Israël verrouille son assise sur le plateau du Golan

Proche-OrientLa décision de Trump de reconnaître la souveraineté israélienne sur ce territoire divise la population.

Chemin de ronde et barbelés manrquent la ligne de cessez-le-feu entre le Golan, occupé par Israël, et la Syrie.

Chemin de ronde et barbelés manrquent la ligne de cessez-le-feu entre le Golan, occupé par Israël, et la Syrie. Image: Reuters

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Dans la brume des hauteurs du Golan, le cheikh Jad al-Karim Nasser peste contre le président américain. «Trump ne peut parler en notre nom. Nous sommes Syriens, fidèles à Bachar el-Assad. Ces terres nous appartiennent», s’exclame le leader religieux druze. Pourtant, presque au même moment lundi à la Maison-Blanche, Donald Trump signait un décret pour reconnaître la souveraineté d’Israël sur ce territoire, sous le regard ravi de Benyamin Netanyahou, en visite chez son allié.

«Un jour historique», a lancé le premier ministre israélien. Le plateau, de 1200 kilomètres carrés, a été pris de force par Israël à la Syrie en 1967 et officiellement annexé en 1981. Or, pour la communauté internationale, ce versant du Golan reste occupé illégalement par l’État hébreu. «Des membres de ma famille vivent toujours en Syrie. Mon cœur est là-bas», souffle le cheikh Jad al-Karim Nasser, en posant son regard au-delà des barbelés qui scellent la frontière.

«Histoire syrienne»

Rares sont les Druzes du Golan à exprimer tout haut leur amour pour Israël. «Nous avons une bonne qualité de vie. Nous vivons dans un État de droit, contrairement à la Syrie», explique l’avocat druze Safadi Saada, en hébreu. L’an prochain, son fils va joindre les rangs de l’armée israélienne. «Le Golan fait partie d’Israël depuis déjà un demi-siècle et pour toujours, je l’espère», plaide-t-il. À ses côtés, son collègue Johary Kifah n’est pas aussi convaincu. «Bien que notre communauté soit intégrée en Israël, notre histoire est syrienne», nuance-t-il.

Un Druze sur dix possède le passeport israélien. Par choix. Les autres, la majorité des 23 000 Druzes, ont un statut de résident permanent, comme les Palestiniens de Jérusalem-Est. Un laissez-passer pour l’école publique, les services de santé ou encore les élections locales. Mais sans droit de vote aux élections nationales.

«Les mentalités changent. Il existe un fossé entre les générations. Les jeunes ont un plus grand sentiment d’appartenance à Israël. À voir les horreurs en Syrie, qui veut y retourner?» questionne Dolan Abou Saleh, le maire de Majdal Shams.

Face à l’Iran et au Hezbollah

Pour les Israéliens, il est impensable de rendre le Golan à la Syrie. «Les milices iraniennes et le Hezbollah ont profité de la guerre syrienne pour s’implanter le long de notre frontière. Nous avons besoin de ce territoire stratégique pour défendre notre pays. Autrement, nos ennemis seront aux portes de la Galilée», analyse Kobi Marom, expert et ancien commandant de l’armée israélienne. À moins d’un kilomètre derrière lui, les drapeaux syriens flottent sur un poste militaire de Bachar el-Assad. «Affaibli, il n’y a aucun risque qu’il tente de reprendre le Golan alors qu’il doit tout reconstruire», analyse-t-il.

Reconnaître la souveraineté d’Israël était une «évidence», lance le maire de la colonie israélienne de Qatzrin, Dimi Apartsev. «Cette décision nous aidera à développer notre économie et attirer des investisseurs», prévoit-il. Environ 20'000 Israéliens, considérés comme des colons illégaux au regard du droit international, vivent sur le plateau du Golan. «Je me souviens des bombes syriennes pendant la guerre des Six jours. Mais nous sommes restés ici. Israël est puissant», se remémore Esther Abziz, l’une des résidentes. «Cette reconnaissance, c’est un exploit pour Bibi!» s’enthousiasme la dame. Un cadeau diplomatique de taille, à deux semaines des élections.

Créé: 26.03.2019, 21h13

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