Libye: le Conseil de sécurité de l'ONU divisé

DiplomatieLe Conseil de sécurité est en panne de réponse unanime sur la crise libyenne. Moscou et Washington s'opposent à un texte de Londres.

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Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni jeudi sur la Libye sans établir de stratégie claire pour réclamer rapidement un cessez-le-feu aux belligérants, alors que les Etats-Unis et la Russie continuent d'opposer de la résistance à un projet de résolution britannique, selon des diplomates.

Ces deux pays se sont opposés à la publication d'une déclaration du Conseil, ont précisé ces sources. Au début du conflit, une déclaration avait été faite et il n'y a pas grand chose à ajouter, d'autant que Londres propose une résolution depuis lundi, mais en vain, note un diplomate.

L'objectif de la réunion à huis clos était «d'avoir un point de situation sur le terrain de l'émissaire de l'ONU, Ghassan Salamé», a indiqué l'ambassadeur allemand Christoph Heusgen.

Inquiétude

Lors d'une liaison vidéo, l'émissaire a dit aux 15 membres du Conseil qu'il était «très inquiet» à la perspective d'un embrasement ce weekend, a indiqué une source diplomatique. Les combats «se rapprochent de zones résidentielles» et «il y a des témoignages sur des renforts arrivant des deux côtés», a ajouté un autre diplomate.

Ghassam Salamé a aussi réclamé que le Conseil de sécurité prenne une position forte sur les violations de l'embargo sur les armes imposé sur le théâtre libyen, selon plusieurs sources. «La situation humanitaire est de plus en plus difficile à la périphérie de Tripoli», a ajouté l'émissaire.

Certains membres du Conseil veulent toujours croire à l'adoption de la résolution britannique la semaine prochaine, d'autres en évacuent l'idée. «La résolution est toujours en discussion», a déclaré l'ambassadeur du Koweït à l'ONU, Mansour Al-Otaibi. «Nous voulons un cessez-le-feu aussitôt que possible», a renchéri son homologue sud-africain Jerry Matthews Matjila.

«Logique militaire»

La réalité est que «la logique est militaire» aujourd'hui, tranche un diplomate. «Le maréchal Khalifa Haftar est dans une logique où il veut aller jusqu'au bout. Le gouvernement GNA de Fayez al-Sarraj (basé à Tripoli et seule entité reconnue par l'ONU) estime avoir été trahi et ne veut pas d'autre solution qu'un retour des forces de Haftar sur la ligne de départ, ce qui est irréaliste à ce stade», ajoute ce diplomate. Et «les deux cherchent à se réarmer, y compris en armes lourdes», confirme-t-il.

Depuis 15 jours, l'homme fort de l'est libyen, le maréchal Haftar, mène une offensive militaire sur Tripoli. Selon des diplomates, Khalifa Haftar a notamment le soutien de l'Egypte, de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et de la Russie; Fayez al-Sarraj celui du Qatar et de la Turquie.

En dépit du danger d'escalade, Etats-Unis et Russie ont réaffirmé lors de la réunion du Conseil de sécurité, selon des diplomates, être opposés à l'adoption maintenant de la résolution britannique. Sans guère d'explications. «Nous ne sommes pas prêts», a dit le représentant de Moscou. «Nous ne voulons pas aller de l'avant maintenant», a renchéri celui des Etats-Unis.

Si l'opposition russe était attendue, celle des Américains intrigue. Sont-ils sous pression de l'Egypte, de l'Arabie et des Emirats? Ou sont-ils «en pleine négociation avec les deux camps»?, se demande un diplomate. «On n'en est pas encore à l'escalade, on est un peu dans une drôle de guerre avec des fronts stabilisés», note-t-il, en faisant part de ses craintes d'une «logique d'embrasement régional avec une internationalisation du conflit». (afp/nxp)

Créé: 19.04.2019, 00h02

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