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UkraineLes Etats-Unis pourraient sanctionner Poutine

Alors que Joe Biden est en visite à Kiev et que Washington et Moscou s'appellent mutuellement à respecter l'accord de Genève, les Etats-Unis ont annoncé que des sanctions pourraient être prises contre Poutine.

Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)
Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)
AFP
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)
Keystone
Ianoukovitch a annoncé dans une conférence de presse en Russie qu'il allait «poursuivre la lutte» (28 février 2014)
Ianoukovitch a annoncé dans une conférence de presse en Russie qu'il allait «poursuivre la lutte» (28 février 2014)
Capture d'écran BFM TV
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Les Etats-Unis pourraient envisager d'imposer des sanctions contre le président russe Vladimir Poutine en raison de la crise en Ukraine, a déclaré lundi la porte-parole du département d'Etat. Elle a toutefois laissé entendre qu'aucune initiative en ce sens ne devrait être prise dans l'immédiat.

Interrogée sur un réseau social par la station de radio Echo de Moscou sur le fait de savoir si les Etats-Unis envisageaient la possibilité d'imposer des sanctions à Vladimir Poutine, Jen Psaki a répondu: «Oui. Impt (important) d'exposer les conséquences. Les USA en mesure de sanctionner des personnes, des entreprises et des secteurs. L'objectif n'est pas les sanctions. L'objectif (est la) désescalade».

Puis elle a ajouté: «Ensemble de responsables envisagés. Beaucoup à sanctionner avant que nous discutions du président Poutine».

Appels réciproques

Les Etats-Unis et la Russie se sont par ailleurs appelés réciproquement à faire appliquer l'accord de Genève censé mettre fin à la crise dans l'est de l'Ukraine, en proie à une insurrection séparatiste.

Lors d'une conversation téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a appelé la Russie à prendre «des mesures concrètes pour aider à la mise en œuvre de l'accord de Genève en appelant publiquement les séparatistes à évacuer» les bâtiments occupés illégalement, a indiqué Jennifer Psaki, porte-parole du département d'Etat.

Lavrov a répliqué que Washington devait convaincre Kiev de respecter ses engagements et utiliser son influence «afin que les têtes brûlées ne provoquent pas un conflit sanglant», selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Cet échange plutôt vif a eu lieu quelques heures après l'arrivée à Kiev du vice-président américain Joe Biden, venu apporter son soutien aux autorités ukrainiennes pro-occidentales.

Unité nationale

Le vice-président américain, qui s'est fortement impliqué dans la crise politique en Ukraine depuis qu'elle a éclaté en novembre, est le premier haut responsable américain à se rendre en Ukraine depuis la visite de John Kerry le 4 mars. Il doit rencontrer mardi le président par intérim Olexandre Tourtchinov et le Premier ministre Arseni Iatseniouk.

Selon un haut responsable américain accompagnant le vice-président, Joe Biden compte insister sur la nécessité de maintenir «l'unité nationale» et appeler à «une mise en œuvre urgente» du compromis signé jeudi entre l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne.

John Kerry a fait pression dans le même sens en demandant à Sergueï Lavrov de nommer un diplomate de haut rang pour travailler avec la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) afin de montrer de façon «absolument claire que la Russie soutient l'accord (de Genève) et veut une désescalade».

Mais le chef de la diplomatie russe, qui n'a pas encore répondu à cette demande, a mis en avant «l'incapacité et le manque de volonté des autorités de Kiev à mettre fin aux actes de violence du Pravy Sektor», groupe nationaliste paramilitaire ukrainien.

Moscou mis en cause

L'espoir d'apaisement né de l'accord de Genève, destiné à régler la crise la plus grave depuis la Guerre froide entre Moscou et les Occidentaux, s'est nettement éloigné, d'autant que la tension est montée d'un cran pendant le week-end pascal avec une fusillade meurtrière à Slaviansk, bastion des séparatistes de l'est de l'Ukraine, qui ont demandé au président russe Vladimir Poutine d'envoyer des troupes.

«Non seulement l'accord de Genève n'est pas respecté, mais des mesures sont prises, notamment par ceux qui se sont emparés du pouvoir à Kiev, qui l'enfreignent grossièrement», a déclaré M. Lavrov.

Washington et Kiev accusent Moscou de fomenter les troubles actuels dans l'est de l'Ukraine. La Russie souligne pour sa part que le centre de Kiev reste occupé par les groupes, notamment nationalistes, qui se sont mobilisés jusqu'à la chute du président Viktor Ianoukovitch.

Depuis la perte par Kiev de la Crimée, les Etats-Unis et l'Union européenne ont appliqué des sanctions contre de hauts responsables russes. Et Washington menace de s'attaquer désormais à des pans entiers de l'économie russe, déjà confrontée à des fuites massives de capitaux.

Le ministère russe des Finances a estimé lundi que le pays se trouvait déjà probablement en «récession technique», le produit intérieur brut semblant parti pour se contracter au deuxième trimestre, comme au premier.

Pour Lavrov, toutefois, les pressions et menaces occidentales sont vouées à l'échec. «Les tentatives d'isoler la Russie sont vaines, car isoler la Russie du reste du monde est impossible», a-t-il asséné. «Tout d'abord parce que nous sommes une grande puissance, indépendante et qui sait ce qu'elle veut. Et deuxièmement parce qu'une écrasante majorité de pays ne veulent pas isoler la Russie», a-t-il ajouté.

Démonstrations de force

Après la fusillade de Slaviansk, qui a fait au moins deux morts, le maire autoproclamé de la ville, Viatcheslav Ponomarev, a décrété un couvre-feu de minuit à six heures, dont la première nuit s'est passée dans le calme.

«On ne tirera que si on est attaqués», a assuré Evguen Gorbik, qui monte la garde sur une barricade bloquant la rue Karl-Marx, à proximité de la mairie. «Actuellement, on a un président virtuel en Ukraine, une armée virtuelle et une guerre virtuelle», a observé cet homme en treillis et casquette militaire.

Mais la tension reste vive, et les insurgés pro-russes sur place font régulièrement la démonstration de leur contrôle des lieux. Un blindé, pris la semaine dernière à l'armée ukrainienne, sans combat, a traversé la ville en trombe lundi à la mi-journée dans un nuage de fumée, un grand drapeau russe flottant au vent.

Des manifestations pro-russes ont également eu lieu dans la région de Lougansk, voisine de Donetsk et où des bâtiments publics sont également occupés. Les séparatistes y ont nommé un «gouverneur populaire» pour remplacer celui nommé par Kiev et ont promis de créer leur propre armée, a rapporté l'agence de presse Interfax Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont lancé la semaine dernière une opération dite «antiterroriste» pour reprendre la main dans la région, mais l'envoi de chars et d'avions de chasse a tourné à la déroute.

ats/afp

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