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Crise en UkraineKiev et les rebelles d'accord pour consolider le cessez-le-feu

Un mémorandum en neuf points a été signé tôt samedi matin à Minsk. Cet accord a été conclu deux semaines après un premier protocole de cessez-le-feu.

L'armée ukrainienne et les rebelles prorusses veulent consolider le cessez-le-feu en vigueur. Ils se sont donné 24 heures ce samedi 20 septembre pour mettre en place une zone démilitarisée le long de la ligne de front. Sur le terrain, un troisième convoi d'aide russe est arrivé dans l'est de l'Ukraine.

Un mémorandum en neuf points a été signé tôt samedi matin à Minsk, la capitale bélarusse. Cet accord a été conclu deux semaines après un premier protocole de cessez-le-feu, et après sept heures de pourparlers.

Des émissaires de Moscou, de Kiev et de la rébellion séparatiste ont participé aux discussions, sous l'oeil de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Samedi après-midi, ni Kiev ni les rebelles n'avaient fait état d'un début de mise en oeuvre des dispositions du mémorandum.

Zone démilitarisée

Le texte prévoit un cessez-le-feu complet, la création d'une zone démilitarisée et le recul dans les 24 heures pour chaque belligérant de son artillerie lourde (pièces supérieures à un calibre de 100 mm) à 15 kilomètres de la «ligne de contact».

«Ce sera l'occasion de créer une zone de cessez-le-feu d'au moins 30 kilomètres de large», a résumé l'émissaire pour Kiev, l'ancien président Léonid Koutchma.

Geler le rapport de forces

L'idée est donc de geler le rapport de forces actuel et d'établir cette zone tampon à partir de la ligne de front. La zone contrôlée par les rebelles s'étend sur 230 kilomètres, de Lougansk au nord à la mer d'Azov au sud, et sur 160 kilomètres dans sa plus grande largeur entre Donetsk à l'ouest et la frontière russe à l'est.

Le mémorandum n'a pas statué sur l'épineux problème de l'aéroport de Donetsk, actuellement sous contrôle de l'armée ukrainienne mais encerclé par les rebelles. Et l'on voit mal comment les militaires ukrainiens l'abandonneraient. L'accord n'évoque pas non plus la question sensible du statut des régions de Donetsk et de Lougansk.

Surveillance de l'OSCE

L'OSCE, qui compte pour l'heure 250 observateurs en Ukraine, doit doubler ce chiffre d'ici à la fin de l'année. Elle aura la difficile mission, compte tenu de la modestie de ses moyens et de la taille du territoire, de surveiller le respect de ce cessez-le feu, y compris avec des drones.

Le président en exercice de l'OSCE, le conseiller fédéral Didier Burkhalter, s'est félicité samedi de cet accord. Il a appelé ses 57 Etats membres à soutenir davantage la mission en Ukraine à la fois financièrement et en lui confiant davantage d'observateurs. Il a appelé toutes les parties à contribuer à la consolidation de la voie de la désescalade des violences.

Funérailles en secret

Selon les termes du mémorandum, «tous les groupes armés étrangers, l'équipement militaire, les combattants et les mercenaires» doivent se retirer d'Ukraine. Il s'agit d'une référence aux soldats russes qui, selon Kiev et les Occidentaux, prennent part au combat.

Moscou dément toute présence militaire dans les régions séparatistes. Cependant, plusieurs médias indépendants russes ont fait état de funérailles tenues en secret de parachutistes dans le nord de la Russie. Ils citent des proches selon lesquels ils ont été tués en Ukraine.

Convoi d'aide russe

Sur le terrain, la trêve a permis une baisse des violences. Toutefois, les violations régulières par les deux parties du cessez-le-feu ont conduit à la mort d'au moins 35 personnes, civils et militaires, selon un comptage tenu par l'AFP à partir des chiffres des autorités locales et de l'armée.

Samedi matin, une usine d'armement contrôlée par les rebelles prorusses près du fief séparatiste de Donetsk, a explosé après un tir d'artillerie. Il n'y a pas eu de blessé.

En milieu de journée, un troisième convoi d'aide russe est arrivé à Donetsk, a annoncé un porte-parole russe. Il a fait la route sans escorte. Le convoi transporte de l'eau et de la nourriture.

Pays baltes inquiets

Depuis cinq mois, le conflit dans l'est de l'Ukraine a fait près de 2900 morts. Il a poussé plus de 600'000 civils à fuir leur maison.

Parallèlement, de hauts responsables militaires de l'OTAN sont réunis depuis vendredi soir à Vilnius pour discuter du renforcement de la sécurité des pays baltes, inquiets de la politique de Moscou.

ats

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