Les jeunes candidats au djihad seront plus contrôlés

Attentats à ParisManuel Valls a détaillé jeudi un train de mesures pour juguler le terrorisme en France: les jeunes enclins à rejoindre le djihad devraient ainsi être à l'avenir mieux pris en charge.

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Paris et le reste de l'Europe demeurent fébriles après les attentats de Paris et l'assaut à Saint-Denis.

Alors que l'enquête se poursuit, le Premier ministre estime possible des attentats avec des «armes chimiques ou bactériologiques». «Il ne faut rien exclure», a-t-il dit devant l'Assemblée nationale, qui doit prolonger jusqu'à fin février l'état d'urgence. Le texte élargit la marge de manoeuvre de la police pour des assignations à résidence, pour une extension des gardes à vue liées à des présomptions de terrorisme, et en matière de perquisitions.

Manuel Valls a également insisté sur le besoin d'adopter le «Passenger Name Record» (PNR). «Il est plus que jamais temps que l'Europe adopte le texte sur le PNR afin de garantir la traçabilité des déplacements y compris à l'intérieur de l'Union européenne. C'est une condition de notre sécurité collective», a-t-il affirmé.

Enfin, le chef du gouvernement a annoncé la création d'ici fin décembre d'une «structure» de prise en charge des jeunes radicalisés: «les financements sont prêts, le cadre juridique et le projet pédagogique en voie de finalisation». «Les premiers admis pourront être des repentis que nous mettrons à l'épreuve afin de mesurer leur volonté de réinsertion dans la durée», a-t-il confié.

La peur s'installe en Europe

Six jours après les attentats, la France vit toujours dans la psychose évidente de nouvelles attaques. Avec la prolongation de l'état d'urgence - une première depuis la guerre d'Algérie - les policiers pourront être armés en permanence, y compris hors service, sur la base du volontariat, a annoncé la direction de la police.

La peur s'installe aussi à l'échelle européenne. Plusieurs explosions auraient dû se produire dans le stade de football de Hanovre où devait avoir lieu mardi le match amical de football entre l'Allemagne et les Pays-Bas, finalement annulé, a rapporté jeudi le quotidien allemand à gros tirage Bild. Le journal allemand dit avoir obtenu copie d'un document dont le contenu était si explicite que les autorités n'ont eu d'autre choix que d'annuler la rencontre.

Ce document détaille comment un groupe prévoyait de mettre à feu plusieurs engins explosifs dans le stade et au centre-ville. Les auteurs du projet prévoyaient de faire entrer les explosifs dans le stade via une ambulance. Après minuit, un autre attentat était prévu à la gare de Hanovre.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont signalé la possibilité d'attentats islamistes en Italie, faisant allusion à «d'éventuelles actions terroristes» visant la basilique Saint-Pierre de Rome ou la cathédrale et la Scala à Milan. Enfin, un avion de ligne parti de Varsovie à destination de la station balnéaire égyptienne d'Hurghada a effectué un atterrissage d'urgence à Bourgas, en Bulgarie, après une fausse alerte à la bombe, ont indiqué les autorités bulgares.

Abaaoud mort ou pas mort ?

Le sort du présumé cerveau des attentats de vendredi dernier reste pour l'heure incertain. Abdelhamid Abaaoud dit «Omar le Belge» est mort lors de l'assaut, a rapporté mercredi soir le quotidien américain Washington Post citant deux sources anonymes de deux pays européens, sans les nommer, se basant sur une information délivrée apparemment par les autorités françaises. Mais le journal américain n'a livré aucun détail supplémentaire.

Une identification d'Abaaoud susciterait des questions sur le travail des services de renseignements européens, français et belge en particulier: comment un terroriste de cet acabit a-t-il pu se faire un chemin de la Syrie jusqu'à Paris ? Huit personnes ont été arrêtées mercredi à Saint-Denis, mais ni Abaaoud, ni Salah Abdeslam, autre suspect-clé, n'en font partie, selon la justice française.

Jeudi, le premier ministre belge Charles Michel a rejeté les critiques dénigrant les services de sécurité belges alors que six perquisitions étaient en cours dans la région bruxelloise, notamment à Molenbeek, dans l'«entourage direct» de Bilal Hadfi, l'un des djihadistes morts vendredi soir à Paris. (ats/nxp)

Créé: 19.11.2015, 13h12

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