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L'Italie cloîtrée pour tenter d'enrayer l'épidémie

L'Italie essaie déséspérément d'interrompre la progression du coronavirus, qui y a déjà fait plus de 600 morts sur plus de 10'100 cas détectés.

Toute la péninsule italienne vit désormais au rhythme du coronavirus.
Toute la péninsule italienne vit désormais au rhythme du coronavirus.
Keystone

La population appelée à rester chez elle, la place Saint-Pierre fermée aux touristes, les liaisons aériennes restreintes, les supermarchés pris d'assaut: l'Italie subissait de plein fouet les mesures d'une ampleur sans précédent annoncées contre le coronavirus.

«Je reste chez moi», a résumé le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte qui a étendu lundi soir par décret à toute la péninsule le dispositif confinant depuis dimanche, dans les régions du nord, un quart de la population.

Ce pays est ainsi devenu le premier à généraliser des mesures aussi draconiennes, qualifiées d'«audacieuses» par l'Union européenne, afin de tenter d'enrayer la progression du coronavirus, qui y a déjà fait plus de 600 morts sur plus de 10'100 cas détectés.

Coupé du monde

Tous les Italiens doivent «éviter les déplacements», sauf pour aller travailler, se ravitailler ou encore pour des soins médicaux. Dès lundi soir, à Rome ou à Naples, des supermarchés ont été pris d'assaut, en particulier pour les produits essentiels, tels que les pâtes et le papier hygiénique. «Comme en temps de guerre», a commenté un vendeur.

L'Italie se trouve en outre de plus en plus coupée du monde. L'Autriche exigea désormais des voyageurs en provenance de la péninsule la présentation d'un certificat médical, tandis que la Slovénie décidait de fermer sa frontière avec ce pays. De «mauvaises décisions», selon le président français Emmanuel Macron.

Un isolement d'autant plus grand que nombre de compagnies, de British Airways à Air France, en passant par l'irlandaise Ryanair et Air Canada, ainsi que l'Espagne, ont interrompu sur une période plus ou moins longue les liaisons aériennes avec les villes italiennes. De son côté, Swiss «observe» la situation.

Ecoles fermées

Hors d'Italie, le Covid-19 poursuit son avancée: augmentation significative du nombre des victimes dans plusieurs pays, tels l'Iran (plus de 8000 cas, près de 300 morts) et l'Espagne (plus de 1600 cas), premier mort au Maroc ou au Liban, premiers cas signalés en République démocratique du Congo, au Burkina Faso, au Panama ou en Mongolie, etc.

Au total, plus de 117'000 cas de contamination, dont 36'000 environ hors de Chine, ont été recensés dans 107 pays et territoires, selon le dernier bilan en date établi par l'AFP. Sans compter que, conséquence de l'épidémie, «les écoles sont fermées dans quinze pays, affectant 363 millions» de jeunes, s'est alarmée l'Unesco.

La Grèce a annoncé mardi la fermeture - tout comme en Italie et en République tchèque - de tous ses établissements scolaires, tandis qu'une série d'universités américaines généralisaient les cours en ligne. A Genève, l'OMC a suspendu toutes ses réunions jusqu'au 20 mars, après la découverte d'un premier cas de coronavirus parmi son personnel dans la cité de Calvin.

L'heure est en revanche à l'assouplissement des dispositifs en Chine, où le président Xi Jinping a affirmé que la propagation du coronavirus était «pratiquement jugulée». Seules 19 nouvelles contaminations ont été enregistrées mardi en Chine.

Trump tempête

Dans ce contexte, l'UE va utiliser «tous les instruments à disposition» pour soutenir les économies affectées par l'épidémie, a annoncé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Parmi les mesures envisagées, elle a cité les aides d'Etat aux entreprises en difficulté, la flexibilité dans l'application du pacte de croissance et stabilité ou encore un fonds spécial en réponse à l'épidémie.

De son côté, Donald Trump a dit vouloir rapidement prendre une série de mesures pour soutenir l'économie en vue d'essayer de préserver l'un de ses principaux arguments de campagne dans la course à la Maison Blanche. Mais ses mesures tardaient à émerger mardi après-midi. Il a à cet égard qualifié de «minable» la Réserve fédérale américaine, l'accusant de lenteur dans ses prises de décision face au Covid-19.

(ats)

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