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La justice et l’opposition politique rattrapent Benyamin Netanyahou

L’annonce d’une inculpation pour corruption et l’alliance Gantz-Lapid mettent le règne du premier ministre israélien en danger.

Benyamin Netanyahou est pris entre deux feux.
Benyamin Netanyahou est pris entre deux feux.
Reuters

Depuis le début de la campagne, on dit qu’il a le destin politique d’Israël entre les mains. Sous pression, le procureur général Avichaï Mandelblit a lancé une procédure d’inculpation contre Benyamin Netanyahou pour abus de confiance, fraude et corruption. «Vous avez porté atteinte à l’image de la fonction publique et à la confiance du public en elle», a-t-il déclaré jeudi. Sa décision n’est pas finale, car la justice doit accorder à la défense une audience avant de déposer des accusations formelles. Peu importe, l’annonce a l’effet d’une bombe à seulement six semaines du vote.

«La gauche mène une chasse aux sorcières pour faire tomber la droite au pouvoir», accuse le premier ministre, se présentant comme le seul capable de diriger le pays. Trois affaires nommées 1000, 2000 et 4000 le mettent pourtant en cause. Dans la première, il est soupçonné d’avoir accepté des pots-de-vin, dont des cigares et du champagne. Dans les deux autres, il aurait manigancé pour obtenir une couverture médiatique plus favorable, notamment sur le site d’informations Walla, en échange de faveurs au groupe de télécommunications Bezeq. «Comme un château de cartes, ces accusations vont s’effondrer», martèle Netanyahou, avant de promettre de rester au pouvoir «pendant de très longues années».

L’étau se resserre

Le premier ministre est pris entre deux feux. D’un côté la justice. De l’autre l’alliance de ses deux principaux rivaux. Novice en politique mais charismatique, l’ex-chef d’état-major Benny Gantz s’est joint à Yaïr Lapid, du parti centriste Yesh Atid, pour former l’alliance Bleu et Blanc, aux couleurs du drapeau israélien. «En regardant le pays, qui est si précieux pour nous, être déchiré, nous avons mis notre ego de côté, créé un programme unique, formé un seul parti», a déclaré Benny Gantz devant ses partisans, le 21 février. La vraie campagne était lancée.

«Des généraux gauchistes soutenus par les partis arabes», avait riposté Netanyahou. Accusation en Israël capable de faire fuir les électeurs. Cette nouvelle liste, forte de deux autres anciens chefs de l’armée, Moshe Yaalon et Gaby Ashkenazi, a de quoi lui donner des sueurs froides. Car pour la première fois, le vent a tourné dans les sondages. Son parti, le Likoud, est désormais deuxième au parlement, avec environ 30 sièges, derrière Gantz et ses hommes, qui en récoltent 36.

Une défaite pour Netanyahou après une décennie au pouvoir? «C’est maintenant possible», analyse Gideon Rahat, politologue à l’Institut israélien de la démocratie. «Même sans programme, Bleu et Blanc possède une grande crédibilité au plan militaire. C’est attirant pour les Israéliens. Pour obtenir un mandat fort, Gantz et Lapid doivent convaincre les électeurs de droite modérés, lassés de Netanyahou», explique-t-il.

Une même équipe

Il est encore trop tôt pour prédire la fin de Netanyahou. «Les sondages sont très volatils en Israël. À mon avis, la probabilité qu’il décroche un cinquième mandat dépasse les 70%. Toutefois, la composition de son futur gouvernement sera très différente», prévoit Camil Fuchs, sondeur depuis un quart de siècle. Pour gouverner, le vainqueur devra former une coalition d’au moins 61 membres de la Knesset sur 120.

Netanyahou courtise les petits partis à l’extrême droite. Mais il pourrait être tenté de faire équipe avec Bleu et Blanc en cas de victoire. «Le plan de paix des Américains doit être présenté après le jour du scrutin mais avant la formation du gouvernement. Ce calendrier aura une forte influence sur le choix de ses alliés, s’il est réélu. Avec un gouvernement trop à droite, le plan risquerait d’être rejeté d’emblée», ajoute le sondeur Fuchs.

Si le duo Gantz-Lapid bat Netanyahou le 9 avril, les centristes tendront la main au Likoud. «Nous contacterons le Likoud post-Netanyahou pour former un gouvernement d’unité nationale», a affirmé Yaïr Lapid, convaincu que, de toute façon, «Netanyahou ne restera pas s’il perd».

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