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UkraineKiev propose des élections aux séparatistes

Les régions séparatistes prorusses de Donetsk et Lougansk pourraient voter pour leur autonomie début décembre.

Le vote pourrait se tenir début décembre
Le vote pourrait se tenir début décembre
Archives, Keystone

Le parlement ukrainien a adopté mardi 16 septembre une loi garantissant une plus grande autonomie des régions prorusses de l'Est et prévoyant l'organisation d'élections le 7 décembre, au moment où Kiev doit ratifier l'accord d'association avec l'Union européenne, dénoncé par Moscou. Sur le terrain, de nouveaux bombardements à Donetsk, fief insurgé, ont fait quatre morts, fragilisant davantage une trêve scellée le 5 septembre entre Kiev et les rebelles prorusses pour mettre fin à cinq mois de conflit qui a fait plus de 2.700 morts.

La loi sur un «statut spécial» des régions de Donetsk et Lougansk, rejeté par les rebelles qui réclament leur indépendance, et sur l'organisation d'élections locales figurent dans le protocole de cessez-le-feu du 5 septembre signé à Minsk.

Le texte a été adopté par 277 députés.

Gouvernement autonome

Kiev prévoit la mise en place d'un gouvernement autonome provisoire de trois ans à partir de l'adoption du texte et des élections le 7 décembre au niveau «des districts, des conseils municipaux, des conseils de villages» dans les régions de Donetsk et Lougansk.

Ces annonces interviennent à quelques jours d'une nouvelle rencontre des signataires de l'accord dans la capitale bélarusse pour faire avancer le processus de paix.

Selon la présidence ukrainienne, ces propositions ouvrent la voie à une décentralisation tout en garantissant «la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance» de cette ancienne république soviétique, faisant écho aux accusations de Kiev d'une volonté russe de créer dans l'est un Etat croupion.

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a même accusé ce week-end la Russie de vouloir «s'emparer» de l'Ukraine.

Accord avec l'UE

Parallèlement, le parlement ukrainien doit ratifier à 13H (10H GMT) l'accord historique d'association avec l'Union européenne, qui concrétise l'éloignement de Kiev du giron russe au grand dam de Moscou.

Le Parlement européen à Strasbourg (France) doit ratifier simultanément cet accord, qui comprend des volets politique et économique. Cette ratification reste toutefois essentiellement symbolique: après une réunion tripartite incluant la Russie, l'Union européenne a annoncé que l'accord de libre-échange avec l'Ukraine était repoussé à fin 2015 pour permettre de nouvelles discussions avec Moscou, opposé au projet.

Ce report a déchaîné les passions en Ukraine, certaines critiques allant jusqu'à évoquer une trahison du président Petro Porochenko.

Pour de nombreuses personnalités en Ukraine, cette concession au Kremlin rappelle les événements de fin 2014, quand, aussi sous la pression de Moscou, le président de l'époque Viktor Ianoukovitch avait refusé à la dernière minute de signer ce même accord d'association, déclenchant les manifestations qui ont fini par le balayer du pouvoir.

Loi d'amnistie

A Kiev, les députés ont par ailleurs adopté une loi d'amnistie pour les «participants aux événements de Donetsk et Lougansk». Cette désignation floue englobe a priori les rebelles comme les soldats ukrainiens.

Le projet de loi exempte de poursuites pénales et administratives les combattants, sauf ceux qui se sont rendus notamment coupables de «meurtres, viols et terrorisme». Sont également exclus de cette amnistie les responsables de la destruction en vol du Boeing de Malaysia Airlines en juillet, ayant fait 298 morts.

Alors que Petro Porochenko se félicitait la semaine dernière d'une nette désescalade sur le terrain, les tirs d'artillerie se poursuivent depuis plusieurs jours à Donetsk, y compris dans la nuit de lundi à mardi, selon l'AFP.

Tirs à Donetsk

La municipalité de cette ville a annoncé mardi que trois personnes ont été tuées lundi et cinq autres blessées à Donetsk. Une quatrième personne a été tuée lundi à Makiïvka, non loin de ce fief rebelle. Il n'était pas dans l'immédiat possible de déterminer l'origine des tirs ayant causé la mort des civils.

Selon un porte-parole militaire, les rebelles visent les positions des forces ukrainiennes aux abords de l'aéroport, sous contrôle ukrainien, sans parvenir à provoquer leur retraite.

Les bombardements à Donetsk, qui a connu d'intenses combats depuis le début du conflit en avril, ont tué dimanche six personnes parmi la population, le plus lourd bilan depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Kiev a accusé dimanche les rebelles de menacer le processus de paix en intensifiant leur tirs. Lundi, le «Premier ministre» de la République populaire (unilatéralement proclamée) de Donetsk a, pour sa part, accusé l'armée ukrainienne de «violations du cessez-le-feu» et de «provocations».

L'un des dirigeants séparatistes signataires du cessez-le-feu, Alexandre Zakhartchenko, a douté lundi de l'utilité de la poursuite de négociations de paix avec Kiev. «A quoi ça sert de se réunir de nouveau cette semaine et de quoi allons-nous discuter ? Il faut d'abord respecter la trêve», a-t-il dit, cité par l'agence de presse russe Interfax.

ats

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