Qui sont les kamikazes qui ont attaqué Paris?

Attentats de ParisCinq terroristes ont été identifiés parmi les sept assaillants morts vendredi. Un Belge est soupçonné d’être le commanditaire du carnage

Le Belge soupçonné d'être le commanditaire des attaques.

Le Belge soupçonné d'être le commanditaire des attaques. Image: AFP

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Deux jours après les attentats les plus meurtriers jamais commis en France, l’enquête a permis d’identifier cinq des sept kamikazes qui se sont fait exploser à Paris vendredi soir. Parmi eux, quatre Français et un (probable) Syrien. Un Belge de 28 ans, parti faire le djihad en Syrie, est soupçonné d’être le commanditaire des attaques.

Le petit délinquant radicalisé

Ismaël Omar Mostefaï, 29 ans, a actionné sa ceinture d’explosifs à 00 h 20, après avoir tiré sur la foule au Bataclan. Ce Français a été identifié quelques heures après les attentats grâce à un doigt retrouvé dans les décombres de la salle de spectacle. Natif de Courcouronnes, dans l’Essonne, ce jeune père de famille vivait à Chartres, à 90 kilomètres au nord de Paris, ville où le futur kamikaze s’est radicalisé, selon le maire Jean-Pierre Gorges.

Repéré par la police en 2004, il donne du fil à retordre à la justice. Vols, conduites sans permis, outrage, violences, les condamnations pour délinquance pleuvent, mais il échappe toujours à la détention. En 2010, il est dans le viseur des services de renseignements qui émettent une fiche S (S pour sûreté de l’Etat), en raison de sa radicalisation. A l’automne 2013, l’homme se rend en Turquie, puis passe en Syrie, où il séjourne jusqu’au printemps 2014. Il réapparaît à Chartres un mois plus tard, où il est aperçu en compagnie d’un groupe de salafistes par les renseignements. Sa fiche S a été renouvelée il y a tout juste un mois.

Connu des forces antiterroristes

Samy Aminour, 28 ans, a été tué lors de l’assaut des forces de l'ordre dans la mythique salle de spectacle parisienne. Ce Français de 28 ans, né à Paris et originaire de Drancy, a été identifié lundi matin.

Jusqu’en 2012, Samy Aminour ne fait pas parler de lui. Agent à la RATP (les transports parisiens), il travaille ensuite comme chauffeur de bus durant quinze mois, avant de démissionner. Il sort de l’ombre le 19 octobre 2012, date à laquelle il est mis en examen par les services antiterroristes pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Il est aussitôt placé sous contrôle judiciaire pour un «projet de départ avorté vers le Yémen», précise le Parquet de Paris. A l’automne 2013, le jeune homme ne se présente pas au commissariat. Et pour cause. Selon sa famille, Samy Aminour est parti rejoindre les rangs de Daech en Syrie en octobre 2013. Un mandat d’arrêt international est délivré à son encontre pour violation du contrôle judiciaire. On l’a encore signalé en Syrie à l’été 2014 où il s’est marié. Il est visiblement revenu en France pour perpétrer le massacre.

Le plus jeune des djihadistes

Bilal Hadfi, 20 ans, a actionné sa charge explosive aux abords du Stade de France. Né dans l’Hexagone, il résidait à Neder-Over-Heembeek, un quartier nord de Bruxelles. Ce jeune homme, dont on ne sait pas grand-chose pour l’instant, n’était pas connu des services français mais figurait en revanche dans le fichier des autorités belges. Selon le quotidien flamand Het Laatste Nieuws, ce passionné de foot s’est radicalisé au printemps 2014. Il se serait battu en Syrie dans les rangs du groupe Etat islamique avant de rejoindre la France, comme Ismaël Omar Mostefaï. Toujours selon la presse belge, ce jeune homme était «ami» sur Facebook avec le terroriste Abou Isleym, un bourreau de Daech d’origine belge qui avait fait parler de lui en posant tout sourire sur Twitter avec un corps décapité. Bilal Hadfi avait également appelé ses contacts à mener des attaques sur «les terres des infidèles».

