Au balcon, Assange défie les autorités britanniques

WikiLeaksComme attendu, Julian Assange a fait dimanche une apparition spectaculaire, au balcon de l'ambassade d’Équateur à Londres. Et cela juste devant des policiers britanniques qui le guettent.

La vidéo de son allocution.


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Attendu par des centaines de badauds et de sympathisants, sous l’œil de dizaines de policiers et de journalistes, Julian Assange, 41 ans, est apparu en milieu d'après-midi sur le balcon en fer forgé blanc de l'ambassade où il a trouvé refuge il y a exactement deux mois.

Il y a prononcé un discours vibrant d'une dizaine de minutes pour remercier ses amis, notamment l’Équateur, mais surtout pour lancer un appel universel à la liberté de la presse, et notamment aux Etats-Unis. Il a enjoint le président américain Barack Obama à «faire ce qu'il doit» et les Etats-Unis à «cesser leur chasse aux sorcières» contre son réseau.

Casse-tête diplomatique

Ce balcon étant situé à un rez-de-chaussée surélevé, il s'est exprimé à quelques mètres des policiers britanniques qui gardent le bâtiment pour empêcher sa fuite. Il les narguaient en quelque sorte puisqu'ils ne pouvaient l'arrêter, le balcon de l'ambassade étant considéré comme territoire diplomatique équatorien.

Julian Assange aura déçu ceux qui attendaient sa reddition. Il a chargé son avocat, l'ancien juge espagnol Baltasar Garzon, de «mener une action en justice» pour protéger «ses droits, ceux de WikiLeaks et ceux de toutes les personnes qui font l'objet d'une enquête», a indiqué Baltasar Garzon.

Et le casse-tête diplomatique qui l'entoure reste entier après cette sortie. Les Britanniques veulent le remettre à la première occasion à la Suède. Il doit y être interrogé sur un viol et une agression sexuelle dont il est accusé par deux jeunes femmes. Il n'est pas mis en examen à ce stade dans ces affaires.

L’Équateur soutenu par l'Alba

Mais il craint, s'il se rend en Suède, d'être ensuite extradé vers les Etats-Unis. Là, il pourrait avoir à répondre d'espionnage, après la divulgation de centaines de milliers de télégrammes diplomatiques américains par WikiLeaks en 2010, voire y encourir la peine de mort, soutiennent ses partisans.

Dimanche matin, un porte-parole de WikiLeaks a appelé la Suède à «déclarer absolument sans réserves que Julian ne serait jamais extradé de Suède vers les Etats-Unis», ce qui serait, selon lui, «une bonne base» de négociations.

Mais la Suède a répondu vertement que «le suspect n'avait pas le privilège de dicter ses conditions». Stockholm a souligné cependant: «Nous n'extradons pas des personnes si elles risquent la peine de mort».

Samedi soir à Guayaquil, en Équateur, lors d'un sommet convoqué en urgence, l’Équateur a reçu un puissant soutien de ses amis de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), qui comprend notamment le Venezuela, Cuba et le Nicaragua.

«Graves conséquences» en cas d'assaut

Leurs ministres des Affaires étrangères ont averti le gouvernement britannique qu'une irruption de la police dans l'ambassade londonienne aurait «de graves conséquences dans le monde entier». William Hague a toutefois assuré cette semaine qu'il n'était pas question de donner l'assaut contre cette ambassade.

L'Organisation des Etats américains (OEA) a annoncé qu'elle convoquerait le 24 août à Washington une réunion de ses membres, à laquelle ne participeront ni les Etats-Unis, ni le Canada.

Pour sa part, à Sydney, en Australie, dont il est citoyen, la mère de Julian Assange a jugé «très réaliste» que son fils puisse finalement aller en Équateur. Elle a déclaré à la chaîne de télévision ABC 24 que «les Etats-Unis et leurs alliés étaient pratiquement seuls dans cette affaire».

nElle a suggéré que «peut-être le Royaume- Uni pourrait décider de cesser d'être le caniche des Etats-Unis».

Selon elle, son fils «est très inquiet» à l'idée de voir «les alliés des Etats-Unis enfreindre non seulement leurs propres règles diplomatiques (mais aussi) les règles internationales».

(ats/nxp)

Créé: 19.08.2012, 18h07

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