Les juges antiterroristes s'emparent de l'enquête

Attentat à la préfectureLes investigations, qui seront désormais menées par les juges antiterroristes, cherchent à éclaircir les raisons du drame à la préfecture de Paris.

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Des juges antiterroristes ont été chargés lundi de poursuivre l'enquête sur l'attaque perpétrée au début d'octobre à la préfecture de police de Paris, au cours de laquelle un employé de l'institution a tué quatre de ses collègues, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Les investigations, menées jusqu'alors sous la direction du Parquet de Paris, puis du Parquet national antiterroriste, cherchent à éclaircir les motivations de cette attaque.

Elles n'ont pas permis d'établir à ce jour si son auteur, Mickaël H., avait été pris d'un coup de folie solitaire sur fond d'une éventuelle radicalisation ou s'il avait bénéficié de complices ou d'inspirateurs proches de la sphère djihadiste.

Converti à l'islam

L'information judiciaire a été ouverte pour «assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste» ainsi que pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle», selon la source judiciaire.

Le 3 octobre, Mickaël H., un informaticien de 45 ans employé depuis 2003 à la préfecture de police, avait tué trois policiers et un agent administratif, mais aussi blessé un autre agent administratif, avant d'être tué.

Converti à l'islam depuis une dizaine d'années, il fréquentait des membres de la mouvance salafiste. Aucun lien avec une organisation terroriste n'est toutefois apparu.

L'attaque, qui répond à un mot d'ordre récurrent du groupe État islamique (EI) consistant à s'attaquer aux forces de l'ordre et aux représentants de l'État, n'a pas été revendiquée. L'EI l'a toutefois mentionnée dans une de ses lettres hebdomadaires de propagande.

Pour l'heure, six personnes appartenant à l'entourage du tueur ont été placées en garde à vue, dont sa femme, puis relâchées sans faire l'objet de poursuites.

«Allah Akbar»

Dans le téléphone de l'épouse, les policiers ont retrouvé 33 SMS échangés avec le tueur le matin du drame, avec des propos à connotation religieuse.

Cette femme de 38 ans, souffrant comme son mari de surdité, a assuré aux enquêteurs n'avoir jamais eu connaissance du projet de son époux. Elle a décrit la crise qui l'a agité la nuit précédant l'attaque. Des voisins l'ont aussi entendu crier à plusieurs reprises «Allah Akbar» cette nuit-là.

Des perquisitions ont également eu lieu dans plusieurs communes du département francilien du Val-d'Oise, notamment à Gonesse, où habitait Mickaël H., qui bénéficiait d'une habilitation «secret défense».

Selon un rapport interne de son service après l'attaque, cet agent administratif, qui a acheté les couteaux utilisés lors de l'attaque le jour même, avait justifié en 2015 auprès de certains de ses collègues l'attentat de «Charlie Hebdo» sans faire l'objet d'un signalement «formel». (ats/nxp)

Créé: 23.10.2019, 10h42

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