Passer au contenu principal

Jared Kushner défend son plan de paix à l'ONU

L'artisan du plan de paix américain pour le Proche-Orient estime qu'il faut impérativement rompre avec «les habitudes».

Jared Kushner, à coté de sa femme, Ivanka Trump, le 4 février.
Jared Kushner, à coté de sa femme, Ivanka Trump, le 4 février.
AFP

Jared Kushner, gendre du président américain et auteur du plan de paix américain pour le Proche-Orient, a défendu jeudi devant le Conseil de sécurité de l'ONU la nécessité de rompre avec «les habitudes» pour «le plus difficile problème au monde».

«Les gens veulent voir des idées nouvelles et des progrès. Nous avons eu des discussions très constructives avec chacun» des pays présents «et nous voulons travailler ensemble avec le Conseil et d'autres pays pour obtenir des progrès», a-t-il raconté après sa réunion lors d'un rare entretien avec six médias, dont l'AFP. «Ce que nous faisons est juste de lutter contre les habitudes (...) Les gens sont dans les habitudes depuis si longtemps, ou disent les mêmes choses, publient les mêmes communiqués», a-t-il déploré.

Pendant plus de deux heures, Jared Kushner a présenté le plan de paix américain, avec cartes et graphiques, montrant que les développements parallèles des colonies israéliennes et des aspirations palestiniennes allaient arriver à un point de non retour pour la création d'un État palestinien.

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni ou la Belgique, ont jugé à l'issue de la rencontre que la réunion avait été «très intéressante». Selon un diplomate, certains des membres du Conseil présents à la réunion se sont même fait dédicacer par Jared Kushner le plan américain qui leur a été remis sous forme de gros livre.

«Une tonne de fissures»

Selon le conseiller américain, la publication récente du plan a provoqué «une tonne de fissures» dans l'approche de plusieurs États. Il a notamment cité l'Union européenne, qui «n'a pas été en mesure d'avoir une déclaration consensuelle» sur le plan selon lui. Il a aussi indiqué avoir vu du côté des pays membres de la Ligue arabe des «déclarations neutres» ou «en soutien», et «très peu de déclarations négatives».

«Nous sommes capables de convaincre de plus en plus de gens que c'est le chemin à suivre. Les gens sont fatigués de ce conflit et réalisent que c'est dans leur intérêt national de trouver une solution», a-t-il aussi dit.

Le projet américain retient une «solution à deux États» et propose de créer une capitale d'un État palestinien à Abou Dis, un faubourg de Jérusalem, alors que les Palestiniens veulent faire de l'ensemble de Jérusalem-Est la capitale de leur État. Il intègre aussi une annexion des colonies israéliennes, ainsi que de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967, avec des frontières en rupture avec les lignes tracées à l'époque.

En 1897, le journaliste et écrivain Theodor Herzl réunit à Bâle le premier congrès sioniste qui aspire à créer, pour le peuple juif, un foyer en Palestine garanti par le droit public. Du côté arabe, après des protestations de notables de Jérusalem, les premières organisations politiques sont créées en 1911 à Haïfa et à Jaffa pour lutter contre le sionisme.
En 1897, le journaliste et écrivain Theodor Herzl réunit à Bâle le premier congrès sioniste qui aspire à créer, pour le peuple juif, un foyer en Palestine garanti par le droit public. Du côté arabe, après des protestations de notables de Jérusalem, les premières organisations politiques sont créées en 1911 à Haïfa et à Jaffa pour lutter contre le sionisme.
Keystone
Il y a 100 ans, la déclaration Balfour a ouvert la voie à la création de l'Etat d'Israël.Le 2 novembre 1917, ce texte signé par le chef de la diplomatie britannique Arthur Balfour affirme que «le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif».
Il y a 100 ans, la déclaration Balfour a ouvert la voie à la création de l'Etat d'Israël.Le 2 novembre 1917, ce texte signé par le chef de la diplomatie britannique Arthur Balfour affirme que «le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif».
AFP
Pour le président palestinien  Mahmoud Abbas, la décision de Donald Trump «ne change rien à la réalité de Jérusalem... ville palestinienne arabe chrétienne et musulmane».  (Mercredi 6 décembre 2017)
Pour le président palestinien Mahmoud Abbas, la décision de Donald Trump «ne change rien à la réalité de Jérusalem... ville palestinienne arabe chrétienne et musulmane». (Mercredi 6 décembre 2017)
1 / 23

A la question de savoir si Israël pourrait se montrer flexible sur la question de Jérusalem-Est, Jared Kushner a répondu: «C'est une question pour les deux parties. C'est ce à quoi nous sommes arrivés pour qu'Israël accepte un début de négociations (...) Le seul moyen de savoir à quelle flexibilité Israël est prêt est pour les Palestiniens de s'asseoir à une table et d'essayer de négocier».

Le plan américain «pourrait représenter la dernière chance» pour les Palestiniens d'avoir un État, a aussi estimé Jared Kushner, en soulignant qu'Israël avait accepté cette perspective. «C'est pourquoi il est important d'aller de l'avant avec un accord de reconnaissance» d'un État palestinien «en échange d'un gel» des colonies, a-t-il insisté.

«Il est très très difficile d'avoir un État contigu où vous pouvez conduire d'une extrémité à l'autre», a-t-il aussi fait valoir, se targuant d'être «pragmatique». Il a précisé qu'une commission allait être prochainement créée avec Israël pour avoir une carte plus détaillée de la possibilité d'avoir un État palestinien «sans check-points au milieu».

«Grands principes»

En estimant que le président palestinien Mahmoud Abbas avait «une responsabilité» dans les violences de ces derniers jours en Israël, le conseiller américain a souligné dans le même temps que la porte restait ouverte. «Si les Palestiniens veulent négocier» le plan, «alors qu'ils viennent à la table et négocient». «S'ils viennent à la table, alors il y aura peut-être de la flexibilité du gouvernement israélien», a-t-il dit.

Interrogé sur la perspective d'un vote mardi à l'ONU d'un projet de résolution d'inspiration palestinienne condamnant le plan américain, Jared Kushner a indiqué s'attendre «aux mêmes arguments lassants» que dans le passé. «Ils feraient mieux de prendre les lignes (du plan américain) les unes après les autres et dire celles avec lesquelles ils sont d'accord et celles qu'ils rejettent».

«Si vous voulez un État, vous devez montrer que vous êtes prêts à un État qui fonctionne. Les gens qui sont prêts à avoir un État ne vont pas dehors en réclamant des journées de colère et en poussant leur peuple à la violence lorsqu'ils n'ont pas ce qu'ils veulent».

Jared Kushner a notamment reproché à Mahmoud Abbas de ne pas avoir la volonté de parvenir à la paix. «Quand nous nous sommes rencontrés - je l'ai rencontré personnellement quatre fois -, je n'ai jamais eu l'impression qu'il était prêt à entrer dans les détails, soit parce que ce n'est pas son truc, soit parce qu'il ne sait pas ce qu'il veut accomplir», a-t-il dit. «Il aime les grands principes mais on ne résout pas les problèmes avec des grands principes», a-t-il asséné.

(AFP)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.