Un journaliste se fait lyncher sur Twitter

FranceUn ancien otage français de l'État islamique a été menacé de mort sur le réseau social après avoir dénoncé un appel au meurtre.

Nicolas Hénin avait été libéré en 2014.

Nicolas Hénin avait été libéré en 2014. Image: AFP

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Un ancien otage français, détenu pendant dix mois par l'EI en Syrie, a porté plainte pour harcèlement, après avoir signalé le compte Twitter du père d'une victime du Bataclan qui appelait à fusiller les djihadistes à leur retour en France, a annoncé son avocat.

L'ex-reporter Nicolas Hénin, qui a adressé lundi au Parquet de Paris une plainte contre X pour menaces, menaces de mort et harcèlement moral en ligne, est la cible d'un «déferlement» de menaces et d'insultes, selon son conseil.

«J'appelle à ce que vous vous fassiez égorger», «c'est lui qui mérite l'exécution», «on aurait dû te laisser crever chez Daech» sont quelques-uns des 18'000 tweets reçus en une semaine par le journaliste, désormais spécialisé dans le conseil sur la lutte contre le terrorisme et la radicalisation islamiste.

Ces menaces sont apparues après qu'il a signalé, le 30 janvier, à Twitter et à la plateforme Pharos (chargée de la lutte contre les contenus illicites sur internet) des tweets publiés ce jour-là par Patrick Jardin, père d'une victime des attentats du 13 novembre à Paris (130 morts au total), assassinée dans la salle de concert du Bataclan.

Évoquant le possible retour de plusieurs dizaines de djihadistes français détenus par les Kurdes dans le nord de la Syrie, l'homme réclamait qu'ils soient «fusillés» ainsi que leurs enfants.

Vague de fureur

Twitter a fini par bloquer son compte, déclenchant une vague de fureur sur le réseau et le soutien notamment de plusieurs figures du Rassemblement national (ex-Front national).

Joint par l'AFP, Nicolas Hénin, père de deux enfants restés aux mains du groupe État islamique en 2013-2014, a indiqué que c'est «l'extrême virulence», «la dimension hors-norme de cette vague d'une abjection sans nom» qui l'a incité à porter plainte.

Pour son avocat, Me Eric Morain, ce sont les agissements d'une «communauté plus ou moins informelle et manipulée qui décide de fondre sur une victime». «Certains ne sont pas sous pseudonymat et devront répondre de cette excitation de la meute», a-t-il conclu.

Pour des menaces de mort en ligne, un phénomène en expansion, trois hommes avaient été condamnés en juillet 2018 à six mois de prison avec sursis pour le cyberharcèlement d'une journaliste de radio française, Nadia Daam.

Créé: 05.02.2019, 09h38

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