Kushner propose aux Palestiniens «l'occasion du siècle»

Conflit israélo-palestinienAu Bahreïn, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a présenté le volet économique de son plan pour le Proche-Orient.

Jared Kushner, le 12 juin dernier, à Washington.

Jared Kushner, le 12 juin dernier, à Washington. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Jared Kushner, conseiller du président Donald Trump, a exhorté mardi les Palestiniens à saisir «l'occasion du siècle», à l'ouverture à Bahreïn d'une conférence sur le volet économique d'un plan américain de règlement au Proche-Orient, un préalable selon lui à un accord de paix.

Les Palestiniens boycottent la conférence de Manama. Ils jugent la démarche inopportune sans une solution des questions politiques, pourtant au coeur du conflit au Proche-Orient. La politique suivra, estime l'administration Trump. Pour l'instant, son plan se concentre sur des propositions économiques, présentées pendant deux jours «d'atelier» dans un palace de Bahreïn.

Intitulé «De la paix à la prospérité», le volet économique du plan fait miroiter 50 milliards de dollars d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. «Accepter une voie de développement économique est une condition préalable pour parvenir à régler ce problème politique auparavant insoluble», a affirmé dans son discours d'ouverture Jared Kushner, également gendre du président Trump.

Bien que les questions politiques ne doivent pas être abordées au cours des deux jours de travaux à Manama, il a reconnu qu'elles devraient être traitées ultérieurement. «Il faut être clair», a-t-il déclaré. «La croissance économique et la prospérité pour le peuple palestinien ne pourront être atteints sans une solution politique juste et durable, qui garantisse la sécurité d'Israël et respecte la dignité du peuple palestinien».

Rejet a priori

«Mon message direct au peuple palestinien est que (...) le président Trump et l'Amérique ne vous ont pas abandonnés», a-t-il encore dit. Ce plan de développement économique pourrait être «l'occasion du siècle, si la direction (palestinienne) a le courage de la saisir», a insisté Jared Kushner.

Un avis que n'a pas partagé le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat. «L'administration Trump a non seulement abandonné la Palestine, mais aussi la paix, la justice et les principes de base d'humanité», a-t-il tweeté.

Prenant la parole immédiatement après Jared Kushner, le magnat de l'immobilier de Dubaï Mohamed Alabbar a soutenu que le développement économique des territoires palestiniens pourrait se faire rapidement. Avec un «bon environnement dans lequel agir, il n'y a pas de limite à ce qui peut être fait», a-t-il affirmé. «La question palestinienne est quelque chose qui me tient à coeur», a affirmé Mohamed Alabbar, qui possède notamment la tour Burj Khalifa de Dubaï, le plus haut gratte-ciel du monde.

Manifestations en Cisjordanie

Selon Washington, le plan pourrait permettre, grâce à de grands travaux et le développement du tourisme, la création d'un million d'emplois pour des Palestiniens englués dans une crise économique. Mais les Palestiniens ont dès le départ rejeté cette initiative, estimant qu'il s'agissait, de la part d'un Trump ouvertement pro-israélien, de tenter de les acheter.

Des milliers de Palestiniens ont manifesté mardi en Cisjordanie occupée contre la conférence de Bahreïn. Dans la bande de Gaza, la plupart des magasins et restaurants étaient en grève. Les Etats-Unis se félicitent de la tenue de cette conférence, qui réunit ses alliés du Golfe et Israël, unis dans leur hostilité envers l'Iran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a aussi critiqué le boycott palestinien, a évoqué au cours des derniers mois la possibilité d'annexer une partie des territoires occupés, ce qui mettrait fin aux espoirs des Palestiniens de parvenir à fonder leur propre Etat. L'administration américaine a laissé entendre qu'elle pourrait accepter cette annexion et que le volet politique de son plan pourrait ne pas faire référence à un Etat palestinien, contrairement à la position américaine depuis des décennies.

Un succès ?

Le président Trump a déjà reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël et Jared Kushner est un ami de la famille Netanyahu. L'Arabie saoudite, qui a envoyé à Manama son ministre des Finances, a dit soutenir «tous les efforts internationaux destinés à parvenir à la prospérité dans la région». Mais elle s'est également prononcée en faveur d'une paix «totale et juste» et réitéré son soutien à l'établissement d'un Etat palestinien.

La Jordanie et l'Egypte, les deux seules nations arabes ayant signé un accord de paix avec Israël, ont envoyé à Manama des fonctionnaires, de même que le Maroc. En l'absence des principaux intéressés, la conférence ne devrait pas parvenir à des résultats tangibles, estiment les experts.

Selon Richard LeBaron, ancien diplomate américain au Moyen-Orient, l'absence des dirigeants palestiniens va permettre à Jared Kushner de les décrire comme des personnes faisant fi du bien-être économique de leur peuple. «L'échec de l'atelier de Manama sera en fait un succès pour la stratégie de Trump», juge Richard LeBaron, du groupe de réflexion Atlantic Council. «Cela permettra à Kushner et son équipe de prétendre qu'ils ont tout fait pour parvenir à une solution et de reprocher à d'autres leur manque de coopération». (afp/nxp)

Créé: 26.06.2019, 02h29

Galerie photo

Proche Orient: un siècle de conflit entre Israël et Palestine

Proche Orient: un siècle de conflit entre Israël et Palestine Le conflit israélo-palestinien a pris naissance à la fin du XIXe siècle. De la déclaration Balfour promettant la création d'un Foyer national juif à la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Articles en relation

Le gendre de Trump vante son plan de paix

Conflit israélo-palestinien Le gendre de Donald Trump Jared Kushner se rend à Rabat et Amman pour vanter son plan de paix israélo-palestinien. Plus...

Le plan de paix américain n'évoquera pas «deux Etats»

Proche-Orient C'est ce qu'a laissé entendre Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, chargé du plan de paix israélo-palestinien. Plus...

Kushner a utilisé un serveur de courriel privé

Maison-Blanche Le conseiller et gendre de Trump a utilisé un serveur privé en plus de son compte officiel, une pratique qui a discrédité Hillary Clinton. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.