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Etats-UnisLoin de l'Iowa, Michael Bloomberg place ses pions

Le milliardaire et ancien maire de New York, qui a annoncé sa candidature à l'investiture démocrate fin novembre, grimpe dans les sondages.

Pour certains commentateurs, une victoire de Bloomberg à la primaire démocrate, auparavant «inconcevable», est désormais «une réelle possibilité».

Quand Michael Bloomberg s'est lancé, fin novembre, dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, la quasi-totalité des analystes lui donnaient zéro chance. Deux mois et demi plus tard, le milliardaire et ex-maire de New York grimpe dans les sondages.

Sa stratégie inédite, soutenue par un budget illimité, commence à inquiéter ses rivaux, à commencer par l'ex-vice-président Joe Biden, démocrate modéré comme lui.

Le chaos informatique qui a retardé les résultats de l'Iowa semble valider les calculs qui ont poussé ce patron de 77 ans à éviter les quatre premières primaires du calendrier électoral américain: si les candidats y dépensent énormément d'énergie, ils ne désignent qu'un contingent négligeable de délégués pour la convention démocrate qui désignera en juillet celui ou celle qui défiera Donald Trump en novembre.

«Au lieu de nous inquiéter de l'Iowa et du New Hampshire, il faut nous concentrer sur les endroits que nous devons remporter dans 272 jours», soit le jour de l'élection présidentielle le 3 novembre prochain, a tweeté M. Bloomberg mardi.

Force de frappe publicitaire

Les Etats du Michigan et de la Pennsylvanie, où il était attendu mardi, font partie de ces endroits-pivot pour remporter la présidentielle. De même que les 14 autres Etats dont les primaires se tiendront lors du «Super Mardi», le 3 mars, dont la Californie et le Texas, les deux Etats qui fournissent le plus de délégués à la convention.

Autre enseignement de l'Iowa: les résultats encore partiels confirment le décrochage de Joe Biden, arrivé quatrième seulement derrière le maire de l'Indiana Pete Buttigieg, 38 ans, l'un des candidats les plus inexpérimentés, et les candidats les plus à gauche, Bernie Sanders et Elizabeth Warren. Ce schéma laisse au milliardaire des chances d'incarner l'aile modérée du parti démocrate.

D'autant que, même si aucun enthousiasme populaire n'entoure pour l'instant sa candidature, cet homme parmi plus riches du monde dispose d'une force de frappe publicitaire inégalée.

Lui qui avait déjà acheté des publicités pour la somme record de 260 millions de dollars a prévu mardi de doubler ses dépenses, pour profiter de la confusion créée par l'Iowa, selon le New York Times. Le milliardaire a aussi tweeté mardi avoir récemment doublé ses effectifs de campagne, à plus de 2100 personnes.

«Une réelle possibilité»

Il espère ainsi nourrir sa récente ascension dans les sondages. Juste avant l'Iowa, les sondages nationaux le donnaient quatrième, derrière Joe Biden, Bernie Sanders et Elizabeth Warren, mais devant Pete Buttigieg. Un sondage lundi de l'institut Morning Consult le montrait même à égalité avec Elizabeth Warren.

Pour l'éditorialiste John Healey, du Los Angeles Times, une victoire de Bloomberg à la primaire démocrate, auparavant «inconcevable», est désormais «une réelle possibilité».

Ce changement de ton est une première victoire pour le milliardaire: jusqu'ici, celui qui dirigea New York 12 ans durant déroulait méthodiquement ses propositions dans une relative indifférence, les médias américains se focalisant sur les premières primaires.

Parmi les propositions qu'il a récemment présentées: un plan pour aider les Noirs à accéder à la propriété et réduire ainsi un facteur-clé d'inégalités; un plaidoyer pour la défense d'Israël et contre l'antisémitisme, qui lui a permis de parler comme rarement de ses origines juives. Ou un système d'assurance santé abordable pour tous, mais pas étatique.

Premier débat en février

Dans tous ses déplacements, il engrange les soutiens, souvent de maires ayant travaillé avec lui pour contrôler les armes à feu ou le réchauffement climatique, deux causes qu'il défend depuis des années.

Mais ses sorties sont loin de la ferveur suscitée par Bernie Sanders ou Elizabeth Warren, qui haranguent leurs supporters parfois des heures en dénonçant un système «corrompu» au profit de milliardaires comme lui.

Lors d'un récent meeting à New York, qui réunissait quelque 1000 personnes, Michael Bloomberg est resté 15 minutes à peine, vantant son bilan de maire et lançant quelques piques sur «l'incompétence» de Donald Trump, cet autre milliardaire new-yorkais sur lequel l'ex-maire concentre ses attaques.

Celui que le président américain surnomme méchamment «Mini Mike», en raison de sa petite taille, ne devrait cependant pas rester longtemps au-dessus de la mêlée. Il espère participer à son premier débat télévisé le 19 février. Le comité national démocrate a modifié les critères pour participer à ce débat, supprimant les exigences de dons individuels qui excluaient jusqu'ici M. Bloomberg, seul à financer sa campagne.

Plusieurs candidats démocrates ont dénoncé ce changement de règles, au profit d'un milliardaire qu'ils accusaient déjà de vouloir «acheter» l'élection. Une responsable de l'équipe de Bernie Sanders a même qualifié lundi M. Bloomberg d'«oligarque», laissant présager une offensive en règle contre lui au prochain débat.

ats

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