Des jeunes «Dreamers» marchent sur Washington

  • Etats-UnisDes centaines de jeunes immigrés entrés illégalement aux Etats-Unis dans leur enfance ont parcouru 370 km à pied pour arriver devant la Cour suprême.

Les jeunes sans-papiers sont arrivés dimanche soir devant la Cour suprême.

Les jeunes sans-papiers sont arrivés dimanche soir devant la Cour suprême. Image: AFP

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«On est chez nous»: malgré la fatigue, des dizaines de jeunes migrants ayant grandi sans papiers sur le sol américain ont scandé ce slogan en arrivant dimanche soir, après une marche de 370 kilomètres, devant la Cour suprême des Etats-Unis à Washington.

A leur départ de New York, le 26 octobre, des Américains avaient affiché leur solidarité sur des panneaux barrés de la mention «Nous sommes tous des Dreamers», le surnom donné à près de 700'000 jeunes immigrés entrés illégalement aux Etats-Unis dans leur enfance.

Après avoir bravé la pluie et le vent, leurs représentants ont atteint Washington fourbus, mais à temps pour une audience cruciale mardi devant la plus haute juridiction américaine.

Celle-ci doit examiner le programme dit DACA, adopté en 2012 par le président démocrate Barack Obama, qui a interdit d'expulser ces jeunes et leur a donné un numéro de sécurité sociale, sésame pour étudier, travailler ou conduire aux Etats-Unis.

Son successeur républicain Donald Trump, élu sur une ligne dure en matière d'immigration, a décidé en 2017 d'y mettre un terme. Des tribunaux ont provisoirement bloqué sa décision, accordant un répit aux «Dreamers», dont le sort est désormais aux mains des neuf juges de la Cour suprême.

L'impasse au Congrès, au printemps 2018:

Avant qu'ils ne se penchent sur le dossier, certains plaignants ont souhaité aller à la rencontre des Américains pour les sensibiliser à leurs «histoires, toutes différentes mais qui ont en commun la même souffrance», explique Carolina Fung Feng, dont le nom figure à la procédure.

Née au Costa Rica de parents chinois, la jeune femme de 30 ans est arrivée à l'âge de 12 ans aux Etats-Unis. Dix ans plus tard, le programme DACA a changé sa vie, lui permettant de finir ses études et de travailler dans le milieu éducatif.

«En marchant, nous voulons montrer aux gens que le programme DACA est sur le point de s'arrêter, mais que nous sommes toujours là», dit-elle à l'AFP. «J'espère que les juges vont comprendre que nous sommes des êtres humains. Leur décision n'aura pas seulement un impact sur moi, mais aussi sur ma famille et ma communauté».

Revoir notre vidéo expliquant le moment où Trump met un terme aux rêves des «Dreamers» à l'automne 2017:

«Énormes ampoules»

Dans le cortège, dont les rangs ont grossi à mesure qu'il approchait de la capitale fédérale, Antonio Alarcon, 25 ans, confie la joie de s'être senti enfin «reconnu» quand il est entré dans le programme DACA.

Avant, «je vivais dans l'ombre», confie ce Mexicain. Arrivé lui aussi enfant aux Etats-Unis, il a terminé ses études de cinéma et de science politique et travaille aujourd'hui comme animateur de quartier à New York.

Si jamais la haute cour devait valider la décision de Donald Trump, le jeune homme se dit prêt à affronter «un changement de vie». Ses parents, qui sont repartis vivre au Mexique, lui ont appris à «être un guerrier», dit-il. «Beaucoup de nos proches vivent sans papiers et ils survivent», ajoute-t-il, prêt à glisser de nouveau dans la clandestinité.

Silvia Garcia fait elle partie des quelque 10,5 millions d'étrangers qui sont en situation irrégulière aux Etats-Unis. Cette Argentine, qui a fui en 2002 la crise économique dans son pays, a décidé de marcher pour éviter à son fils de 19 ans de vivre cette situation. Il lui a fallu pour cela renoncer à son poste dans une usine. «Ils ne m'ont pas donné la permission de manquer autant de jours», explique-t-elle, en confiant avoir souffert sur le parcours.

«C'a été dur» avec les intempéries «et on s'est retrouvé avec des ampoules énormes», raconte celle qui a terminé en voiture après s'être tordu un pied. Malgré tout, elle ne regrette pas son choix: «Si on ne se bat pas, on ne sait pas ce qui va arriver». (afp/nxp)

Créé: 11.11.2019, 18h49

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