Passer au contenu principal

Témoignage«En Libye, le mouton vaut plus que l'homme noir»

Un Camerounais a été vendu trois fois comme esclave en Libye avant de se réfugier en France. Il raconte son enfer.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration.
AFP

Il s'appelle Arnaud et à 17 ans, ce Camerounais a enduré le bagne en Libye. Avec ses mots à lui, le jeune homme dépeint «un autre monde», celui de l'esclavage. Capturé par des réseaux criminels alors qu'il tentait de fuir son pays d'origine en passant par l'ex-fief de Mouammar Kadhafi, Arnaud a connu «des tortures, des bastonnades, des électrocutions et des travaux forcés». Tous les jours.

«On m'a vendu à trois reprises en Libye. Vendu comme un esclave. Je n'en revenais pas. On vous fouette matin, midi et soir», raconte le jeune garçon au micro d'Europe 1, qui relate son témoignage vendredi. «Les femmes, elles, doivent faire face à la prostitution. Tu deviens un objet. Ce qu'on nous a appris à l’école sur la traite négrière, tu comprends que c'est revenu».

Avant de réussir à se réfugier en France, Arnaud a tenté de s'enfuir une fois, en pleine nuit. «Il y a eu soixante Camerounais qui sont morts. Ce moment-là, c'est un autre monde. En fait, c'est l'enfer, le pire cauchemar. Rendez-vous compte que, en Libye, le mouton vaut plus que l'homme noir. Je ne comprends pas comment Dieu peut fabriquer certains hommes. Un humain normal ne peut pas faire ça», conclut-il.

La semaine dernière, un documentaire choc de la chaîne CNN avait exposé l'existence de ventes d'esclaves près de Tripoli, vivement dénoncé en Afrique et en Europe. Depuis la chute en 2011 du régime de Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d'une impunité totale, font miroiter à des milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l'Italie qui se trouve, à 300 kilomètres des côtes libyennes.

jsa

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.