Le loueur de voiture

Brahim Abdeslam, 31 ans, frère aîné de Salah Abdeslam, toujours en fuite, s’est fait exploser à 21 h 43 au Comptoir Voltaire, un restaurant du XIe arrondissement de Paris. Ce Français résidant à Molenbeek, dans la banlieue bruxelloise, où il tenait un café depuis deux ans, était connu des renseignements belges, mais l’information n’avait pas été communiquée à la police française. Brahim était notamment connu pour son passé de pyromane. A l’âge de 14 ans, il aurait bouté le feu à la maison familiale. Des faits qu’il aurait reconnus, rapporte la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF). Son nom apparaît ensuite dans plusieurs dossiers criminels de droit commun, pour des faits commis à Bruxelles en 2010 et 2011. Il a également séjourné en Syrie, selon La Libre Belgique.

C’est cet homme qui aurait loué la fameuse Seat noire ayant servi aux attaques parisiennes retrouvée à Montreuil, avec à son bord trois kalachnikovs et des chargeurs vides.

Le faux réfugié syrien

Celui que l’on nomme Ahmad Al Mohammad, 25 ans, en raison d’un passeport syrien retrouvé à proximité de l’explosion, a déclenché son dispositif mortel devant le Stade de France. Selon le procureur de la République, il pourrait en être le propriétaire, dans la mesure où il existe une «concordance entre ses empreintes papillaires et celles relevées lors d’un contrôle en Grèce effectué en octobre 2015». En revanche, il peut tout à fait avoir volé ce document ou avoir acheté un faux passeport. En effet, la police serbe a arrêté samedi un migrant en possession d’un passeport syrien portant le même nom que celui découvert à Paris. Les données sont les mêmes, mais la photo différente, révèle le magazine serbe Blic. Il est donc tout à fait probable que les deux hommes aient acheté, séparément, des faux passeports syriens, chez le même faussaire en Turquie, conclut le magazine. Quoi qu’il en soit, il est avéré que ce kamikaze du Stade de France est arrivé en Europe récemment.

Les autorités grecques ont fait savoir que ce passeport avait été enregistré le 3 octobre sur l’île de Leros, située à 35 kilomètres des côtes turques, parmi un groupe de 70 migrants, principalement des Syriens. L’homme serait ensuite passé par la Macédoine et la Serbie, où il a fait une demande d’asile, avant de rejoindre la Croatie, puis la Hongrie. A ce stade de l’enquête, difficile de savoir si ce terroriste s’est réellement mêlé aux réfugiés pour arriver en France ou si Daech lui a fourni ce document pour tenter de diviser l’Union européenne sur l’accueil des migrants.

Le fugitif

Salah Abdeslam, 26 ans, le cadet de Brahim Abdeslam, est soupçonné d’être le huitième terroriste. Ce Français résidant à Molenbeek est activement recherché par toutes les polices européennes. On sait que c’est lui qui a loué la Polo noire repérée au Bataclan, mais on ignore le rôle qu’il a joué dans les attaques.

Salah Abdeslam a été contrôlé samedi matin dans une Golf noire par la police française à Cambrai, dans le cadre des contrôles renforcés aux frontières, mais il n’a pas été interpellé, pas plus que les deux autres passagers de sa voiture. En effet, les enquêteurs n’étaient pas encore sur sa trace.

Cet ancien employé des transports en commun bruxellois est également connu de la justice belge pour vols et trafic de stupéfiants. Et, comme son frère, il a séjourné en Syrie.

Reste maintenant à identifier les deux derniers assaillants, le troisième kamikaze du Bataclan et celui du Stade de France et à éclaircir le mystère du passeport syrien retrouvé au Stade de France.

Créé: 16.11.2015, 20h56

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