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Kaboul libère 100 prisonniers talibans

Cette annonce du gouvernement afghan intervient au lendemain de la suspension des discussions avec les insurgés à propos d'échange de détenus.

Quinze commandants de haut rang réclamés par les rebelles «ne font pas partie» des prisonniers élargis.
Quinze commandants de haut rang réclamés par les rebelles «ne font pas partie» des prisonniers élargis.
Archive, Keystone

Le gouvernement afghan a annoncé mercredi la libération de 100 prisonniers talibans. La veille, les insurgés avaient décrété une suspension des discussions qualifiées de «stériles» avec Kaboul, pourtant les premières depuis 18 ans, sur un échange de détenus.

«Cent prisonniers talibans seront relâchés aujourd'hui», a déclaré à l'AFP Javid Faisal, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), un organe gouvernemental. «Nous remplissons notre partie de l'accord. (...) Le processus de paix doit aller de l'avant», a-t-il poursuivi.

Quinze commandants de haut rang réclamés par les rebelles «ne font pas partie» des prisonniers élargis, mais d'autres détenus pourront l'être «selon ce que font les talibans», a-t-il ajouté.

Discussions suspendues

Les talibans n'étaient pas disponibles immédiatement mercredi pour réagir à cette annonce. Dans la nuit de lundi à mardi, ils avaient annoncé suspendre les discussions entamées fin mars avec le gouvernement afghan.

«Nous avons envoyé une équipe technique à la Commission des prisonniers de Kaboul pour identifier nos détenus. (...) Mais malheureusement leur libération a été différée pour une raison ou pour une autre jusqu'à maintenant», avait tweeté un de leurs porte-paroles. «Du coup, notre équipe technique ne participera plus à des réunions stériles» à partir de mardi, avait-il poursuivi.

Une source gouvernementale afghane, sous couvert d'anonymat, a toutefois contredit cette annonce mercredi. «La délégation talibane est encore à Kaboul, et elle est en contact avec le gouvernement», a-t-elle indiqué.

Echange de prisonniers

Ces rencontres étaient les premières à Kaboul depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir en 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis. Les insurgés avaient toujours refusé de reconnaître à titre officiel le gouvernement afghan, qualifié de «marionnette» de Washington.

Elles avaient trait à l'échange de 5000 prisonniers talibans contre un millier de membres des forces afghanes, l'un des points-clés de l'accord signé le 29 février à Doha entre les Etats-Unis et les rebelles, et non ratifié par Kaboul.

Dans ce texte, Washington a promis un retrait des forces étrangères d'Afghanistan sous quatorze mois, à condition que les talibans respectent des engagements sécuritaires et entament des négociations «interafghanes» sur le futur du pays.

«Les assassins de notre peuple»

Lundi, Matin Bek, un membre de l'équipe de négociation gouvernementale, avait déclaré que l'échange de prisonniers était retardé parce que les talibans exigeaient la libération de quinze de leurs «commandants de haut rang».

«Nous ne pouvons pas libérer les assassins de notre peuple», a-t-il justifié devant la presse. «Nous ne voulons pas qu'ils retournent sur le champ de bataille.»

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a fait état mardi de «quelques progrès» dans ces discussions lors d'une conférence de presse à Washington. «J'espère que toutes les parties sont sincères dans leur volonté de faire ce qui est bien pour les Afghans», a-t-il poursuivi.

(ats)

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