Le kamikaze a envoyé un selfie macabre en Syrie

TerrorismeLe suspect a avoué l’attaque et s’était photographié avec la tête suppliciée avant de tenter de faire exploser l'usine. Les zones d’ombre sont encore nombreuses

La police a perquisitionné le domicile de Yassin Salhi à Saint-Priest. Le suspect présumé a ensuite été transféré au siège de la police antiterroriste à Paris.

La police a perquisitionné le domicile de Yassin Salhi à Saint-Priest. Le suspect présumé a ensuite été transféré au siège de la police antiterroriste à Paris.

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Yassin Salhi a commencé à parler dimanche. Après deux jours de mutisme, le suspect de l’attentat perpétré vendredi dernier contre l’usine de production de gaz industriels, à Saint-Quentin-Fallavier dans l’Isère, non loin de Lyon, a avoué avoir tué et décapité son patron. Il a par ailleurs envoyé par SMS une photo de lui et de la tête de la victime vers la Syrie avant de tenter de faire exploser l’usine. Il a été transféré dimanche après-midi au siège de la police antiterroriste à Paris. Sa femme et sa sœur ont été relâchées. Aucune charge n'a été retenue contre les deux femmes.

L’enquête s’annonce difficile pour comprendre ce qui a motivé le passage à l’acte de Yassin Salhi (35 ans) dans un contexte de grande menace djihadiste que le premier ministre Manuel Valls n’a pas hésité à qualifier de «guerre de civilisation».

Un ordinateur a été saisi

Du côté de l’enquête, il est établi que les deux hommes auraient une altercation deux jours avant les faits. Yassin Salhi aurait fait tomber une palette avec du matériel et le ton serait monté entre le patron et l’employé. Pour le moment, aucun lien n’est officiellement établi entre le suspect et le groupe Etat islamique (Daech). Par contre, le meurtrier a mis en scène la tête de sa victime en l’accrochant au grillage d’enceinte de l’usine et l’entourant de drapeaux avec des professions de foi islamique.

Originaire du Doubs, Yassin Salhi a été fiché par les services de renseignement pour radicalisation entre 2006 et 2008, puis à nouveau entre 2011 et 2014. Il avait eu des contacts avec des mouvances salafistes. Mais il est chaque fois ressorti des radars de la surveillance française. Les zones d’ombre autour de ce curieux kamikaze restent nombreuses. La piste du selfie macabre envoyé vers la Syrie, via un numéro domicilié au Canada, aurait permis de le relier à l’un des quelque 500 djihadistes français qui se trouvent aujourd’hui dans les zones de combat en Syrie et en Irak.

Au domicile de Yassin Salhi, à Saint-Priest, un ordinateur et une carte mémoire ont été saisis qui permettront peut-être de remonter d’autres pistes. Elles devraient apporter des éléments de réponse sur la trajectoire de cet homme qui apparaît, dans toutes les témoignages, comme un père de famille travailleur. Le casier judiciaire de ce salafiste présumé est ainsi vierge.

«Guerre de civilisation»

Ce qui est certain en revanche, c’est que la peur est omniprésente en France. Selon un sondage publié par le Journal du Dimanche, 85% des personnes interrogées estiment la menace terroriste comme très élevée. Le premier ministre Manuel Valls a évoqué la situation dans des termes très graves et n’a pas manqué de faire réagir. «Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond une guerre de civilisation. C’est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons», a-t-il estimé. C’est la première fois que le terme «Guerre de civilisation» est prononcé à gauche. Les élus socialistes s’étaient offusqués lorsque Nicolas Sarkozy l’avait utilité en janvier dernier.

Le chef du gouvernement a par ailleurs jugé que la France vit «sous une menace terroriste majeure» qu’il faudra «combattre dans la durée!» Mais Manuel Valls assure que les moyens de renseignement et de sécurité mis en œuvre pour prévenir les attaques djihadistes sont à la hauteur de cette menace. «Deux lois antiterroristes ont été mises en place depuis 2012», a rappelé le premier ministre.

Créé: 28.06.2015, 19h06

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