Las, les Guatémaltèques verraient bien un comique à la tête du pays

ElectionJimmy Morales coiffe ses rivaux au premier tour de l’élection présidentielle. Un vote d’exaspération face aux affaires de corruption.

Photo d'illustration de Jimmy Morales.

Photo d'illustration de Jimmy Morales. Image: Marvin Recinos

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Sacrée semaine pour les Guatémaltèques! Après l’arrestation jeudi du désormais ex-président Otto Pérez Molina, soupçonné d’avoir touché 3,6 millions de francs de pots-de-vin dans un système de fraude à la taxation sur les importations, ils ont manifesté, dimanche, leur dépit dans les urnes.

Sans expérience politique, l’acteur comique Jimmy Morales, 46 ans, est en effet arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, avec près de 24% des suffrages, selon 97% des bulletins dépouillés lundi soir. Le candidat atypique de droite devançait l’ex-première dame Sandra Torres, 59 ans, soutenue par l’Union nationale de l’espoir (UNE, social-démocrate) et l’homme d’affaires millionnaire Manuel Baldizón, 45 ans, porté par le parti Liberté démocratique (Lider, droite). Tous deux étaient au coude à coude à un peu plus de 19% des voix.

Rien ne dit que le comique, qui est aussi théologien, économiste et père de quatre enfants, remportera la présidence le 25 octobre. Mais son score fait sensation dans un contexte d’exaspération de la population, lassée par un système politique dans lequel elle n’a plus confiance, tandis que le pays s’enfonce dans les difficultés économiques. Plus de 50% de la population guatémaltèque vit sous le seuil de pauvreté.

Plutôt que de s’abstenir, comme le redoutait la classe politique, les électeurs ont donc porté leur choix sur Jimmy Morales, qui avait fait de la lutte contre la corruption le leitmotiv de ses shows électoraux. Au cinéma, il incarne précisément un personnage naïf qui devient président par accident. «Durant vingt ans, j’ai fait rire les gens, mais si je deviens président, je promets que je ne vais pas les faire pleurer», a répété le candidat durant sa campagne, tout en admettant qu’il n’avait pas encore de programme concret.

Jimmy Morales ne fait toutefois pas rire tout le monde. On lui reproche de s’être présenté sur la liste du FCN Nación, un parti fondé en 2008 par des militaires à la retraite. Or les organisations de défense des droits humains accusent ces militaires d’être mêlés aux exactions commises durant la guerre civile de 1960 à 1996, rappelle le journal Prensa Libre. Jimmy Morales s’en défend, écrivant sur sa page Facebook qu’il n’y a aucun militaire derrière sa candidature, et mentionnant par ailleurs que la direction du parti a été renouvelée à 99%. Le comique avait déjà tenté par le passé, en vain, de se lancer en politique, à l’échelle municipale, sur la liste du parti de droite Acción de Desarrollo Nacional, aujourd’hui disparu.

Créé: 07.09.2015, 22h44

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