Un nouveau tir de Gaza menace la trêve

Proche-OrientMalgré le cessez-le-feu conclu avec l'intercession de l'Egypte, une roquette a été tirée mardi soir de Gaza vers Israël.

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Une roquette a été tirée de Gaza mardi soir en direction d'Israël, qui a riposté dans la nuit, menaçant une trêve qui semblait tenir au lendemain d'un nouvel accès de violence. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a par ailleurs prévenu, de retour de Washington, qu'il était prêt à ordonner une offensive si besoin, à deux semaines des législatives.

Les hostilités avaient été déclenchées lundi avant l'aube par le tir, depuis la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, d'une roquette qui avait fait sept blessés, dont trois enfants, au nord de Tel-Aviv.

En riposte, les avions, les hélicoptères et les chars israéliens avaient frappé lundi soir, selon l'armée, des dizaines d'objectifs dans l'enclave palestinienne sous blocus coincée entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée. Sept Palestiniens avaient été blessés, selon les secours gazaouis.

Les Palestiniens avaient de leur côté déclenché dans la nuit de lundi à mardi un tir de barrage de dizaines de roquettes et d'obus de mortier sur le territoire israélien autour de la bande de Gaza. Aucune victime n'a été rapportée. Puis un cessez-le-feu conclu selon le Hamas avec l'intercession de l'Egypte avait semblé tenir dans la journée de mardi autour du territoire gouverné sans partage par ce mouvement islamiste palestinien.

Extrême instabilité

Mais mardi soir, l'armée israélienne rapportait un nouveau tir de roquette de la bande de Gaza vers 20H00 (18H00 GMT), sans faire état de dégât ou de blessé. Le Hamas et le Jihad islamique avec d'autres groupes armés de Gaza assuraient que «la roquette, qui a touché un secteur proche d'Ashkelon, était le fait d'un individu», affirmant «l'engagement des différentes factions au maintien du calme».

En riposte, «des cibles supplémentaires du Hamas à Gaza» ont fait l'objet de frappes aériennes, a tweeté l'armée israélienne dans la nuit de mardi à mercredi. «Si le Hamas pense que nous resterons sans réaction, alors que leurs tirs de roquette, leurs explosifs et leurs intrusions à la frontière israélienne menacent les vies de citoyens israéliens, il se trompe», a commenté l'armée dans un autre tweet.

Selon une source au sein des services de sécurité à Gaza, une frappe aérienne a touché une base militaire du Hamas à Khan Younès après le lancement de roquette contre Israël. Tous ces affrontements n'ont fait aucun mort, mais sept Israéliens et sept Palestiniens ont été blessés. Depuis 2007, trois guerres ont opposé Israël au Hamas et ses alliés à Gaza.

Après ce nouvel accès de fièvre, un nouveau rendez-vous à haut risque est attendu samedi: le premier anniversaire d'un mouvement de contestation à Gaza qui, essentiellement dirigé contre le blocus israélien, maintient la tension le long de la barrière frontalière israélienne. Le Hamas doit déterminer son attitude, dans un contexte d'extrême instabilité.

Netanyahu en posture délicate

A l'approche des élections du 9 avril, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a écourté sa visite aux Etats-Unis et est rentré aussitôt après avoir rencontré lundi son grand allié Donald Trump, doit décider de la conduite à tenir.

Pour les commentateurs politiques, les violences venues de Gaza placent le chef de gouvernement dans une situation délicate. Ses adversaires l'ont accusé d'avoir dilapidé la force de dissuasion d'Israël face au Hamas. «Il doit à présent décider ce qui est le pire: réagir avec retenue et devenir le punching-ball (des partisans d'une opération d'envergure contre le Hamas) ou s'embarquer dans une aventure à Gaza sans savoir si, comment et quand il pourra la terminer», a écrit le quotidien «Maariv».

Un haut responsable israélien a démenti l'existence d'un cessez-le-feu devant les journalistes présents dans l'avion ramenant de Washington le Premier ministre israélien. Aussitôt arrivé en Israël, M. Netanyahu s'est retiré avec les chefs des services de sécurité.

Puis il est sorti de ces consultations pour s'adresser par lien satellite à l'Aipac, puissant lobby pro-israélien aux Etats-Unis, et mettre en garde les groupes armés palestiniens. «Je peux vous dire que nous sommes prêts à faire beaucoup plus. Nous ferons tout le nécessaire pour défendre notre peuple et défendre notre Etat», a-t-il martelé.

Envoi de renforts

Au pied de l'avion, M. Netanyahu s'était déjà dit prêt à ordonner une offensive terrestre à hauts risques à Gaza si nécessaire. A son tour, l'armée a indiqué qu'après une évaluation de la situation avec M. Netanyahu, le chef d'état-major, le général Aviv Kochavi, avait ordonné l'envoi de troupes supplémentaires à «la région Sud». Il a également «approuvé l'appel de soldats de réserve supplémentaires», a indiqué l'armée dans un communiqué.

Dans le territoire palestinien éprouvé par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien, comme dans les localités israéliennes riveraines accoutumées aux alertes et aux courses précipitées vers les abris, chacun se demande à quoi s'attendre. «Une guerre est possible», dit à l'AFP Esmat Bekheet, à l'instar d'autres habitants de Gaza. «Je m'attends à une escalade», abonde Hazem Mattar.

De l'autre côté de la barrière israélienne de plusieurs mètres de haut qui enferme Gaza, un habitant de la localité de Sderot (sud d'Israël), où une maison a été endommagée par les violences, accuse les dirigeants de ne se préoccuper de la situation que quand une roquette tombe près de Tel-Aviv. «Les (roquettes palestiniennes) Qassam, c'est quoi pour nous? Rien, des cacahuètes. 80% des gens d'ici vivent dans l'angoisse. C'est fini pour eux ici», se lamente Yossi Timsi. (ats/nxp)

Créé: 27.03.2019, 01h17

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