tricherie.

«Nous savons qu'il y a des retards mais nous savons aussi que nous sommes au-delà de nos espérances», a lancé la sénatrice Amy Klobuchar, première candidate à prendre la parole alors que le vainqueur n'était pas encore connu. Elle devait prendre dans la foulée un avion pour le New Hampshire, deuxième État à voter, le 11 février.

«Longue nuit»

«Ce sera une longue nuit, mais je suis confiant», a aussi assuré l'ancien vice-président Joe Biden, prédisant un vote «serré». Il a appelé les organisateurs à «faire très attention» dans la compilation des résultats.

L'Iowa, petit État rural, enneigé en cette période de l'année, lance la saison des primaires depuis les années 1970. Il est important parce qu'il est le premier: le nombre de délégués en jeu est négligeable (ce sont ces délégués qui désigneront in fine le candidat investi), mais un bon résultat ou une contre-performance peut changer la dynamique d'une candidature.

Avant le vote, le sénateur Sanders était en tête dans les sondages dans l'Iowa. Il compte sur une victoire pour prendre l'ascendant sur Joe Biden qui domine, lui, la course au niveau national. Suivent, dans les intentions de vote, l'ex-maire Pete Buttigieg puis les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar, sur un total de onze candidats encore en lice.

Timothy Formanek, 45 ans, est un indépendant qui vote démocrate cette année, et il a choisi Joe Biden, le «plus expérimenté». «Je pense qu'il va vraiment aider à redresser l'Amérique, surtout après ce qu'on a vécu depuis trois ans et demi», dit-il.

Car au-delà des clivages de programme entre l'aile gauche, représentée par Bernie Sanders et Elizabeth Warren, et un courant plus modéré, porté par Joe Biden, Pete Buttigieg ou encore Amy Klobuchar, la base démocrate espère surtout trouver celui ou celle qui sera le plus à même de battre le président républicain sortant le 3 novembre. Seulement, tous n'ont pas la même vision de ce candidat idéal.

Pour Brody Diehn, 22 ans, «Bernie» est «le meilleur pour s'élever contre la corruption de notre gouvernement». Ce caissier dans une épicerie de Des Moines apprécie également Elizabeth Warren, mais pas Joe Biden. «Si c'était Biden contre Trump, je voterais pour Trump, car je pense que Biden est le problème du Parti démocrate. On élit les mêmes personnes année après année, et c'est un échec», lâche-t-il.

Réconciliation ou révolution

Le président sortant a lui remporté d'emblée les «caucus» républicains dans l'Iowa -- une simple formalité. Mais son ombre planait sur la primaire démocrate: Donald Trump doit prononcer mardi son discours annuel sur l'état de l'Union avant d'obtenir, mercredi, un acquittement quasi certain lors de son procès en destitution.

Dix candidats démocrates se sont à nouveau affrontés lors d'un débat, mercredi soir à Atlanta (Géorgie). (Jeudi 21 novembre 2019)
Dix candidats démocrates se sont à nouveau affrontés lors d'un débat, mercredi soir à Atlanta (Géorgie). (Jeudi 21 novembre 2019)
AFP
A bientôt 77 ans, Joe Biden, vice-président sous l'ère Obama, reste en tête des sondages malgré des gaffes et des débats décevants. C'est sa 3e tentative pour entrer à la Maison Blanche.
A bientôt 77 ans, Joe Biden, vice-président sous l'ère Obama, reste en tête des sondages malgré des gaffes et des débats décevants. C'est sa 3e tentative pour entrer à la Maison Blanche.
Keystone
La sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar a elle aussi encore des chances. A 58 ans,elle joue sur une candidature «venue du coeur du pays» et sa proximité avec les électeurs. Elle lutte également contre le changement climatique. Elle a aussi retiré sa candidature au début mars 2020 et appelle désormais à voter pour Joe Biden.
La sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar a elle aussi encore des chances. A 58 ans,elle joue sur une candidature «venue du coeur du pays» et sa proximité avec les électeurs. Elle lutte également contre le changement climatique. Elle a aussi retiré sa candidature au début mars 2020 et appelle désormais à voter pour Joe Biden.
Keystone
1 / 10

«Depuis un an, chacun d'entre nous tente de prouver qu'il est le plus apte à battre Donald Trump», a dit lundi Pete Buttigieg sur CNN. «Cela nous oblige à démontrer qu'on est capable de mobiliser les gens, d'obtenir le soutien des électeurs. Ce processus commence ici dans l'Iowa.»

Qu'ils soient nouveaux venus comme lui, ou âgés comme Bernie Sanders (78 ans) et Joe Biden (77 ans), chacun veut être ce candidat. Bernie Sanders s'appuie sur les minorités et les jeunes, la génération «la plus progressiste de l'histoire de ce pays», proclame-t-il. Ses partisans réfutent l'idée que son étiquette socialiste et sa promesse d'une «révolution politique» fassent obstacle à une victoire en novembre.

Ses partisans réfutent l'idée que son étiquette socialiste et sa promesse d'une «révolution politique» fassent obstacle à une victoire en novembre. Joe Biden joue la carte de l'expérience et de la réconciliation nationale. «Qui sera prêt dès le premier jour à décrocher son téléphone pour appeler n'importe quel dirigeant mondial?», a demandé celui qui accompagna Barack Obama pendant huit ans à la Maison Blanche.

Le milliardaire Michael Bloomberg, ex-maire de New York, fait lui l'impasse sur ces «caucus» et concentre son immense fortune sur des États votant plus tard et qui rapportent beaucoup de délégués en vue de l'investiture. Il était lundi en Californie, à plus de 2000 km de distance. «Il paraît qu'il se passe quelque chose aujourd'hui dans l'Iowa», a-t-il ironisé à Compton, en Californie. «La population et l'économie californiennes sont les plus grandes du pays» et «moi je suis ici pour gagner», a-t-il lancé.

(AFP)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.